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A la une / Vie de maman

Le « congé » maternité

Tout est parti d’une petite réflexion (comme souvent) pas méchante en soit, mais tellement révélatrice de ce que pensent beaucoup à propos du congé maternité et/ou du congé parental. Je dois reprendre le travail en septembre, après un congé maternité + la totalité de mes congés annuels + deux mois de congé parental pour cause d’absence de nounou pour faire la jonction fin du congé maternité -> début de la crèche pour Numérobis. Du coup, je disais que j’allais solder tous mes congés annuels et que ça allait être compliqué jusqu’à la fin de l’année : « oh bah ça va, en même temps de septembre à décembre, tu ne vas pas trop te tuer à la tâche et puis tu as été en congé tout le début de l’année ». Une petite mise au point s’impose.

Le congé parental et le congé parental portent mal leurs noms. Quand on te dit « congé », tu vois les palmiers, le sable blanc et chaud sous les orteils, la mer turquoise et la douce brise du large. Ou si tu préfère le froid, tu entends la neige craquer sous tes pas, et le vent mordant s’insinuer vers la moindre parcelle de peau que tu as oublié de couvrir. Quelle arnaque ! Le congé maternité est TOUT SAUF du repos.  La BD d’Emma sur ce congé maternité traduit EXACTEMENT ce que je ressens. Tu es coincée (oui le mot n’est pas trop fort) chez toi avec un bébé que tu ne connais pas, que tu ne comprends pas, qui te ruine (si si, vraiment) tes nuits et fait ressortir le pire de toi (le manque de sommeil est une torture). Quand tu as en plus un aîné, tu oublies la possibilité de trainer en pyjama chez toi, les cheveux gras, après t’être extrait douloureusement de sous ta couette à 9h00. Non, il faut que tu sortes par tous les temps, et dès le matin, pour le conduire à la crèche, chez la nounou ou à l’école. Le congé parental n’est juste que le prolongement de ce congé maternité. Bon, tu connais mieux ton bébé et vous tissez une relation de complicité. Mais il n’empêche que, en ce qui me concerne, j’attends impatiemment le retour de M. Tad à la maison, pour avoir un adulte à qui parler. Et que j’envoie plein de bouteilles à la mer messages à mes ami(e)s pour les inviter à venir déjeuner ou diner (oui, malgré la fatigue). Tous les soirs, à partir de 18h00, je regarde frénétiquement l’horloge dans l’espoir de faire défiler plus vite les minutes. Parce que quand il pleut, ton ainé est pire qu’un lion en cage. Heureusement en été, tu peux laisser la bête se défouler au square et tenter de te lier d’amitié avec les autres mamans. Tu surveilles d’un oeil distrait la chair de ta chair en tentant de calmer le plus petit qui pleure ou lire plus de deux phrases d’affilé sur le livre que tu as entamé 6 mois auparavant « maman maman maman MAMANNN !!! REGARDE ! » « oui ma chérie, mange du sable si ça te fait plaisir » … « NOOOOOONNNNN pas le sable dans la bouche je t’ai déjà dit !!! ».

J’envie M. Tad qui rentre à la maison avec des anecdotes intéressantes sur qui il a rencontré, ce qu’il a fait, les projets sur lesquels il va travailler. « Et toi ma chérie ? Qu’as-tu fais ? ». RIEN. Ça me prend tout mon temps. J’ai changé 9 couches, dont une ignoble que même un liquidateur de Tchernobyl aurait refusé d’approcher. J’ai fais les courses (ENCORE, c’est fou ce qu’on mange), tenté de ranger et nettoyer la maison. Oui, ça ne se voit pas, je sais. Le tas de miette là sur le canapé, c’est la grande qui s’est assise sur un BN. Oui, elle a du chocolat sur son short. Mais comme j’ai déjà fait deux lessives aujourd’hui, j’en ai assez de la changer. J’ai aussi pris RDV chez le pédiatre, pour son vaccin/ sa rhino. Et chez le photographe pour les papiers d’identité de Numérobis. Et à la mairie, pour la réinscription à la crèche. Voiiilààà.

Crédit photo : bierfritze

J’aime mes enfants. Mais j’aime aussi ma vie de femme active. Pour rien au monde je ne voudrais rester à la maison toute la journée pour les élever, et cela même si le congé parental était rémunéré pour de vrai. Peut être que Numérobis fera ses premiers pas à la crèche. Peut être qu’il apprendra là-bas à enfiler seul un chausson. Peut-être qu’il y fera son premier tour de toboggan. Oui, je raterai probablement un tas de nouvelles choses qu’il saura réaliser, tout comme j’ai dû en rater pour Choupinette. Je n’en suis pas triste. Parce qu’à la crèche, ils ne me diront rien de beaucoup de ces nouvelles choses, et j’aurai la possibilité de m’en extasier le week-end suivant quand il le fera à la maison, comme si c’était la première fois. Il y en a probablement (surtout des hommes étrangement) qui se scandaliseront de mon attitude et de mes choix « comment ? Tu ne fais pas passer tes enfants en premier. Si. Mes enfants passent en premier, mais pas sur tous les sujets. Je les ai mis au monde pour qu’ils soient aussi indépendants. Je veux qu’ils aient l’exemple d’une maman active professionnellement. Qu’ils sachent que lorsqu’on se quitte pour la journée, c’est pour mieux se retrouver le soir, et se raconter nos journées. Oui, il y a peut être une part d’égoïsme dans ce choix, mais jamais on ne dira à un père qu’il est égoïste de retourner travailler au lieu de moucher/caliner/gronder/consoler son petit dernier.

Chacune est libre de choisir ce qu’elle veut pour sa vie. Mère au foyer n’est pas un métier, mais à mon sens, c’est encore pire qu’un sacerdoce !

Et toi, qu’en penses-tu ? Tu t’épanouis dans ton rôle de mère au foyer ou tu as hâte de reprendre le travail ?

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.