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A la une / Vie de maman

Un enfant malade

Un enfant malade est un enfant pénible. Ça commence généralement par une journée/soirée de chouine-chouine. Ça monte crescendo, et tu mets ça sur le compte de la fin de semaine/l’excitation de la journée/le temps orageux/la lune pleine (ou nouvelle)/ trop de sucre/ pas assez de sucre (un enfant qui a faim est aussi un enfant pénible). Bref, tu nies l’évidence. Tu essaies de repousser l’échéance et tu décrètes l’extinction des feux plus tôt que d’habitude.. Quand…

OUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNN. 2h00 du matin. Un cri fulgurant déchire la nuit et ton sommeil. Une première plainte s’écrase sur ton tympan, comme le prémice de l’orage qui va suivre. Puis une seconde « mamannnn, MAmaaannnn, MAMANNNNNN, MAAAAAMMAAAAAAN ». Tu te déroules de la couette, te cognes l’orteil contre le coin du lit, lâche un juron. L’Homme sans ouvrir les paupières te demande si tu as besoin d’aide. Raté. C’est ta nuit « non, t’inquiète, je vais gérer ». Tu vas voir l’Enfant. Encore là, tu essaies de te rassurer « ce n’est qu’un cauchemar ». Pourtant, au fond de toi, tu SAIS. Tu approches ta main de la tête de ton petit, et tu te brûles au contact de son front. La maladie est là. Tu trouves à la lumière de la veilleuse l’interrupteur de la lampe de chevet et tu dégaines la panoplie thermomètre + doliprane. Tu aspires la bonne dose de médicament à la pipette, en tentant de te remémorer le dernier poids enregistré de ton enfant. Tu recouches le bambin, en hésitant toujours entre le couvrir d’une couette supplémentaire ou le déshabiller complètement. Un bisou, et tu te hâtes pour retrouver ton lit.

Crédit photo : Myriams-Fotos

3min. Le temps exact qu’il faut pour entendre ce bruit caractéristique de vomissement. Tu bondis comme un diable hors de sa boite pour foncer vers sa chambre. Une flaque de vomi a éclaboussé la couette, l’oreiller, le drap housse, le tapis, le pyjama… et les doudous. Tu appelles l’Homme en renfort. Il soulève l’Enfant pendant que tu te hâtes pour débarrasser le lit des draps souillés. Tu enfournes le tout dans le lave-linge (en remerciant l’inventeur du sèche-linge, contrairement à Renan dans sa chanson des Voisines). Tu passes les doudous sous le robinet en les savonnant au maximum. Tu retrouves l’Homme, tenant l’Enfant à bout de bras « heuuu faut que je prenne une douche, il m’a vomi dessus ». Pif paf, organisation, lavage de tout le monde, changement des pyjamas. Tu hésites. Est-ce qu’il faut réintégrer l’Enfant dans son lit ou l’admettre dans le lit conjugal pour cause exceptionnelle ? Brève concertation avec l’Homme : l’Enfant reste dans son lit. Chacun réintègre sa chambre « heiiin heiiiiin heiiinnn ». Les gémissements te font mal à ton petit coeur de mère (et te rendent chèvre en même temps). Tu acceptes l’Enfant dans ton lit. La fièvre va mettre du temps à descendre. Tu te retrouves avec une bouillotte vivante qui squatte ta place, ton oreiller et ta couette. Tu descends dormir sur le canapé sous un plaid.

A 08h57 tu tentes d’appeler le médecin qui est à deux pas de la maison [musique d’attente qui grésille] « nous vous rappelons que le secrétariat est ouvert de 09h à 12h et de 14h à 18h tous les jours, et le samedi de 09h30 à 12h00 ». Tu raccroches. 09h00. Tu rappelles. Occupé. 09h01. Occupé. 09h04 « la secrétaire a été prévenue de votre appel, merci de patienter ». Tu patientes, tu patientes 09h07. Tu raccroches. 09h09, tu rappelles. « secrétariat du Docteur De-tout-le-monde bonjour ! » « Bonjour, je voudrais un RDV avec le Docteur De-tout-le-monde SVP, aujourd’hui » « ah non, le prochain créneau du Dr De-tout-le-monde est dans 4 jours » « … » « ok, je vais chercher un autre médecin, merci ! ». 09h13, tu appelles le pédiatre qui est loin, et qui a décidé de ne soigner que les enfants riches vu les dépassements d’honoraires de 100%. « secrétariat du Dr des Enfants bonjour ! » « Bonjour, je voudrai un RDV pour aujourd’hui, SVP » « Quel est l’âge de l’enfant et quels sont les symptômes ? » (oui, la secrétaire du Dr des Enfants est une ex employée de la Stasi). Après avoir dûment passé le contrôle, tu es autorisée à avoir un RDV sur un des créneaux d’urgence. Tu as l’impression d’avoir gagné au loto. Les créneaux d’urgence débutent à 17h30.

17h15 : tu as tellement la trouille de rater ton tour que tu es en avance. Chez le médecin. Je te laisse apprécier l’ironie de la chose. Tu as l’Enfant malade et son frère. Bah oui, personne pour le garder. Tu es dans une pièce pleine de jouets couverts de miasmes. Tu poses un bout de derrière sur le siège, en visualisant parfaitement tous les microbes qui montent à l’assaut de ton manteau, en rangs serrés. Et tu attends. Un patient patiente. Les cris étouffés des autres bambins filtrent à travers la porte. L’Enfant stresse et se met à pleurer. Le petit se met à pleurer. Toi aussi tu as envie de te mettre à pleurer (la fatigue, tout ça…). 18h00 : c’est à nous. Tu poses Numérobis dans le transat du cabinet, donne une poupée qui traine à Choupinette. Tu expliques ton (son) cas au Dr des Enfants. Auscultation rapide : pas de signe clinique décelable. Diagnostic : virus. Rien à faire. Tu as bien remarqué que quand le docteur ne sait pas, le verdict est virus. Le mot fourre-tout. « on va soulager les symptômes et si ça ne va pas mieux dans 3 jours, vous revenez ? ». Tu te fais délester de tes 60€, tu repars les enfants sous le bras.

3 jours après, l’Enfant est guéri. Toi, tu es sur les rotules. Et le deuxième vient de vomir… C’est reparti pour un tour !

 

Comment gères-tu les maladies de tes enfants . Arrives-tu à avoir rapidement un RDV chez le médecin ou c’est très compliqué ? Racontes-moi !

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.