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A la une / Vie de maman

Sous la tente avec un bébé de 2 mois !

Depuis notre premier été ensemble, avec Monsieur Solex, nous partons tous les ans quelques jours en camping sous la tente. Au fil des années, nous avons étoffé notre équipement, et c’est vrai qu’aujourd’hui, ce n’est plus vraiment du camping « brut » comme avant. Mais même avec un certain confort (tout relatif, tout de même), j’attends tous les ans avec impatience ces quelques jours de retour à la nature.

J’adore ces vacances où l’on se déconnecte de tout. Pas d’ordinateur, pas de télé, presque pas de téléphone (comme on ne prend pas l’électricité, on économise les batteries en allumant le téléphone seulement quelques heures par jour).

Ce qui me plaît aussi, c’est de vivre au rythme de la nature :

  • être prêt à passer sous la couette dans le duvet à 21h30, puisque passée cette heure, le jour est tombé et on ne peut plus faire grand-chose, juste un peu de lecture à la lumière de la torche, avec le son des grillons/oiseaux/clapotis de rivière, au choix,
  • sentir l’odeur du gaz pour faire chauffer son eau le matin, et beurrer ses tartines sur une table bancale,
  • manger tous les repas dehors, quel que soit le temps, à transpirer à l’ombre, à se réchauffer au soleil, en maillot de bain ou en grosse polaire,
  • faire sa vaisselle dans une bassine, se brosser les dents en disant bonjour aux personnes qu’on croise aux sanitaires, aller aux toilettes avec son savon et sa serviette sur les épaules,
  • cuisiner des produits locaux, visiter de jolis villages, faire de belles randonnées, se baigner dans une rivière, faire tous les marchés du coin pour trouver des producteurs.

Bref, c’est vraiment un moment qu’on apprécie beaucoup. À tel point qu’on n’avait pas envie d’y renoncer avec l’arrivée de notre bébé. Et qu’on a décidé de camper avec notre bébé de 2 mois et demi.

Bon, ok, il a quand même fallu que je convainque mon chéri : oui, c’est un peu fou, mais oui, c’est possible. Nous nous sommes dit que si jamais ça n’allait pas, pour une raison ou une autre (trop chaud, trop froid, trop de pleurs à gérer, pas assez de confort, trop fatigués, etc.), il serait toujours temps de louer quelque chose au dernier moment ou de se réfugier chez la famille, qui serait en vacances à deux heures de route de là.

Nous sommes donc partis fin juillet camper pendant cinq nuits et quatre jours dans la Drôme.

Faire du camping avec un bébé de 2 mois

Crédits photo (creative commons) : Matthew Sheales

Choisir notre destination

Un bébé de 2 mois est encore trop petit pour réguler correctement sa température, et il est donc très sensible à la température extérieure. Ma plus grande crainte était donc qu’il fasse trop froid ou trop chaud.

Nos vacances tombaient juste avant le mariage de mon beau-frère, qui avait lieu en Isère. Pour limiter les trajets, on a donc cherché un lieu qui serait soit sur notre route, soit à moins de deux ou trois heures de route du mariage.

Au début, j’ai proposé d’aller dans le Jura, un peu en altitude, pour être sûrs qu’il ne fasse pas trop chaud en journée. Le problème, c’est qu’en altitude, même à 800m, les nuits sont fraîches, voire carrément froides. Et il était hors de question de prendre le risque de retrouver notre bébé en hypothermie au petit matin.

Finalement, j’ai proposé la Drôme, dans la vallée de la Drôme. Ce département nous garantissait une chaleur estivale, et la proximité de la rivière, une relative fraîcheur. Lors de la réservation, j’ai demandé au gérant du camping un emplacement ombragé aux heures de la journée les plus chaudes. Je me disais qu’il serait de toute façon plus facile de gérer des températures trop chaudes en journée que trop froides la nuit.

Au final, nous avons eu beaucoup de chance. C’était la canicule la semaine juste avant nos vacances, et il aurait fait beaucoup trop chaud sous la tente. Mais la veille de notre arrivée, il y a eu un gros orage, qui a rafraîchi l’atmosphère, et les jours suivants ont été moins chauds. On a donc eu deux jours de chaleur (très supportable) et deux jours un peu plus couverts. La dernière nuit a été un peu fraîche, mais j’avais prévu de quoi couvrir notre bébé.

L’avantage avec un bébé si petit, c’est qu’il ne bouge pas beaucoup, et qu’on peut encore se permettre de rajouter des couches de couvertures et de polaires sans grand risque d’étouffement (malgré toutes les recommandations qu’on nous donne, le risque est quand même faible avant 3 mois – en revanche, aujourd’hui qu’il a 8 mois, je ne prendrais plus ce risque !!).

S’organiser avec un bébé de 2 mois

À cet âge-là, notre bébé dormait encore dans son landau, que nous avons tout simplement installé à nos pieds, dans notre chambre de tente. Comme ça, il était auprès de nous, mais il n’y avait aucun risque d’étouffement ou d’écrasement.

Le change se passait sur notre table bancale de camping, avec le petit matelas du sac à langer. Je prévoyais toujours une petite couverture molle sous sa tête. On essayait de faire vite quand il fallait le changer le matin ou le soir et que les températures étaient un peu fraîches.

Pour le bain, il y avait un local bébé aux sanitaires, avec une baignoire et une table à langer. Ce n’était pas le critère principal dans notre choix de camping, mais finalement, c’était mieux ainsi. Au début, on pensait le baigner dans la bassine, mais elle aurait été bien trop petite !

LE critère principal pour le choix du camping, c’était la machine à laver. Eh oui, à cet âge, il y a beaucoup de fuites et de régurgitations, et il nous arrivait de devoir changer bébé entièrement deux ou trois fois par jour. En plus, parce qu’on est fous jusqu’au bout, notre bébé porte des couches lavables, et du coup, on doit faire des lessives tous les deux jours. Tu comprends mieux pourquoi la machine à laver était obligatoire !

Avantage supplémentaire de la machine à laver : comme on sait qu’on peut laver notre linge, on amène aussi moins de vêtements pour nous. Nos bagages sont donc moins volumineux, ce qui laisse plus de place pour les affaires du bébé. Ce qui n’était pas plus mal, puisque la voiture était déjà remplie à ras bord…

Concernant la nourriture, notre bébé était nourri exclusivement au sein, et pour camper, c’était quand même vachement pratique ! Surtout qu’il tétait encore la nuit. C’est comme ça que je me suis retrouvée à allaiter dans des lieux et des positions incongrues lors de nos différentes visites et balades.

Le landau s’attachait dans la voiture, nous pouvions donc laisser bébé dedans s’il s’était endormi dans la voiture, clipser le landau sur ses roues, et faire notre balade sans avoir à le réveiller.

Et sinon, bah, comme tout jeune parent qui se respecte, nous avons dû modifier nos habitudes de couple : à la piscine, on se baignait chacun son tour, et adieu les douches communes ou l’apéro en contemplant le coucher du soleil. Mais bon, à la maison, c’est la même chose !

Ce que ça nous a apporté

En ce qui me concerne, ça m’a pas mal libérée de mes angoisses de jeune maman : je me suis rendu compte qu’un petit bébé s’adaptait à tout et que beaucoup de choses étaient faisables. Comme :

  • changer son bébé sur le siège de la voiture,
  • lui donner le sein sur un banc en haut d’une tour moyenâgeuse,
  • se promener avec la poussette dans un village perché aux rues pavées (quoique ce jour-là, on aurait mieux fait de prendre l’écharpe de portage !),
  • trimbaler son seau à couches toute la journée,
  • et d’autres choses encore !

Le gros point positif, c’est que vivre sous la tente aide l’organisme à vivre avec la nature, et donc avec le soleil. C’est valable pour nous, adultes, et c’est aussi valable pour les bébés. C’est comme ça que notre bébé a appris à s’endormir plus tôt le soir, et à structurer un peu ses nuits.

Avant, il ne s’endormait jamais avant minuit, mais dès le premier jour de camping, il s’est endormi vers 22h, lorsque le soleil venait de se coucher. Moi qui craignais par-dessus tout les réveils nocturnes à rallonge ponctués de pleurs ingérables, j’ai eu la surprise d’avoir un seul réveil-tétée entre 3h et 5h du matin : endormissement au sein directement, retour dans son landau, et réveil suivant à 7h. Plutôt pas mal, non ?

(Bon, malheureusement, dès le retour de vacances, il n’a pas continué sur sa lancée, et comme pour nous punir des sept heures de route qu’on lui avait infligées, il se réveillait toutes les deux heures toutes les nuits, et ce manège a duré dix jours…)

Nous nous sommes aussi rendu compte qu’il y avait d’autres bébés dans ce camping ! Pas aussi jeunes, certes, mais des bébés quand même. D’un coup, je me suis trouvée moins dingue !

Pour conclure

Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter. D’ailleurs, on cherche à acheter une tente plus grande, pour pouvoir continuer à camper avec notre – puis nos – enfant(s) !

Avec du recul, je pense que c’était beaucoup plus facile avec un bébé de 2 mois qu’avec un bébé plus grand. Parce qu’à 2 mois :

  • pas besoin de prévoir des petits pots, de les réchauffer, de les garder au frais,
  • pas de rythme à respecter : bébé dort et mange n’importe quand et n’importe où,
  • moins de matériel à emmener, comme une chaise haute (ou équivalent) par exemple,
  • bébé bouge moins et n’a pas besoin de ses séances de sport-découverte-je bouge partout-je porte tout à ma bouche. Ce qui rend l’emplacement en terre et poussière moins anxiogène !

Mais c’est vrai aussi qu’à 2 mois, on a quand même dû gérer des pleurs de décharge en fin de journée, alors qu’après 6 mois, les bébés sont généralement plus calmes. Ceci dit, j’avais encore l’arme ultime du sein pour le calmer, alors qu’après 6 mois, cette astuce fonctionne moins bien !

Et toi, aurais-tu osé partir en camping avec un bébé ? As-tu vécu une expérience similaire ? Comment ça s’est passé ? Raconte !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).