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A la une / Vie de maman

Ma reprise du boulot : la séparation, l’allaitement et la fatigue

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, je dois reprendre le travail après trois mois passés avec mon petit bébé d’amour. Et je découvre l’ambivalence de cette période.

D’un côté, j’ai super envie de reprendre le travail. (Mes collègues me manquent. Les pauses café à parler de choses d’adultes et le travail qui me permet de m’épanouir psychologiquement aussi.) J’ai envie de retrouver mon fils le soir et de profiter de toutes les minutes avec lui, contrairement à la fin de mon congé maternité, où le quotidien avec lui devenait monotone et où j’avais envie de pouvoir me retrouver un peu sans lui.

Oui mais… D’un autre côté, je n’imagine pas pouvoir vivre dix heures par jour sans voir mon bébé. Dix heures par jour sans pouvoir lui faire des bisous, sentir son odeur, le serrer dans mes bras, juste le regarder. Reprendre le travail me déchire le cœur. Devoir laisser mon bébé si petit à une inconnue (même si je l’ai choisie et que j’ai confiance en ses compétences) me donne envie de pleurer, et pas du tout de me concentrer au travail.

Du coup, je me retrouve dans cet entre-deux. Comme entre deux pièces, ne sachant pas de quel côté aller. Et les deux pièces contiennent des raisons de me faire choisir l’une ou l’autre. Je te raconte ici ces deux semaines de transition : ma dernière semaine de congé maternité et ma première semaine de reprise de boulot.

Reprise du travail congé maternité

Crédits photo (creative commons) : Quinn Dombrowski

L’adaptation chez la nounou

Durant ma dernière semaine de congé maternité, il y a l’adaptation chez la nounou.

Jour 1 :

Je laisse l’assistante maternelle prendre mon fils dans ses bras vingt minutes, j’en ai presque les larmes aux yeux. Il finit l’heure sur moi (je précise que c’est sur demande de l’assistante maternelle).

Jour 2 :

Ce jour correspond à notre matinée-test. Je dois déposer bébé à 8h chez la nounou. Du coup, je profite de cette matinée (puisque c’est l’heure à laquelle je le laisserai tous les jours) pour tester à quelle heure j’arriverai au boulot. Au moment de laisser mon fils, il chouine un peu, mais je le console rapidement et il se calme.

Quand je viens le chercher une heure et demi plus tard,  je le trouve endormi dans les bras de l’assistante maternelle, qui m’explique que ça a été une heure de larmes, que rien ne le calmait et qu’il s’est endormi exténué – bon… c’est le premier jour seul, ça ira mieux demain.

Jour 3 :

Aujourd’hui, j’ai réservé pour un massage d’une heure (cadeau de ma super sœur et de son futur mari), donc je dépose bébé pour la sieste. Mais je le dépose endormi (il s’est endormi avec moi plus tôt que prévu), du coup, je pars sereine. Pendant une heure et demi, je me détends.

Quand je reviens le chercher, il est encore dans les bras de la nounou et il chouine. Apparemment, il s’est mis à pleurer dès le réveil et n’a pas arrêté depuis…

Jour 4 :

Je me dis que le déposer endormi n’était pas une bonne idée et que c’est pour ça qu’hier, il a mal vécu la séparation. Donc je le maintiens éveillé jusqu’au moment de le laisser là-bas. Et là, c’est le drame… Dès qu’il comprend que je vais le laisser, mon petit bébé se met à hurler et ne s’arrête pas.

Je reste vingt minutes chez la nounou, à essayer de le calmer. Je finis en pleurs devant l’assistante maternelle, qui essaie de me rassurer… Je pars faire des courses en appelant mon mari (toujours en pleurs), puis je me confie à mes super camarades chroniqueuses, qui me rassurent sur le fait que c’est normal et que mon petit bébé doit juste s’adapter à un nouvel environnement.

Au milieu des trois heures de séparation prévues, je reçois un SMS de la nounou : une photo de mon fils, qui joue dans sa chaise haute. Ouf, il s’est calmé ! Quand je vais le chercher, j’ai droit à des sourires, et j’apprends que le temps chez nounou s’est bien mieux passé qu’hier.

Jour 5 :

Un peu LA journée-test avant le grand saut lundi : six heures et demi chez la nounou. Pour penser à autre chose, j’ai prévu un rendez-vous chez le coiffeur. Je dépose bébé en le mettant moi-même au lit pour la sieste. Il pleure, mais moins fort qu’hier. Je pars mi-rassurée, mi-inquiète.

Quand je viens le chercher, je le retrouve en train de jouer dans sa chaise haute, juste après avoir fini son biberon. Ça finit de me rassurer : la journée s’est bien passée. Il a encore quelques moments d’inquiétude, apparemment, mais la nounou arrive à les gérer.

Lundi, on passe aux journées complètes 8h-18h. On parie que c’est moi qui en souffre le plus ?

La première semaine de boulot

Ça y est, c’est la reprise ! Le lundi arrive, et je me rends à reculons dans la joie et la bonne humeur au travail. J’ai prévu des petits chocolats de Pâques pour fêter mon retour avec mes collègues.

Première (bonne) nouvelle : quand j’arrive, on me dit que j’ai changé d’équipe. Chouette, un nouveau challenge et de nouvelles choses à maîtriser et à apprendre ! Je jubile, moi qui avais un peu perdu de ma motivation pour le projet sur lequel j’étais auparavant. Et puis, c’est une nouvelle façon de travailler, donc ça signifie de nouvelles compétences à acquérir et à pouvoir valoriser dans mon CV.

Bon, je ne pense pas que mon bien-être au travail t’intéresse à mort, donc parlons de l’autre sujet : ces dix heures d’affilée loin de mon bébé d’amour, ce quotidien matinal à mettre en place, et cette course du soir jusqu’au coucher de Petit Habitant.

La nouvelle organisation de la journée fait que je cours beaucoup entre 7h30 et 19h30. En gros, du lever de bébé à son coucher (je ne dirais pas « son endormissement », car c’est encore un peu compliqué… hum hum).

Le matin, je me lève à 6h45, je me prépare tranquillement jusqu’à 7h30, où je réveille bébé pour manger et s’habiller. (Enfin ça, c’est quand il est sympa et qu’il ne décide pas de se réveiller avant.) Puis, je le dépose chez la nounou avant de me rendre au travail. Le soir, c’est son papa qui le récupère avant 18h, et moi, je rentre tranquillement vers 18h30.

Du coup, plusieurs choses sont entrées en ligne de compte durant cette première semaine.

L’allaitement :

J’ai décidé d’allaiter bébé-chou jusqu’à ses 6 mois. C’est un choix qu’on a fait avec mon mari, et on a décidé de s’y tenir tant que j’en serais capable. Oui, parce qu’en pratique, j’ai repris le travail aux 3 mois et demi de bébé. J’ai donc dû mettre en place des séances de tire-lait pendant ma journée de travail.

Je suis donc passée à trois tirages par jour, en plus des tétées du matin et du soir. Je tire une fois le matin, une fois à midi quand je rentre déjeuner chez moi, et une fois l’après-midi. Ma société me laisse utiliser la salle de réunion de mon étage quand elle est vide, ou la salle des serveurs informatiques en plan B. Ce n’est pas l’idéal, mais je suis au calme, et c’est juste à côté de mon poste de travail (en open space).

Ça se passe plutôt bien. Mes collègues sont compréhensifs, et puis le fait de savoir que ça ne durera que deux mois et demi me permet de relativiser sur les contraintes que ça m’impose. On peut donc dire que sur ce point-là, le retour au travail s’est bien passé.

La séparation :

Donc, si on résume, je passe de « je suis H24 avec mon fils » à « je vais passer (au minimum) dix heures par jour loin de lui » (et pareil pour lui).

Lui a l’air de s’habituer assez bien à la situation. Il ne chouine que deux/trois jours le matin quand je le dépose, et puis, à partir du jeudi, il fait de grands sourires à la nounou quand on arrive le matin.

Moi, en revanche, au bout de la deuxième semaine de boulot, j’en suis encore à fermer mes fenêtres de travail sur l’ordinateur pour regarder mon fond d’écran représentant une photo de mon bébé-chou (en fait, j’ai même mis en place un fond d’écran animé qui change de photo toutes les trente minutes, vu que je n’arrivais pas à choisir LA photo). J’ai aussi bien évidemment une photo de mon loulou sur mon bureau, pour pouvoir jeter un petit coup d’œil entre deux lignes de code. Et je pense que je soûle mes collègues à n’avoir que des sujets de discussion autour de mon bébé. Mais c’est plus fort que moi : il me maaaanque.

La fatigue :

J’ai espéré jusqu’aux dernières semaines (jours !) avant le retour au travail, mais mon fils ne fait toujours pas ses nuits au moment de ma reprise (il ne les fait toujours pas au moment où j’écris, en fait). Du coup, il se réveille encore une fois en pleine nuit, puis vers 6h du matin, pour manger.

Et je dois dire que c’est de plus en plus difficile. Entre le nouveau rythme et les nuits hachées, je suis exténuée. Je me retrouve à m’endormir comme une masse entre 21h et 21h30. L’allaitement me demande aussi beaucoup d’énergie, et je dois reconnaître que j’ai parfois hâte d’arriver au sevrage, pour que mon corps focalise son énergie sur mes besoins, et plus sur ceux de mon fils (l’allaitement pompe en effet une partie de ton énergie uniquement pour bébé… dans une moindre mesure par rapport à la grossesse, mais quand même !).

Voilà, ces deux semaines de transition sont passées. On a pris un peu nos marques dans ce nouveau rythme (malgré un weekend de Pâques chargé et un changement d’heure qui a pas mal perturbé Petit Habitant), et on s’y est plutôt bien fait, même si je ressens un manque constant pendant mes heures de travail. Je culpabilise de devoir passer autant de temps loin de mon fils, mais je me dis que c’est malheureusement une situation courante, et que je ne suis pas la seule dans cette situation.

Si je voulais passer plus de temps avec lui, j’aurais toujours la solution de faire comme ma mère, de me reconvertir professionnellement. Ma mère est devenue professeure des écoles pour pouvoir passer plus de temps avec nous, et aussi parce qu’elle aime ce métier (et c’est une excellente professeure ! Si mon fils pouvait tomber sur des gens comme elle pendant sa scolarité, je serais aux anges – oui, je fais une déclaration d’amour à ma maman, qui est la meilleure). Un changement gagnant-gagnant pour elle. Mais moi, j’aime mon métier actuel et je n’ai pas envie d’en changer pour le moment. Donc je vais faire avec, et m’habituer petit à petit à la situation.

Sinon, comme c’était un peu trop facile, tout ça, on a décidé de déménager. Deux mois après ma reprise. Bon, en vrai, on n’a pas vraiment choisi la date (vive le neuf et l’achat sur plan…). Mais maintenant, on est pris là-dedans, et dans deux mois, on va devoir habituer notre fils à une nouvelle vie, dans un nouvel appartement, avec une nouvelle routine horaire.

Je reviens vite te raconter les différentes étapes de notre déménagement avec un tout petit bébé (et un chat toujours relou), et la mise en place de cette nouvelle vie dans un appartement plus grand, où mon fils aura enfin sa chambre rien qu’à lui.

Et toi ? Quand as-tu repris le travail ? Comment s’est passée l’adaptation pour la garde ? As-tu tenté l’allaitement au travail ? Raconte !

A propos de l’auteur

Mariée a un mari hyper protecteur depuis ma grossesse extra utérine j'ai commencé par être piquée par le virus des blogs grâce à mademoiselle dentelle avant de découvrir les deux autres blogs "Dans ma tribu" et "Sous notre toit". Je suis la maman chat d'une grande minette de salon qui ne porte de félin que le nom. Mais surtout la maman comblée de Petit Habitant et Petit Excité qui ont 18 mois d'écart. Je viens te raconter mon quotidien de maman et mes grossesses qui pourraient mieux se passer 😉 !