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A la une / Témoignage

Le cododo et moi

Je voudrais te parler de mon expérience du cododo.

C’est une pratique dont il me semble que l’on parle de plus en plus. Récemment, par exemple, il y a eu des articles dans la presse parce que l’Association des Pédiatres des États-Unis a recommandé que les bébés dorment dans la chambre de leurs parents jusqu’à l’âge de 1 an.

Bénéfices du cododo

Crédits photo (creative commons) : Bethany King

Pourquoi nous avons opté pour le cododo ?

Le cododo, c’était une évidence pour moi avant même d’être enceinte. Et je vais te dire pourquoi : parce que je suis une très grosse flemmarde qui a besoin de beaucoup dormir. Mon sommeil est sacré.

Par chance, mon mari était sur la même longueur d’onde, et quand, au début de ma grossesse, je lui ai dit que je voulais que notre bébé partage notre chambre jusqu’à ce qu’il fasse ses nuits, il s’est mis à chercher un berceau cododo. Ça a été notre premier achat pour le bébé.

Évidemment, cet achat qui trônait chez nous dès mon quatrième mois de grossesse (on était tombés sur une offre imbattable) a quelque peu interpellé nos proches. Je me suis donc mise à la recherche d’arguments (plus valables que ma flemme) pour m’appuyer dans mon choix de dormir avec mon bébé. Voici ce que j’ai trouvé…

Le cododo réduit le risque de mort subite du nourrisson quand le bébé dispose de son espace, que les parents ne se droguent pas, ne fument pas, ne boivent pas, ne prennent pas de médicaments (c’est notre cas pour toute la liste !).

Le cododo favorise l’allaitement, la récupération de la mère après la naissance, limite sa fatigue dans les mois qui suivent, favorise l’établissement de liens d’affection forts entre la mère et son bébé… et j’en passe. Bref : le cododo a tout pour plaire.

« Mais, me diras-tu, il me semble que le cododo risque de nuire à l’intimité des parents… » Et là, excuse-moi, mais je ne suis pas d’accord. Ce qui nuit à l’intimité des parents, c’est déjà la fatigue et le stress de ce nouvel état parental qu’il faut apprivoiser.

En dormant avec le bébé, on limite la fatigue, car il faudra moins se réveiller la nuit, on pourra dormir sans s’inquiéter de ne pas l’entendre s’il pleure, ou s’inquiéter qu’il ne respire plus…

Pour l’intimité, si la présence du bébé dans la chambre dérange, il suffit de chercher des lieux différents : n’est-ce pas une bonne manière de mettre un peu de piment dans une vie de couple « à la Papa-Maman » ?

Notre expérience du cododo

Heureusement, dès la maternité, le cododo m’a plu. Mon fils a passé ses quarante-huit premières heures au service de néonatologie à cause d’un arrêt respiratoire à une heure de vie. La première nuit que nous avons pu passer ensemble, il s’était d’abord endormi dans son berceau, puis s’est réveillé pour téter. Nous nous sommes tous deux rendormis pendant cette tétée. J’espère ne jamais oublier ce premier réveil où la première chose que j’ai sentie était mon bébé collé contre moi. J’ai su qu’il dormirait près de moi aussi longtemps que nécessaire pour nous deux.

De retour à la maison, grâce au berceau cododo, notre installation était bien sécurisée. Au tout début, dans cette illusion de contrôle que nous sommes beaucoup de jeunes mères à chercher (non ?), j’ai essayé de me réveiller complètement pour les tétées nocturnes, afin de respecter le « vingt minutes par sein » enseigné à la maternité.

Mais j’ai rapidement laissé tomber, car je n’y arrivais pas : je piquais du nez immédiatement. J’ai finalement préféré profiter de ce que la nature a eu le bon goût de nous offrir : cet effet soporifique de l’allaitement, qui détend et renvoie bien vite la jeune maman au pays des rêves ! Je suis fière d’affirmer que je n’ai jamais été une jeune mère fatiguée, même si mon fils a fait ses premières nuits à 15 mois et des poussières !

Combien de fois le mettais-je au sein la nuit ? Dix, quinze ? Aucune idée. Je n’ai jamais changé les couches de mon fils la nuit (sauf lors de l’épidémie de gastro qui nous a frappés pour ses 8 mois) : au premier petit bruit, je le mettais au sein, et nous nous rendormions paisiblement.

J’ai eu de la chance, car c’est un bébé qui a toujours différencié jour et nuit. Je ne sais pas si c’est grâce au cododo, mais je pense que ça a bien aidé. Restant dans le noir, peu stimulé, apaisé immédiatement, tout était fait pour que le bébé puisse rester dans un état propice au rendormissement.

Au fur et à mesure que notre fils grandissait et devenait mobile, nous avons adapté notre lit. Finalement, nous avons terminé avec notre matelas par terre dans un coin de la pièce, sur un sommier à lattes, et un lit à barreaux standard, auquel on avait enlevé l’une des parois, collé à notre matelas (par chance, à la bonne hauteur). Une petite commode et le berceau de ses premiers mois servaient de barrière au pied du lit, ne laissant qu’un petit espace de 80cm pour sortir du lit.

Et la fin du cododo alors ?

Avec un deuxième bébé en route, prévu pour les 21 mois du premier, il a bien fallu y venir.

Pour ses 15 mois, notre fils a reçu son lit de grand. Un lit de 90X200, d’un célèbre suédois, avec un montage modifié pour l’adapter à nos besoins : bébé peut en sortir et y entrer librement, mais le cadre du lit l’empêche de rouler à l’extérieur. La taille du lit nous permet de nous allonger auprès de lui pour l’aider à s’endormir, et de l’y rejoindre pendant la nuit si besoin.

Les cinq premières nuits, il se réveillait et hurlait vers 23h, et il ne m’était ensuite plus possible de quitter son lit sans qu’il se réveille. Progressivement, il s’est réveillé de plus en plus tard, jusqu’à faire, dix jours après le changement de lit, sa première nuit : 20h–7h.

Aujourd’hui, à 16 mois, il dort toute la nuit dans son lit, sans appeler, sauf quelques ratés de temps en temps. Je ne me prends pas la tête, mon sommeil étant sacré. S’il a besoin, je le rejoins dans son lit et me rendors bien vite. Pour moi, c’est la meilleure manière de concilier son besoin d’être rassuré et entouré avec mon besoin de sommeil.

J’apprécie tout de même évidemment d’avoir retrouvé (pour quelques mois, puisque nous fonctionnerons de la même manière avec le nouveau bébé) notre lit conjugal.

J’espère que tout restera aussi simple et évident avec l’arrivée du nouveau-né, mais je suis consciente qu’il faudra s’attendre à une certaine jalousie du premier…

Et toi ? Tu as pratiqué le cododo ? Pourquoi ? Qu’est-ce que cette organisation t’a apporté ? Dis-moi !

A propos de l’auteur

Quasi trentenaire, mariée depuis peu, j'espère avoir prochainement un enfant... Si ce projet se concrétise, peut-être viendrais-je te raconter mes tentatives pour le faire de manière écolo !