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Avoir deux enfants du même sexe : ressenti et analyse sur la question

Aujourd’hui, j’ai décidé de venir avec mon petit drapeau et sur mon cheval pour batailler. Contre quoi ? Contre les aprioris, contre les déceptions, contre les remarques un peu trop maladroites quand tu annonces que ton deuxième enfant est « encore » un garçon ou une fille. Dans mon cas, c’est « encore un garçon ». Et tu sais quoi ? Ce n’est ni une déception, ni un échec à mes yeux et aux yeux de mon mari.

Sauf que les réactions des autres, de l’entourage m’ont touchées et que j’ai pas mal mouliné toute seule dans mon coin. Et oui, pour certaines personnes, le choix du Roi, c’est le top; pour d’autres, il faut à tout prix une fille dans notre famille (peut-être que je n’aurai pas eu de remarques si j’avais eu deux filles?). Bref, je suis allée me torturer les méninges sur le sujet, car pour moi, avoir un enfant c’est un choix du cœur, un choix personnel qui fait que je l’ai aimé dès que je l’ai vu « même si c’est un deuxième garçon » et que je n’ai pas spécialement ressenti de déception ou autre sentiment particulier à l’annonce du sexe. Les réactions des autres m’ont touché parce que j’ai clairement ressenti que le fait d’attendre un deuxième enfant du même sexe lui « donnait moins d’importance ». Alors en maman ours / louve ou tout autre animal que tu veux, je viens défendre ici mon petit et te donner mon ressenti.

Attention, en aucun cas, je ne porte de jugement sur les mamans qui ont pu être déçues lors de l’annonce du sexe de leur bébé. Chacun son ressenti et je le respecte totalement. Nous avons tous et toutes des histoires différentes, et j’aborde uniquement mon ressenti et ainsi que celui de ma meilleure amie en troisième partie de mon article. C’est la seule personne avec qui j’ai parlé franchement du sujet.

Les réactions de l’entourage (surtout féminin) ou la projection des fantasmes familiaux

C’est très rigolo, car il y a des fantasmes familiaux dans nos deux familles que ce soit la mienne ou celle de Monsieur Etoile. Commençons par ma famille. Dans la génération de mes parents, il y a eu bizarrement beaucoup de choix du Roi. C’est clair, nous sommes tous des fratries de deux : une fille et un garçon. Encore plus perturbant, du côté de ma mère, la fille est systématiquement l’aînée ! Autant te dire que quand je suis tombée enceinte de Petit Prince, ma mère croisait très très fort les doigts pour que ce soit une fille. « Tu comprends, je rêve d’acheter de belles petites robes, de faire du shopping avec elle… » Sauf que c’est un garçon. « Tant pis, le deuxième sera une fille ». « Tu sais, Etoile, il y a des techniques pour avoir une fille ». Pour être honnête, je n’ai rien fait de spécial pour bébé 2. Quand j’ai appris que « Force tranquille » (oui, c’est son petit nom – à voir si je le lui laisse à la naissance 🙂 ) serait un deuxième garçon, j’ai vite préparé le terrain. Réaction : « Bon, et bien, tu n’as plus qu’à en faire un troisième pour avoir une fille ». Non, maman, NOUS ferons un troisième uniquement si nous avons envie. Je n’ai pas osé ajouter qu’un troisième garçon ne me dérangerait pas plus que cela. Bref, dur de se détacher de l’historique familial. Les femmes de la famille ont bizarrement toutes plus ou moins réagi comme ma mère. Heureusement que j’ai eu mon père et mon frère, qui ont été neutres comme d’habitude.

Du côté de ma belle famille, c’est l’inverse ! Il y a pas mal de fratries du même sexe; et devine quoi ? Mon mari n’a qu’un frère. Ma belle-mère a donc été ravie, en me disant que c’était juste génial d’avoir deux garçons, qu’ils avaient été tous les deux différents, et qu’elle n’aurait pas aimé avoir une fille « car les garçons, c’est plus facile ».

Pour faire simple, j’ai eu l’impression que chaque femme de la famille avait son avis, son expérience à partager. C’est MA famille, ce sont MES enfants, donc je le reconnais, cela m’a agacé. J’aurai préféré que l’on me demande en premier lieu si Force Tranquille allait bien, et surtout si nous, les parents, ont été contents.

Crédit photo (creative commons) : TheVirtualDenise

Les réactions des tiers ou un modèle de société de référence : le choix du Roi

Je crois que les réactions de tiers extérieurs m’ont encore plus agacé. Venant de la famille, je l’attendais, mais des gens extérieurs… Elles ont TOUTES un avis sur la question. Oui, car c’est à nouveau une histoire de femme. Dès que je rentre dans une boutique, j’ai le droit au traditionnel : « c’est votre premier ? », « c’est quel sexe? ». A chaque fois, je suis très fière de dire que c’est un petit garçon, mais quand je dis que le premier est aussi un garçon, j’ai eu des « ah, dommage… », « ah, ce n’est pas grave… », « il faudra faire un troisième… ». Désolée de l’expression, mais WTF !?!? Je crois qu’avec du recul, j’aurai mieux fait de dire que je ne connais pas le sexe. Sauf que moi, je suis très contente d’attendre ce deuxième petit mec !

En plus, il aime bien se montrer dixit les médecins. Oui, oui, s’il y a une partie du corps qu’on a toujours réussi à voir sans problème, c’est bien ce qui fait de lui un petit garçon 🙂

Pourquoi ce fantasme d’un enfant de chaque sexe ? Si on remonte au Moyen-Age, c’est simple le garçon permettait de transmettre le nom & une petite fille d’apporter des terres ou plus de richesses si celle-ci faisait un mariage « intéressant ». Nous sommes bien loin de cela aujourd’hui, mais j’ai déjà entendu dans la famille la problématique de « transmettre le nom » lorsqu’on a un garçon. En effet, il m’est arrivé d’entendre dans nos amis des pères n’ayant que des filles, dire que leur nom s’éteindra. Argument aujourd’hui complètement réfutable puisqu’une femme peut garder son nom de jeune fille. Mieux, elle peut le transmettre à ses enfants. J’ai pas mal entendu aussi l’argument sur le fait d’avoir des rapports différents en ayant des enfants de sexe différent. Alors je dois admettre que ce sera peut-être plus compliqué de faire du shopping avec mes fils, mais au fond, cet argument est largement réfutable. Chaque enfant est différent avec son propre caractère. Il y autant de richesse que d’enfants, au-delà de la question du genre. Après, oui, je le reconnais, les petites « robes boules » pour filles sont canons, mais bon, ce n’est pas un élément de frustration satisfaisant à mes yeux ou du moins qui pèse assez lourd dans la balance.

Les réactions des futurs parents : nos ressentis en fonction de nos histoires personnelles

Je vais m’avancer avant tout sur ce que j’ai ressenti moi. J’ai sondé aussi ma meilleure amie qui elle, a deux filles. C’est la seule personne à qui, j’en ai clairement parlé en plus de ma maman. Pour être honnête, ce qui me perturbe dans cette histoire, c’est le poids de l’histoire familiale avant tout.

De mon côté, je suis l’opposée de mon histoire familiale, et reproduit celle de ma belle-famille. J’étais certaine de la réaction de ma belle-mère, comme si sa propre histoire familiale allait se « reproduire » chez nous. Je ne me sens pas spécialement proche de l’éducation / de l’enfance que semble avoir vécu mon mari; et un moment, il m’est arrivé d’avoir cette peur irrationnelle : si moi aussi j’ai deux garçons, est-ce que je ne vais pas vivre la même histoire familiale ? Crainte juste irrationnelle qui m’a effleurée l’esprit au début. Concernant la déception de ma mère, je la connais, et quant elle a vu à quel point, j’aimais déjà cet enfant et à quel point la déception que je pouvais percevoir chez elle ou les autres, me décevait, elle a très vite dépassée ses sentiments et c’est bien rendu compte que le genre d’un enfant n’est pas si important. Elle aussi, elle l’aime ce petit gars et a hâte de le serrer dans ses bras.

Ma meilleure amie, elle, l’a vécu différemment. Elle reproduit le schéma de sa famille et l’opposé de sa belle-famille. Pour sa part, elle n’a eu aucune remarque de la famille, mais a plutôt mal vécu les réactions extérieures, alors que comme moi, elle n’a jamais éprouvé spécialement de déception. Elle a eu ce sentiment assez fort que c’était un « échec » pour certains tiers, qu’une famille parfaite est une famille avec deux enfants de sexe différent. Quant à son mari, la fameuse question de la transmission du nom a fait qu’il a été déçu au début, mais aujourd’hui, il aime sa petite deuxième plus que tout.

Et mon mari dans tout ça ? Indifférence la plus totale. Du moment que bébé va bien, ça lui va et je n’en attendais pas moins de lui sur le sujet. C’est un détail pour lui.

Voilà, j’espère que je n’ai blessé personne dans ma manière d’écrire les choses. Pour moi, cela me semblait important de rédiger cet article, parce que c’est ma manière à moi de dire au bébé que j’attends que je l’aime autant que son frère, et que les réactions de l’entourage juste « pour une histoire de genre » m’ont touché. Je comprends aussi pourquoi certains parents gardent la surprise. En fait, c’est un peu comme le prénom quant on choisit de le dire avant : tout le monde a sa petite idée et son avis sur la question ! Enfin quand je relis cet article avec un peu de recul, je souris, car cela me fait penser au livret de famille sur lequel il y a une image d’une famille avec deux enfants : une fille et un garçon. Vive la pression, hein 😉

Et toi, comment as-tu vécu les réactions de ton entourage suite à l’annonce du sexe de ton bébé ?

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !