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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement en 32 heures, une aventure !

Il y a quelque temps, j’ai lu le récit d’un accouchement de trente-sept heures… Eh oui, quand on est une primipare, ça arrive souvent d’attendre encore et encore. Mais comme chaque accouchement est différent, le mien a été long, certes, mais je suis restée sereine pendant quasi toute sa durée (trente-et-une heures cinquante-cinq sur trente-deux heures, en comptant cinq minutes de grosses souffrances). J’en ai même de très bons souvenirs.

Je suis réveillée en cette matinée du samedi 25 juillet à 5h du matin par de petites contractions. Ça fait mal, mais ça va. Je ne réveille pas encore mon chéri, qui dort à poings fermés, car je ne veux pas le réveiller pour rien : après tout, aujourd’hui, c’est le weekend, pour lui.

Je suis à 40 semaines d’aménorrhée, je me dis que ça pourrait être sympa si Mini-chou se décidait, car mes dix kilos en plus me pèsent (je sais, ce n’est pas énorme, à 40 SA, mais en plein été, c’est dur, surtout avec la canicule !).

Accouchement long 32 heures

Crédits photo (creative commons) : lina smith

J’attends 7h pour dire à mon chéri que j’ai des contractions toutes les cinq minutes. Nous prenons un petit-déjeuner, et nous décidons d’attendre avant d’aller à la maternité. Nous ne voulons pas être renvoyés parce que c’est du pré-travail. De plus, notre sage-femme nous a dit d’attendre deux heures pour voir si la situation perdure, car un pré-travail peut s’arrêter à tout moment. Mon chéri m’aide à faire des exercices de respiration, et nous marchons dans le jardin.

À 10h, nous décidons de faire un tour à la maternité, et nous rencontrons une première sage-femme (oui, quand tu as trente-deux heures de travail, tu vois toutes les sages-femmes de l’hôpital !). Elle me dit que je suis ouverte entre 1 et 2. Donc soit je reste à la maternité, soit je rentre à la maison. On décide de rentrer, et on marche dans le jardin, puis on va chercher un beignet aux pommes avec les contractions !!

Mon chéri décide de faire des pâtes. Eh oui, il pressent que ça va être long ! On attend (toujours…) devant le Tour de France, le jour où un Français gagne le Tourmalet. Toutes les cinq minutes, je fais des exercices de respiration (je dis le gāthā que j’ai appris, ou je compte, ou je fais des « Ah » et « Ohm » sur l’expiration, et ça marche !). Le reste du temps, je suis sur le ballon d’accouchement et j’y suis bien. Je suis le Tour de France, avec mon chéri qui est content de ne pas louper cette étape.

À 18h, la situation restant la même, on décide de retourner à la maternité. La sage-femme m’ausculte. Elle me dit que mon col est plus court, et que je suis toujours entre 1 et 2, mais plus proche de 2. Pas de péridurale avant 3, mais d’après elle, ça évolue.

La relève arrive. Une nouvelle sage-femme m’ausculte aussi, mais là, c’est le drame : pour elle, je suis plus proche de 1 que de 2. Voilà, on me renvoie à nouveau à la maison, en me disant de prendre un bon bain chaud : les contractions seront ainsi moins douloureuses.

Nous arrivons donc une nouvelle fois à la maison. Il est tard, mon chéri décide de me refaire des pâtes. Tant que je peux manger, autant manger : après, ça ne sera plus possible. J’ai toujours des contractions toutes les cinq minutes, mais beaucoup plus intenses.

Finalement, je décide de me faire couler ce fameux bain chaud et de me mettre dedans, car j’ai mal. Mon chéri finit par m’y apporter les pâtes. Je mange mes pâtes dans mon bain, il reprend l’assiette toutes les cinq minutes pour que je puisse gérer mes contractions… situation tout à fait normale !

Nous repartons à la maternité, car le bain chaud n’a rien fait. Je gère les contractions avec mon chéri, mais j’ai toujours mal. La sage-femme me dit que ça a avancé : je suis vers 3, mais pas tout à fait, donc pas de péridurale. Elle me propose de la morphine et m’envoie me reposer en chambre, parce que j’ai des contractions depuis 5h du matin.

Et hop ! Une piqûre dans les fesses, et on me monte en chambre. Le sage-femme homme qui est présent dit à mon mari qu’il ne peut pas rester, car il n’a pas fait la demande pour avant (blague !!). Mon mari repart donc à 3h30 du mat’. Je reste seule avec la morphine, qui a un peu atténué la douleur, mais je ne dors pas.

Vers 5h, je vais voir le sage-femme homme. Je lui dis que j’ai mal, il me dit qu’on va attendre 6h pour le monitoring. 6h, Monsieur arrive, m’ausculte et me dit : « Vous êtes à 6 ! » avec de grands yeux (eh oui, il sait qu’à 7, certains anesthésistes refusent de faire la péridurale).

On déménage en vitesse. Il a le temps de me dire dans l’ascenseur que la morphine fonctionne bien, puisque je ne crie pas à chaque contraction. Franchement, j’ai envie de lui mettre des baffes, mais je gère avec les exercices que j’ai appris, et je m’accroche quand même à la paroi de l’ascenseur…

J’arrive en salle d’accouchement, et on me dit qu’on va appeler mon mari. En attendant, l’anesthésiste arrive et me fait la péri. J’ai avancé dans le travail, donc je ne crie pas, mais je suis crispée. L’anesthésiste s’y reprend à deux fois.

La sage-femme reste avec moi, car mon mari ne se réveille pas !! Eh oui, forcément, avec tout ça, il était super crevé, donc il dort. Il n’entend pas les multiples appels sur le fixe ou sur son portable, les textos, etc. Donc j’attends toute seule. Mais bizarrement, je suis super sereine : la péridurale a marché.

Finalement, mon amoureux arrive en panique vers 8h30 : il pensait que je serais peut-être déjà en train de pousser ou que je serais en colère. Au final, tout va bien, donc on attend en musique (avec la playlist relax que j’ai préparée), et c’est bien.

Finalement, bébé finit par avancer un peu vers 12h. Il est bien engagé. Mon mari lui a parlé avec l’haptonomie, et ça a fonctionné. Ses pulsations cardiaques sont stables.

La sage-femme me dit qu’on va pousser… Trente minutes de poussée plus tard, rien ! Bébé est coincé, car j’ai le bassin trop petit. Il faut appeler la gynéco et utiliser les spatules. Je précise que les spatules ne sont pas les forceps, qui servent à l’extraction : là, il s’agit juste de décoincer bébé.

La gynéco arrive, et dès qu’elle commence, j’ai mal. Voici donc mes cinq minutes de douleur : je crie, je n’arrive pas à me calmer, je sens l’angoisse monter. J’ai au-dessus de moi une sage-femme qui pousse sur mon ventre et une aide-soignante qui la tient (mon chéri a compris à ce moment-là l’utilité du marchepied dans la salle d’accouchement). La sage-femme me gronde, me dit de pousser comme tout à l’heure (et bizarrement, cette remontrance me permet de m’accrocher à quelque chose).

Mon bébé d’amour arrive rapidement. Mon mari pleure. Moi, je n’y arrive pas : je suis trop épuisée, mais je suis quand même super contente.

Après, c’est placenta et points pour l’épisiotomie (apparemment, l’épisio est dans le package avec les spatules, mais je m’en suis bien remise). Et trois heures de bonheur avec la musique. Tous les trois, on fait du peau-à-peau, c’est vraiment chouette.

Je regrette un peu la partie avec les spatules, mais sinon, bien que ça ait été long et éprouvant, ça a été aussi une vraie aventure, que j’aime raconter !

Et toi ? Ton accouchement a été très long ? Comment l’as-tu vécu ? As-tu aussi enchaîné les aller-retour maison/maternité ? Raconte !

A propos de l’auteur

Jeune Maman et jeune propriétaire d'une petite maison à proximité de Paris. Nous apprenons à vivre à 3 après 9 ans de vie à deux. J'aime avoir toujours plein d'idées qui sont malheureusement pas toujours réalistes. Je partage ma vie avec un mari qui aime beaucoup la guitare (et oui je pense que sa guitare est sa seconde femme!) et un mini-chou trop trop chou.