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A la une / Témoignage

J’ai fait une hémorragie de la délivrance

L’hémorragie de la délivrance. En voilà une expression barbare ! Tu connais ?

Moi, en tant qu’infirmière, je connaissais vaguement. Mais c’est comme beaucoup de choses : je ne pensais pas être concernée un jour…

bloc operatoire

Crédits photo (creative commons) : Ruhrfisch

Lors de mon premier accouchement, après une grossesse chaotique, j’avais été surprise quand on m’a dit : « Allez Madame ! Maintenant on pousse à nouveau pour le placenta ! » QUOI ?? C’est une blague ? Tu aurais vu ma tête…

Et puis, j’ai eu beaucoup de mal à l’expulser, ce placenta. Premier signe de mon utérus atonique ! Pour te parler clairement : mon utérus est un gros paresseux. Une fois le bébé né, il croit que son boulot est terminé !

Le jour de mon deuxième accouchement, au moment de la fameuse délivrance, j’ai bien vu qu’il y avait un souci. La sage-femme m’a dit qu’elle n’avait pas récupéré entièrement le placenta, et qu’elle allait devoir faire une révision utérine (comment te dire ? À ce moment-là, je me suis sentie comme une voiture…).

Rapidement, un sage-femme est arrivé (eh oui, un homme !), puis une interne, puis deux, puis le chef de service (si tu as suivi la saison 1 de Babyboom à Poissy, c’était le beau gosse aux yeux bleus !! Bah quoi ? C’est pas désagréable, dans un moment pareil !).

Ils ont fait sortir Monsieur, qui s’est retrouvé seul dans le couloir avec notre deuxième princesse… Autant te dire qu’il était très inquiet pour moi, surtout quand il a entendu une soignante dire à sa collègue : « J’ai jamais vu autant de médecins au mètre carré… » Aaah, la mythique délicatesse du corps médical… Et je sais de quoi je parle, j’en fais partie.

Pendant ce temps, ils se sont occupés de moi, en mettant en place le protocole d’usage : injection d’un produit qui permettait d’augmenter les contractions utérines, et sage-femme sur mon ventre qui appuyait tout ce qu’il pouvait avec sa main pour aider l’interne à la révision utérine. Il me disait que j’étais courageuse, car je ne me plaignais pas. Mais en même temps, quand tu as la chance d’avoir une péridurale qui fonctionne, ça aide…

Au final, tout s’est bien terminé. Mais avec une perte de 500ml de sang tout de même…

C’était sans compter mon troisième accouchement…

Lors de ma visite du neuvième mois avec la sage-femme, j’ai posé des questions : « Est-ce que ça va recommencer ? » Non, pas forcément. « Est-ce héréditaire, car ma mère et ma sœur sont passées par là aussi ? » Non, il n’y a pas de lien (étonnant !).

Mais après la naissance de notre troisième princesse (eh oui, à la maison, c’est girl power !), je te le donne en mille : hémorragie de la délivrance ! Mais cette fois-ci, la péridurale n’ayant pas du tout fonctionné (« Tu enfanteras dans la douleur, » qu’ils disaient…), je ne me suis pas laissée faire pour la fameuse révision utérine ! Alors j’ai innové en ayant droit à une anesthésie générale en urgence pour qu’ils puissent faire ce qu’il fallait…

J’avoue que je n’ai même pas eu peur. J’ai entendu des mots familiers pour l’infirmière que j’étais, puis je suis partie très loin dans des rêves complètement absurdes dans lesquels j’intégrais des bribes de ce que j’entendais dans la salle d’accouchement…

Par contre, Monsieur, lui, a eu le temps d’avoir peur ! À nouveau, il s’est retrouvé seul avec notre fille dans les bras pendant quarante-cinq minutes, sans nouvelles de moi… Tu imagines son angoisse ! Penser au pire, se dire qu’on va peut-être perdre sa femme et se retrouver seul avec trois enfants : un de 5 ans, un de 3 ans et un nouveau-né !

Finalement, plus de peur que de mal… À mon réveil, on m’a expliqué que j’avais cette fois perdu 1,2L de sang, et qu’ils avaient mis en place un ballon gonflé au sérum physiologique pour faire pression dans mon utérus et stopper l’hémorragie. On m’a aussi expliqué que j’allais être transférée dans un service pour être surveillée de près, mais que ma princesse ne pourrait pas m’accompagner…

Je l’avais à peine vue, et nous allions déjà être séparées. Mais je me suis dit que si j’avais accouché à une autre époque, je ne serais sûrement plus de ce monde…

Et toi ? Connaissais-tu l’hémorragie de la délivrance avant d’accoucher ? Es-tu toi aussi passée par là ? Dis-moi…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !