Menu
A la une / Récit de grossesse

Le deuxième trimestre de ma grossesse à risque : de l’angoisse à la sérénité

Il est temps de te donner quelques nouvelles sur ma grossesse dite « à risque ». J’ai passé un premier trimestre très sportif comme tu as pu le lire précédemment… et malheureusement, ça a eu un impact sur la suite de ma grossesse. Je te rassure, rien de grave pour autant.

Le début du deuxième trimestre : un temps de répit, les premiers mouvements

Quand j’ai entamé mon quatrième mois, les nausées ont miraculeusement disparu. Je me sentais certes toujours un peu fatiguée, mais beaucoup mieux physiquement, et donc moralement. Au travail, j’ai continué à avoir un rythme soutenu, car je me sentais relativement bien, et ma conscience professionnelle prenait le dessus sur ma fatigue.

Bref, ce n’était pas si mal, d’être enceinte, finalement, et puis on commençait à me laisser la place dans le métro. Bon, à vrai dire, c’était surtout parce que je cambrais beaucoup mon dos pour montrer mon ventre naissant… Je crois que les gens n’ont commencé à voir ma grossesse qu’à partir de 5 mois et quelques.

Eh oui, comme je ne prenais pas beaucoup de poids, ma grossesse a mis du temps à être visible, et pendant longtemps, je semblais plus avoir des bourrelets disgracieux qu’un ventre de femme enceinte ! J’ai mis moi-même du temps à me considérer comme une personne prioritaire.

Enceinte dans métro

Crédits photo (creative commons) : Maurizio Pesce

C’est aussi pendant le quatrième mois que j’ai commencé à sentir mon bébé. J’étais persuadée au départ que c’était mon ventre qui « gargouillait ». Mais un jour, j’ai clairement senti un petit coup, et j’ai su que c’était lui ! Je m’en souviendrai toujours. J’étais seule ce soir-là.

À cette période, bébé bougeait beaucoup le soir avant que je ne me couche. La journée, je crois que je ne faisais simplement pas attention à ses mouvements.

L’échographie du cinquième mois et un arrêt maladie soudain

J’étais plutôt bien moralement, mais très fatiguée au début de mon cinquième mois. De gros projets au travail, un rythme relativement soutenu pour une femme enceinte (de 9h du matin à 20-21h le soir)… Mais je ne me faisais pas plus de souci que ça. Je gérais en me reposant un maximum le weekend.

Je suis allée tranquillement à l’échographie du cinquième mois, et là, le couperet est tombé : « Il est vraiment très petit, ce bébé ! » Eh oui, nous avons découvert que notre petit bout était tout petit. Il n’avait pas non plus un retard de croissance (bien qu’il soit limite), mais voilà, j’ai quand même été arrêtée en urgence. Cette échographie a été gâchée. Je me suis retenue pour ne pas éclater en sanglots devant le médecin.

Compte tenu de ma grossesse à risque, c’était inconcevable de me laisser continuer à travailler. Les médecins ont eu peur à ce moment-là qu’en cas de complication (notamment en cas d’hypertension), le bébé décroche de sa petite courbe de croissance. De plus, s’il survenait un problème et/ou une naissance prématurée, il est toujours plus compliqué de gérer un petit poids qu’un gros bébé.

Malgré tout, mon gynécologue a toujours été rassurant. Pour lui, avec du repos, les choses iraient mieux, car il n’avait pas trouvé de cause médicale à cette faible croissance. Bébé était bien portant et bougeait bien. Il vaut sans doute mieux ça qu’un gros bébé qui a d’autres soucis, non ?

Ce que j’ai ressenti dans les semaines qui ont suivi cet arrêt

J’ai donc été arrêtée du jour au lendemain. J’étais déjà anxieuse par rapport à ma grossesse à risque, je n’avais pas besoin de ça en plus ! Je ne saurai jamais si c’est la maladie, le rythme de travail, ou les deux qui ont fait que je ne suis pas arrivée à faire un gros bébé, mais je peux te dire qu’on culpabilise en tant que future maman. Vraiment, je m’attendais à des complications, mais pas à ça.

J’avais continué à avoir une activité professionnelle intense jusqu’à mon arrêt, n’ayant pas réussi à freiner, compte tenu des obligations de mon poste. Nous l’avons sans doute un peu payé, d’une certaine manière, mon bébé et moi. Mes horaires n’ont jamais été aménagés, alors que mes supérieurs étaient au courant des risques de ma grossesse.

Je n’en veux à personne, c’est comme ça. C’était à moi de dire stop aussi et de remettre mes priorités dans le bon ordre. Mais je n’étais absolument pas consciente que mon rythme de travail pouvait jouer sur bébé, car, je le répète, je me sentais globalement bien (surtout : je faisais avec la fatigue et le stress).

Donc, un énorme conseil : même si tu es ultra consciencieuse et investie, il faut que tu penses au bébé et à toi, et ce, très rapidement dans la grossesse. Ne te réveille pas comme moi à 5 mois ! Si tu ressens beaucoup de fatigue, du stress… lève le pied.

Relativiser, se dire qu’on n’est pas passés loin de vraies complications

Deux semaines après mon arrêt, j’ai également découvert que certaines données commençaient à être limites, notamment ma tension et mon taux de fer (clairement corrélé aux nausées du premier trimestre), qui devaient indirectement jouer sur la croissance de mon bébé. Bref, cet arrêt est arrivé au bon moment. Je crois que j’étais épuisée et que je ne m’en rendais pas vraiment compte.

Quoi qu’il en soit, mon médecin gynécologue a été adorable, et nous avons convenu rapidement d’un suivi hebdomadaire à domicile par une sage-femme, en plus du rendez-vous mensuel à l’hôpital. Ce super suivi m’a permis de me rassurer et de me sentir mieux. Il n’y avait pas d’urgence vitale, et le corps médical avait tout sous contrôle.

J’ai vite relativisé . Environ deux semaines après l’échographie. Déjà, j’ai passé un temps impressionnant à dormir lors de mon premier mois d’arrêt et, me sentant mieux physiquement, je me suis sentie mieux moralement.

De plus, j’avais la chance énorme d’avoir un bébé qui bougeait régulièrement, et ça m’a beaucoup rassurée. Un vrai petit champion ! Dès que j’ai été arrêtée, j’ai perçu beaucoup mieux ses mouvements. C’est grâce à lui que je me suis vite rassurée ! Un bébé qui bouge bien, c’est un bébé qui est heureux dans le ventre de sa maman, non ?

D’une certaine manière, je suis fière de moi. Je me suis débrouillée pour vite « effacer » les émotions négatives pour ne pas impacter mon enfant. J’ai commencé à pratiquer l’haptonomie, à plus lui parler… Je me suis dit que plus il se sentirait aimé, mieux il grossirait.

J’ai revu mon alimentation car, malheureusement, même si je n’avais plus de nausées, globalement, je n’ai jamais eu très faim pendant ma grossesse. Je me suis donc « forcée » à manger de la viande rouge, beaucoup de laitages, etc. en me disant que ça l’aiderait à grossir.

Une autre solution a été de me forcer à me projeter en commençant la décoration de sa chambre (en partie du DIY) et en commençant à repérer des meubles et des vêtements sur internet…

Je pense que toutes ces petites choses (repos, bonne alimentation, bon moral et pas de stress) ont clairement été bénéfiques. Il faut être patiente. Finalement, tout ça a payé car, à la fin de mon sixième mois, bébé avait bien grossi !!

Et toi, comment as-tu géré les soucis pendant ta grossesse ? Ton bébé avait-il aussi un petit poids ? As-tu été arrêtée ? Comment as-tu réagi ? Viens en parler !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !