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A la une / Vie de maman

Survivre aux premières semaines avec des jumeaux

Je ne pense pas t’apprendre grand-chose en te disant que des jumeaux, c’est beaucoup de travail. Si tu as eu un enfant, tu visualises sûrement cet instant béni où, après avoir levé, nourri, bercé, changé, lavé et habillé bébé, tu le poses et tu t’assois enfin sur le canapé (ou tu cours aux toilettes)… Eh bien, une maman de jumeaux, quand elle arrive au bout de la liste… elle recommence !

Double-bébé, double-travail ? Presque, mais tu vas voir, ce n’est pas non plus tout à fait vrai.

Avant la naissance de mes bébés, j’avais bien compris en écoutant des parents de jumeaux (merci merci l’association Jumeaux et + et son groupe de discussion Facebook !) qu’on allait avoir ÉNORMÉMENT de boulot, et qu’il nous faudrait bien trouver des parades.

On en a trouvé quelques unes, et je les partage avec toi.

S'organiser avec des jumeaux

Crédits photo (creative commons) : Emily May

Se faire aider

La phrase que j’ai le plus lue et entendue pendant ma grossesse ? « Faites-vous aider ! » J’avais donc bien compris que c’était crucial pour s’en sortir. Chez nous, ça a pris plusieurs formes.

D’une part, j’ai demandé à ma maman de venir deux jours par semaine. Quand elle est là, elle s’occupe des bébés, leur donne le biberon, les change, joue avec eux, leur parle, leur chante des chansons. Même quand ils dorment, elle est utile : elle peut monter la garde pendant que je dors aussi ou que je pars faire des courses, voire, soyons fous, que je déjeune avec une copine.

Ensuite, nous faisons appel à une « TISF ». Kézako ? Une Technicienne d’Intervention Sociale et Familiale. Ça existe partout en France, et c’est cofinancé par les CAF. Il s’agit d’une personne formée pendant deux ans aux soins des nourrissons. Elles ont également un volet « social », qui leur permet d’aider ceux qui en ont besoin dans leur gestion administrative liée aux enfants, par exemple.

Tu peux te renseigner auprès de ta CAF : la prise en charge financière et l’éligibilité varie selon le département. (À Paris, tout le monde y a droit et le tarif dépend de tes revenus. Dans les autres départements, il faut te renseigner. C’est parfois gratuit (!!), mais parfois, c’est soumis à conditions, et si tu gagnes trop de sous, tu n’y as pas droit.)

Quand elle est là, je rédige cet article, je fais des mails, je pars faire les courses, je dors, et même une fois, je suis allée me poser dans un café pour lire un livre. Bon, un livre de puériculture, ok, mais un LIVRE, quoi !!

Petit aparté au sujet de ces deux aides, ma mère et la TISF : deux professionnels m’ont demandé pourquoi elles s’occupaient des enfants, et moi des courses ou du ménage, et non l’inverse. Au départ, j’ai mal vécu ces questions, j’avais l’impression qu’on me reprochait de ne pas assez m’occuper de mes enfants. Avec du recul, j’assume parfaitement : s’occuper toute la journée de deux enfants, sept jours sur sept, même si quelqu’un te fait tes courses et ton ménage, c’est usant. Enfin, moi, ça m’userait. Je finirais par en avoir marre, par redouter le moment de leur réveil, et par ne plus prendre aucun plaisir avec eux. Avoir de l’aide pour s’occuper des bébés, c’est aussi me permettre de garder de la « fraîcheur » et de l’envie.

Enfin, nous avons demandé aux personnes qui souhaitaient venir nous rendre visite pendant les premières semaines de venir à l’heure du déjeuner ou du dîner, avec le repas. Comme ça, on faisait d’une pierre deux coups : ils nous rendaient visite (chouette, des bras pour porter nos bébés !), et on n’avait pas à préparer à manger ! Ma belle-mère vient systématiquement nous rendre visite avec un plat maison à manger plus tard, ça nous change !

Se simplifier la vie

Comme nous savions que nous allions être très accaparés par nos bébés, nous avons décidé de nous simplifier au maximum les tâches quand c’était possible.

Nous avons donc investi dans un lave-linge séchant (petit appartement parisien oblige). Adieu la corvée d’étendage de linge !  Et bien sûr, on ne repasse pas les vêtements des enfants, et les nôtres seulement quand c’est indispensable.

Ça a de nombreux avantages :

  • gain de temps, évidemment,
  • mais aussi gain de place, car nous ne passons pas notre vie avec du linge étendu partout,
  • et économies sur les vêtements, turbulettes, etc. : la lessive étant lavée et séchée en quelques heures, il n’est pas nécessaire de prévoir beaucoup d’autonomie. Nous n’avons, par exemple, que trois turbulettes pour les deux enfants.

Nous avons également investi dans un micro-ondes, et fait le plein de plats surgelés. Mais attention, pas des sachets de surgelés qu’on fait réchauffer dans une poêle et qu’on mange dans une assiette, non non ! Les premières semaines, on ne mangeait que des plats individuels en barquette. Pas de cuisine, pas de vaisselle ! Tu peux aussi te congeler des portions de plats que tu auras cuisinés à l’avance.

Concernant les soins des bébés, j’assume le fait que mes enfants ont vécu en pyjama pendant un gros mois et demi (voire deux mois), et que les deux ou trois premières semaines, ils changeaient de bodys au gré des accidents de couches (nombreux : j’étais assez nulle en couches, au début), mais certainement pas pour un pauvre petit renvoi de lait.

Ils prennent également un bain par semaine seulement. Jette-moi un gant de toilette si tu veux, c’est comme ça qu’on fait en Allemagne (il paraît) ! On fait une toilette tous les jours, et je lave au savon à chaque selle, mais pour le reste, plus d’une fois par semaine, c’est au-dessus de mes forces.

Enfin, pour les biberons, c’est température ambiante.

C’est en cela que les jumeaux ne sont pas exactement le double de boulot qu’un singleton : je pense qu’on fait l’impasse sur certaines choses ! Ma petite sœur habillait sa fille tous les jours et ne l’a jamais laissée en pyjama. Et elle lui donne un bain tous les jours.

Avoir un conjoint hyper impliqué

J’ai l’immense chance (bon, en même temps, je l’ai choisi, hein, ce n’est pas seulement du bol !) d’avoir un mari ultra impliqué. Il fait la moitié des nuits, voire plus, et sait tout faire aussi bien que moi. Du coup, on a partagé vraiment tout le travail pendant son congé paternité, et maintenant, on partage aussi les tâches le soir et le weekend.

J’ai aussi la chance qu’il soit extrêmement zen. Et ça, quand tout le monde est fatigué, crois-moi, c’est précieux.

S’auto-discipliner

Pour limiter l’impression d’ensevelissement, on est devenus des pros du rangement et des tâches ménagères. Là où avant, le bazar surgissait à vitesse grand V et où un peu de vaisselle traînait volontiers dans l’évier (bah oui, on a un lave-vaisselle, mais souvent, il était plein de vaisselle propre, alors bon…), chez nous, maintenant, c’est rangé en permanence.

Tous les soirs, on range tout. Et nous n’avons qu’un seul biberon par enfant, ce qui évite des biberons sales entassés dans l’évier. Ça aide vraiment (en plus de tout le reste) à ne pas se retrouver entourés d’un bazar permanent qui, à mon avis, accentuerait l’impression de noyade qu’on peut ressentir les premiers temps.

À l’heure où j’écris ces lignes, nos bébés ont 3 mois et demi, et on peut dire que nous avons plutôt bien survécu. Certes, nous sommes fatigués (les nuits, ce n’est pas encore ça pour tout le monde…), mais ça n’a pas été l’horreur que certains nous avaient prédite. Par contre, je reconnais volontiers que sans aide, ça aurait été juste l’enfer…

Et toi ? Tu es maman de multiples ? Comment as-tu survécu ? As-tu des « trucs » à partager avec moi ? Viens me dire !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !