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A la une / Vie de maman

Le morning run

Le « morning run », et son copain du soir nommé « evening rush » sont ces périodes forts sympathiques qui débutent et clôturent ta journée. Je vais donc te faire une description circonstanciée de la façon dont ça se passe à la maison.

Le morning run

2 ans BC (Before Choupinette)

Avant Choupinette, mon réveil sonnait à 7h20 pour un départ à 07h50. Un café, deux tartines, un passage rapide par la salle de bain, je m’habillais. Voilà. Simple, efficace. Le week-end, pause bien méritée entre deux périodes de 5 jours de travail, je dormais jusqu’à 11h, heure à laquelle M. Tad et moi nous nous octroyions un brunch. Parfois, en cas d’insomnie, nous allions au marché vers 10h30, où nous constations avec effarement le nombre de poussettes dans les allées. Nous rentrions alors avec un panier rempli de produits du traiteur italien ou libanais.

2 ans AC (Après Choupinette)

Avec Choupinette, en pleine phase d’opposition, les matins de semaine sont une lutte. « Choupinette, viens t’habiller s’il-te-plait » « NON !!! » Et ladite Choupinette s’enfuit à travers l’appartement, au mieux en pyjama, éventuellement juste en couche, voire toute nue (dans ce dernier cas, ma jolie petite fille éclate de rire et galope partout en répétant à tue-tête « tounu, tounu, tounu ! »). Après avoir menacé « tu vas aller au coin », négocié « si tu me laisses enfiler ton body, tu pourras enfiler toute seule tes chaussettes ! », parlementé « mais siii, il est top ce sweat zippé, il a des poches ! », Choupinette est prête (je passe sur l’épisode dans la salle de bain, pour t’épargner une scène pénible, lectrice !).  Il est temps de partir pour la crèche « Choupinette, viens pour que je t’installe dans la poussette ! » « NON ! ma’cher ! » « Non, Choupinette, tu vas dans la poussette, nous sommes en retard, tu ne marches pas encore assez vite » « NON, NON, NON, NON !!!!!!! ». Deux scénarios en fonction de l’humeur du jour : bouderie intense, manifestée par une proéminence marquée de la lèvre inférieure et menton rentré dans la poitrine ou hurlements de coyote avec jambes chamallow (l’enfant refuse alors de tenir sur ses jambes, et lorsque je la soulève pour la mettre debout, elle se laisse mollement tomber au sol). Dans 50% des cas, Choupinette fait le trajet posée dans sa poussette, les jambes par dessus l’arceau (dans les 50 autres %, elle s’est enfouie dans la chancelière, merci le temps froid !). Je suis  rouge, échevelée et… en retard ! Nota : comme nous passons devant la gare à l’heure de pointe, j’ai au choix droit à des regards compatissants (les déjà-parents) ou consternés (les pas-encore-parents. J’étais comme eux, avant !), lorsque Choupinette est posée comme un paquet de linge sale, ou lorsqu’elle hulule sa désapprobation.

Crédit photo : RyanMcGuire

Le samedi matin, Choupinette accompagne M. Tad au baby-gym (rebaptisé par mes soins « papa-gym », vu que les parents sont physiquement mis à contribution). Il n’y a plus de grasse matinée (sauf si l’on considère que 8h, c’est une grasse matinée). Le dimanche est super long par rapport à avant, et nous devons trouver des activités variées susceptibles de fatiguer divertir le fauve jeune individu. Les sorties au marché consistent à poursuivre Choupinette dans les allées, avec le carrosse (= la poussette) chargé de cabas de fruits et de légumes.

Depuis l’arrivée de Numérobis, le scénario est le même, sauf qu’en plus de Choupinette, Numérobis hurle sa faim (ou son envie de câlin. Ou un rot bloqué. Ou un truc de bébé que je ne peux pas comprendre). Il faut préparer Choupinette ET Numérobis avant de partir pour la crèche. Heureusement, l’un est plus docile que l’autre. Je suis encore en congé maternité, donc même si nous sommes en retard, ce n’est pas si grave. Par contre, j’appréhende le moment où les deux iront à la crèche et moi au travail. Ce matin encore, nous sommes tous tombés dans une faille spatio-temporelle. Nous étions réveillés à 07h15, prêts à 08h30 (vêtus, débarbouillés, dents lavées), et je ne sais pas pourquoi à 09h00 nous n’étions pas encore partis ! S’il faut que le réveil sonne à 05h30 pour pouvoir être à 08h00 à la crèche, ça va piquer !

Les mamans impeccables de la crèche

J’ai un métier qui fait que je dois me trimballer la moitié de mon bureau. Je porte plus probablement des chaussures de sécurité que des escarpins de 12. J’ai un sac à dos plutôt qu’un joli sac à main. J’ai un cabas ikea (oui, le bleu qui pète) avec des fringues de chantier et un casque, plutôt qu’un tote bag avec mes affaires de fitness de la pause midi. Mais comment diable font ces mamans de la crèche, avec toutes les émotions matinales, pour être impeccables, ongles vernis et maquillage nickel ? Elles trouvent de la place sur le parking (et n’ont pas à batailler pour garer leur poussette dans le local exigu). Elles arrivent, portant dans les bras la chair de leur chair, haut perchées sur leurs talons. Ou leurs bambins trottinent sans récrimination à leur côté, acceptant de leur tenir la main. Leurs enfants sont bien obéissants dès le matin, et acceptent sans broncher d’enfiler leurs chaussons. J’ai bien l’impression qu’elles n’ont pas de biscuit écrasé au fond de la poche de leur manteau, ni les mains collantes parce que leur petit dernier n’a pas fini son petit déjeuner (constitué de barquette à la fraise, parce que la tartine a été boudée) sur le trajet. En fait, ces mamans sont pour moi l’équivalent « du blond » du spectacle de Gad Elmaleh. C’est bien simple, ces mamans me donnent l’impression d’ignorer ce qu’est le morning run. Je suis jalouuuuuuuse !

 

Pour toi, le morning run est-il un mythe ou une réalité ? Viens me raconter !

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.