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A la une / Témoignage

Je n’ai pas la « fibre maternelle ». Et alors ?

Je vais t’avouer un truc : je n’ai pas ce qu’on appelle la « fibre maternelle ». Même enceinte, je ne l’ai jamais eu. Et je ne suis pas loin de considérer que « l’instinct maternel » relève de la mythologie !

Longtemps, je n’ai d’ailleurs pas voulu d’enfants : je n’en ressentais pas le besoin, ni cette envie visiblement irrésistible manifestée par la quasi intégralité de mes amies. Le désir d’enfant est venu plus tard, bien plus tard, vers la trentaine, quand je me suis mariée. Je me suis dit que ce serait quand même chouette de faire un petit bout avec cet homme que j’aime follement.

Sur le moment, j’ai d’ailleurs pensé que la « fibre maternelle » arriverait toute seule, comme par enchantement, sitôt le projet bébé lancé.

Et puis je suis tombée enceinte… et je dois avouer que j’attends toujours de recevoir la coup de baguette magique qui me donnera envie de m’extasier devant ce qui ressemble de près ou de loin à un bébé.

Ne te méprends pas : j’adore les enfants. J’ai longtemps été baby sitter pendant mes études, et j’étais gaga des petits que je gardais. Changer les couches sales d’enfants qui n’étaient pas les miens ? Aucun problème ! Même pas peur ! Parce que ces enfants-là, je les connaissais, je m’y étais donc profondément attachée.

Mais, lorsqu’au bureau, un de mes anciens collègues a fièrement installé une photo de sa fille barbouillée de je ne sais quel aliment sur l’ensemble du visage… ça m’a secrètement donné envie de vomir. D’ailleurs, j’évitais de venir le voir juste pour ne pas avoir à regarder cette photo, que je considérais comme écœurante. Je sais, c’est affreux de dire ça publiquement ! Mais les enfants des autres ne m’intéressent pas.

petite fille en train de jouer

Crédits photo (creative commons) : Peasap

Quand j’ai annoncé ma grossesse, un étrange phénomène a commencé à se produire : les jeunes parents autour de moi venaient me raconter la vie de leurs tout-petits, visiblement persuadés que ça ne pouvait que m’intéresser, maintenant que moi aussi « j’en étais ».

La vérité ? Ces conversations me faisaient mourir d’ennui ! Alors je souriais, poliment. Mais à l’intérieur, j’avais juste envie de m’enfuir.

Voilà : je n’ai simplement jamais considéré la maternité comme une mission divine qui me serait automatiquement dédiée sous prétexte que j’ai des ovaires. J’ai même plutôt tendance à être un chouia « carriériste » (bouh, le vilain mot dans la bouche d’une femme !). Oui, je veux m’accomplir professionnellement. J’ai fait de longues études supérieures très exigeantes, je ne supporterais pas de ne pas travailler, je le sais. La preuve ? Lorsque nous avons perdu le bébé l’année dernière, j’ai demandé à reprendre le travail de mon propre chef.

Quand je suis tombée enceinte d’ailleurs, je dois te l’avouer j’étais complètement perdue !

Turbulette ? Cosy ? Cododo ? Lunago ? Gné ?

Non, vraiment, je ne comprenais pas un traitre mot de ce que je lisais. Les débats sur « plutôt un couffin ou une nacelle ? » me laissaient de marbre. Je n’ai pas cherché de prénom pour mon bébé avant même de tomber enceinte. Je n’ai jamais affiché fièrement l’échographie de mon premier trimestre sur Facebook comme tant de mes amies – je n’ai d’ailleurs jamais ne serait-ce que mentionné ma grossesse sur les réseaux sociaux, où je suis pourtant très active ! Mettre une photo du fond de mon utérus sur mon profil ? Grands Dieux, mais pour quoi faire ?

Lorsque j’ai appris qu’il existait des « projets d’accouchement », j’ai aussi été très surprise. Moi, tout ce que je demande, c’est un lit dans un hôpital avec des médecins et une péridurale.

Quand je rentrais dans une boutique de puériculture, je me rendais illico auprès de la première vendeuse avec l’air paniqué de celle qui ne comprend pas où elle se trouve. La vendeuse d’ailleurs se frottait les mains. (Une cliente qui ne sait pas ce dont elle a besoin ? Mais c’est le Graal, pardi !)

Le pire, c’est que je ne juge pas celles qui sont à fond dans leur grossesse… j’ai même plutôt tendance à les envier. Moi aussi, j’aimerais être tombée dans la marmite de la maternité épanouie ! Mais non, rien à faire.

En même temps, je dois avouer qu’être malade pendant ma grossesse n’aide pas non plus à s’y épanouir. Moi, quand je suis enceinte, je souffre d’hyperémèse, la même maladie que Kate (mais avec de moins beaux cheveux). Cela ne m’aide pas à rentrer dans la catégorie des « mamans hyper épanouies » !

Pourtant, quand j’ai perdu ma fille, j’ai été effondrée, comme n’importe quelle maman. C’est pour cela que je sais que je ne serai pas une « mauvaise mère ». Je n’ai peut-être pas le mode d’emploi de la maternité gravé en moi. Mais je sais que j’aimerai mes enfants inconditionnellement. Et c’est le plus important, non ?

Et toi ? Tu es en adoration devant tous les enfants, ou tu as du mal quand tu n’as pas de lien particulier avec eux ? Tu as un peu peur de devenir mère à cause de ça ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles