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Mon fils, sa plagiocéphalie, son kiné-osthéo et moi !

Il y a 4 ans, j’ai donné naissance à un formidable petit garçon qui a bien bataillé pour sortir de mon ventre. Evidemment, c’est le plus beau, le plus intelligent et le plus épanoui de tous les enfants. 

Cependant son séjour dans mon ventre n’a pas été de tout repos, il a passé quasiment trois mois en présentation frontale : en gros sa tête était bien en bas mais il regardait vers le haut. Le personnel médical de la maternité l’appelait le petit apôtre ! Cela nous amusait beaucoup avec son papa car on se disait qu’il n’avait pas compris où était la porte de sortie. On ne connaissait pas encore les conséquences…

Sangohan avait un mois lorsque la pédiatre a commencé à remarquer qu’il avait selon ses termes « un côté préféré ». Elle nous a conseillé de le stimuler avec ses jouets pour lui donner l’envie de tourner la tête à gauche et à droite. On essaie pendant plus d’un mois mais sans succès. Notre petit bout préfère définitivement regarder ce qu’il se passe à gauche. Son crâne se déforme clairement : il ressemble à un ventre en fin de grossesse lorsque le bébé s’est logé d’un côté ! On commence également à voir apparaître une asymétrie au niveau des oreilles. Lors de la visite des deux mois, le verdict du pédiatre tombe, notre petit amour a un torticolis et une plagiocéphalie ++. Elle nous oriente alors vers un kinésithérapeute-osthéopathe qui a déjà pris en charge plusieurs bébés qu’elle a suivi.

Sangohan a eu des séances de kiné-osthéo de ses 2 mois et demi jusqu’à ses 20 mois. C’est cette petite expérience que je souhaite partager avec toi pour essayer de t’aider à mieux vivre un éventuel traitement de ce type si cela devait arriver. Aujourd’hui, la plagiocéphalie est presque invisible et j’arrive à prendre des photos de « dos » de mon bout de chou. Je n’étais pas sûre d’en être capable un jour. Les petits conseils que je vais essayer de te donner ont été valables pour nous mais le traitement d’une plagiocéphalie peut être plus ou moins lourd en fonction de la gravité ou de la façon de travailler du praticien que tu choisiras.

Crédit photo (creative commons) : Free-Photos

Comment choisir son spécialiste ?

Comme je te l’ai dit plus haut, notre praticien nous a été conseillé par la pédiatre de Sangohan. Cependant, avec mon mari, nous avions aussi repéré sur internet d’autres kiné-osthéos autour de chez nous au cas où celui-ci ne nous plaise pas. Une connaissance nous avait également donné le contact d’un praticien.

Le premier rendez-vous est, il me semble, essentiel. Il faut que tu sentes qu’une relation de confiance va pouvoir s’installer. Par ailleurs, le kiné n’a pas cherché à manipuler réellement Sangohan : il voulait constater l’ampleur du problème et j’ai dû lui raconter ma grossesse et mon accouchement. Il m’a ensuite fait part de ses conclusions : il ne pouvait pas me garantir que la plagiocéphalie serait parfaitement résorbée et le traitement serait long : 2 à 3 séances par semaine pour commencer et on réduirait ensuite en fonction des progrès. Il m’a également annoncé qu’il estimait que le traitement durerait environ 1 an et demi (je te rassure, le nombre de séances hebdomadaires a diminué). Cela m’a paru vraiment énorme ! Cependant, j’ai trouvé son discours rassurant et clair : il voulait vraiment accompagner la guérison de notre enfant et j’ai vraiment eu le sentiment qu’il connaissait bien son métier. Sa dernière remarque a achevé de me convaincre : « Nous sommes tous asymétriques, Sangohan aura sûrement une asymétrie à la fin du traitement mais comme tout le monde ».

Pour moi l’honnêteté de ce praticien a été le critère le plus important, je savais que le parcours serait long, et pas parfait. Il a gardé la même attitude pendant toute la durée du traitement. Je n’ai donc consulté personne d’autres, mais si tu as le moindre doute, je t’encourage vraiment à comparer.

Comment mettre ton enfant dans de bonnes conditions ?

Pour commencer, je dois te prévenir, ton enfant risque de pleurer (un peu voire beaucoup) durant les séances. Le mien n’a pas échappé à la règle et j’entendais d’autres bébés pleurer dans le cabinet. J’ai pourtant remarqué que dans certaines conditions, Sangohan se laissait plus facilement manipuler.

Notre kiné-osthéo était vraiment au top mais il avait un gros défaut : à partir de 10h du matin, il avait déjà pris beaucoup de retard dans ses rendez-vous et nous devions attendre facilement 30 minutes voire plus. J’ai vu des patients partir. Le retard rendait Sangohan ronchon (et sa maman aussi d’ailleurs) et généralement il pleurait avant même que son médecin ne le touche. J’ai donc très vite réussi à obtenir des rdvs plus tôt le matin afin de calmer un peu la mauvaise humeur de mon fils. Je ne dis pas que c’était la solution miracle mais ça nous a bien aidé. Dans la mesure du possible, choisis donc un horaire qui vous convient à tous. Autre petit détail pratique, être manipulé juste après un biberon peut parfois faire régurgiter bébé, si tu peux le prendre en compte dans ton choix de rdv c’est top !!

Aleeeeeeeeeeerte au bébé patraque !! En un peu plus d’un an et demi de traitement, tu te doutes bien que mon fils n’est pas un warrior des microbes et qu’il nous a donc fait son immunité en parallèle. Et là, crois-moi, essaie autant que possible d’éviter d’emmener ton petit amour chez le kiné-osthéo lorsqu’il est malade (oui ce n’est pas toujours évident). Notre praticien était très compréhensif et nous avons toujours essayé de le prévenir rapidement mais nous avons annulé des séances pour cause de gastro ou rhino. J’appelais, lui expliquais la situation et on déterminait le nombre de séances à annuler.

Comment accompagner ton enfant ?

Lorsque nous nous sommes lancés dans cette aventure, nous avions divisé les séances entre mon mari et moi de façon équitable. Après trois semaines à ce rythme, nous nous sommes rendus compte que mon mari ne trouvait pas ses marques chez le kiné, il restait en retrait pendant la séance et était complètement démoralisé de voir son bébé pleurer. Avec moi, cela se passait très différemment, j’essayais de tenir Sangohan ou de le divertir, il pleurait aussi mais j’avais l’impression qu’en me concentrant sur l’aide que je pouvais apporter, je pouvais supporter. Pour aider bébé à avancer vers la guérison, nous avons décidé que je m’occuperai seule d’accompagner notre bout de chou chez le kiné mais que mon mari prendrait le relais en cas de besoin ponctuel. Ainsi, si je peux me permettre, je te conseille de ne pas trop insister si tu ne te sens pas capable d’être présent/e pendant les séances et de laisser ce rôle au parent qui s’en sent le plus capable. J’ai été très admirative de mon mari lorsqu’il m’a dit qu’il ne pouvait pas supporter les séances et qu’il fallait que nous trouvions une solution pour ne pas nuire à la guérison de notre fils.

Notre praticien a été très accompagnant avec moi durant toute la durée du traitement, il m’a donné des conseils pour aider mon fils à mieux vivre les séances. Ainsi, il m’a montré comment tenir fermement Sangohan sur la table (sans lui faire mal bien sûr) et m’a également touché le bras avec la même pression qu’il mettait lorsqu’il manipulait la tête de mon petit bout. Cela m’a rassuré et m’a permis de ne pas lui transmettre trop de stress. Il m’a également conseillé de divertir Sangohan durant les séances. Lorsqu’il était tout petit, je choisissais 3 ou 4 de ses jouets préférés du moment, de préférence ceux qui faisaient du bruit et étaient bien colorés. Ensuite je le laissais aussi me montrer ceux qu’il voulait (lorsqu’il a eu 1 an environ). Les tut tut bolides ont connu leur heure de gloire (cacophonie chez le kiné !).

Crédit photo (creative commons) : ClaudioSilva

J’achetais aussi, de temps en temps, des nouveaux jouets que je lui montrai pour la première fois lors de la séance (attention, je ne me ruinais pas : c’étaient des bricoles, une nouvelle petite voiture ou un animal etc…). Durant les derniers mois, lors des quelques minutes précédant la fin de la séance, Sangohan pouvait regarder une ou deux chansons de Disney (gros succès pour « Il en faut peu pour être heureux » ou « Hakuna Matatata »). C’était son seul moment « écran » donc cela apportait une diversion supplémentaire. Je ne te délivre pas une recette miracle mais tout ça a rendu ces moments plus faciles à vivre.

Et si j’ai des doutes ?

Ne t’inquiète surtout pas ton entourage aura un avis sur l’évolution de la plagiocéphalie de ton enfant que tu lui demandes ou non ! Nous avons décidé de trier les conseils et remarques que nous entendions et de nous concentrer uniquement sur ceux que nous avions sollicité.

Lorsque tu vis constamment avec quelqu’un, tu as du mal à voir les changements lorsqu’ils sont minimes. Durant les six premiers mois, nous avons constaté très nettement les progrès de Sangohan : mobilité de la tête, asymétrie qui commençait à bien réduire. Puis, nous avons commencé à ne plus vraiment voir d’évolution… C’est à ce moment-là que certaines connaissances m’ont rapporté que le traitement de la plagiocéphalie de leur enfant n’avait duré que 3 ou 4 séances et j’étais peut-être en train de me faire avoir par mon praticien. Nous avons donc demandé à certains de nos proches qui s’abstenaient jusqu’à présent de commentaires s’ils avaient constaté une évolution. Et là,  surprise : en posant la question au détour d’une conversation nos parents, son parrain et des amis, nous ont dit qu’ils constataient encore des changements alors que nous n’arrivions plus à les voir.

Durant cette période de doutes qui a duré quelques mois, mon papa a décidé de venir avec moi pendant une séance de kiné-osthéo. Nous avons évidemment demandé son accord au praticien en lui expliquant que mon papa avait des courses à faire avec moi juste après la séance ce qui expliquait sa présence (c’était vrai en plus !!). Il est resté en retrait mais a pu ensuite partager ses impressions avec moi. Cela m’a fait beaucoup de bien car mon papa a beaucoup apprécié le kiné de mon fils et a constaté qu’il avait su créer un lien avec Sangohan.

J’ai parlé aussi de mes doutes sur l’évolution de la plagiocéphalie directement avec le kiné et lui ai demandé s’il fallait envisager un casque. Il m’a répondu de façon concrète : quel chemin nous avions fait et ce qu’il restait encore à parcourir. Pour lui, le casque ne servirait à rien. Je lui ai fais confiance.

Enfin, une de mes cousines est kiné (mais pas dans la même région) et lors d’un repas de famille je lui ai demandé son avis. Elle a été très rassurante.

Voilà, j’ai partagé avec toi mon expérience de « collaboration » avec le kiné-osthéo de mon fils chéri. J’ai sûrement oublié de te dire pleins de choses alors n’hésite pas à me poser des questions. Comme, je suis aussi super curieuse, je veux bien aussi ton retour d’expérience. Quels étaient tes trucs et astuces pour divertir bébé pendant les manipulations ?

A propos de l’auteur

J'ai 33 ans. J'ai rencontré mon amoureux à Montréal il y a huit ans et ensemble on vit à 100 à l'heure : déménagements en série, road trips à l'étranger, mariage, un petit garçon en 2016, reconversion professionnelle.... etc… Nous attendons une petite fille pour octobre 2019. Cette année, nous nous sommes promis de nous calmer mais on se dit ça tous les ans !!!