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A la une / Vie de maman

Quand les grands parents n’en sont pas

Tu te rappelles peut-être, il y a quelques temps je t’ai raconté à quel point mes rapports avec ma mère sont compliqués.

J’ai tenté de passer outre à la naissance de Petite Fleur afin qu’elle puisse nouer des liens avec ses grands-parents maternels malgré notre relation chaotique.

Crédit photo (creative commons) : eklisgirbuh

J’ai vraiment cru que ça fonctionnerait. Ils sont venus à la maternité. On se voyait régulièrement, environ tous les deux-trois mois, chez eux ou chez nous et on partageait un repas et un après-midi.

La plupart étaient plutôt agréables, enfin aussi agréable que peut l’être un repas avec mes parents. On a fait des jeux de société, on a parlé des études de mon frère,…

Mais plusieurs points m’ont destabilisée :

–  Mon père a toujours refusé de prendre Petite Fleur dans ses bras. J’ai pensé qu’au début il avait peur de faire mal à ce si petit bébé mais même quand elle est devenue une petite fille, il ne la touchait pas vraiment.

– Ma mère a décidé de son surnom de grand-mère avant la naissance de Petite Fleur mais mon père, lui, n’a toujours pas décidé pour lui et ne semble pas intéressé par la question. Je ne sais pas du tout comment le nommer quand je parle de lui à ma fille…

– Ils ne demandent presque pas de nouvelles de leurs petite fille. Au début je leur en donnait, pensant qu’ils en prendraient l’habitude. Un jour j’ai arrêté de leur donner des nouvelles de Petite Fleur quand je les avais au téléphone pour voir s’ils en demanderaient d’eux même. Le seul moment où ils évoquent leur petite fille,  c’est quand on se dit au revoir et qu’ils disent «on vous embrasse tous les trois». Pas de question sur son développement, sur sa santé, pas d’envie de lui parler au téléphone maintenant qu’elle parle.

Ce désintérêt total m’a beaucoup blessé au début, surtout que d’autres personnes censées être moins proches de ma fille prenaient de ses nouvelles régulièrement en posant des questions détaillées.

Aujourd’hui, je m’y suis faite et je me concentre sur les gens qui portent de l’intérêt à ma fille.

– Par contre, ils demandaient des photos assez régulièrement et ont toujours offert un cadeau à Noël et à son anniversaire. Je ne sais pas si c’est leur seule façon d’exprimer leur attachement à leur petite-fille ou s’ils le font par obligation, parce que ça se fait. Je me pose de plus en plus la question puisqu’ils ne demandent plus de photos depuis de longs mois.

– De même, avant notre départ ma mère me disait qu’elle aimerait avoir Petite Fleur tous les mercredis quand elle irait à l’école. Encore une fois, suis-je trop méfiante ou était-ce sincère, je ne sais pas. Mais nous vivions à 60 km l’une de l’autre et connaissant ma mère, elle n’aurait jamais accepté de faire autant de route une fois par semaine. De plus, elle n’a jamais émit le désir de la garder depuis sa naissance, même une demi-journée.

Aujourd’hui, nos rapports se sont encore distendus et les rapports entre ma fille et mes parents sont quasi inexistants.

Un événement en particulier a envenimé la situation : le futur baptême de ma fille. Je n’ai pas envie d’entrer dans les détails mais sache qu’ils ont compliqué les préparatifs au point que nous avons annulé le baptême. Depuis, nous ne nous sommes revus que deux fois.

La dernière fois, mon père ne s’est pas déplacé et je n’ai vu ma mère et mon frère qu’une heure et demi. Au moment de se dire au revoir, Petite Fleur a dit « au revoir Madame » à ma mère. Heureusement, ma mère ne l’a pas entendu.

Ma fille voit tellement peu ses grands-parents qu’elle ne sait pas qui ils sont.

Aujourd’hui, cela fait cinq mois que nous ne nous sommes pas vu. Et puisque nous avons déménagé, je pense qu’on ne les verra pas avant les fêtes de fin d’année.

Malheureusement, j’ai très peu de photos d’eux ou de souvenirs à partager à ma fille et je ne lui parle donc presque pas de ses grands-parents maternels.

J’oscille entre deux sentiments vis à vis de cette situation : parfois cela me brise le cœur de me dire que ma fille ne connaît pas ses grands-parents maternels alors qu’elle a la chance qu’ils soient encore vivants et je culpabilise à l’idée de la priver de ces moments avec eux, elle pourrait aller en forêt avec mon père ou lire des livres avec ma mère,… Et puis je me souviens que ce sont eux qui ne s’intéressent pas à elle, qui ne veulent pas être impliqués dans sa vie.

Heureusement, Petite Fleur a des grands parents paternels qui comblent totalement ce manque. Je ne pense pas qu’il puisse exister des grands-parents plus gaga et impliqués dans ma vie de leur petite-fille qu’ils ne le sont.

Aujourd’hui, je me pose beaucoup de questions sur l’avenir de la relation (aujourd’hui inexistante) que ma fille et mes parents pourraient nouer.

Je ne parle quasiment plus à mes parents, je n’ai rien à leur dire, rien à partager avec eux. Ma fille n’aura aucun souvenir d’enfance avec ces grands-parents, comment lui parler de ces personnes avec qui j’ai grandit, qui constitue une grande part de son arbre généalogique, dont elle aura certainement des caractéristiques physiques ou caracterielles ? Comment leur parler d’eux en toute neutralité quand je ressens tant de ressentiment à leur égard ? Comment réagir si plus tard elle veut apprendre à les connaître et qu’ils répondent par la négative ?

Toutes ces questions tournent dans ma tête et m’angoissent, c’est vrai. J’ai peur de mal faire. Peur que plus tard ma fille me reproche de ne pas avoir favoriser une belle relation entre elle et ses grands-parents maternels.

Et puis, je me remémore ce qu’un proche m’a dit il y a quelques jours : «Chacha, ce n’est pas ta fille qui a la chance d’avoir des grands-parents vivants et n’en profite pas. C’est l’inverse, tes parents ont la chance d’avoir une petite-fille et ils refusent d’en profiter. Pour être poli, ce sont de vieux grincheux.» Si tu passes par là, merci Nico.

Et toi, quelle relation tes enfants ont-ils avec leurs grands-parents ? Belle ou chaotique ? Sont-ils investis ? Raconte !

A propos de l’auteur

Je suis une passionnée d'histoire, de dessins animés et de pâtisserie. Après avoir quitté la région parisienne, je vis dans une maison en province avec mon mari, nos deux chats et Petite Fleur. C'est une petite fille gentille et malicieuse qui illumine chacune de nos journées.