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Familles recomposées : pas toutes roses…

Après avoir lu pas mal d’articles sur le sujet, j’ai décidé de me lancer, de te faire part de mon expérience, car j’ai vraiment l’impression qu’il n’y en a que des positifs !

Lorsque je rencontre mon Chérichou, je craque tout de suite pour lui, et lui pour moi. Nous sortons boire un verre, puis nous nous faisons un resto… Ça accroche tout de suite. Au bout d’une semaine, il m’apprend qu’il a une fille d’1 an. Mais il ne la voit pas, car la mère de la petite est partie peu de temps après l’accouchement et ne veut pas lui laisser sa fille, qui serait trop jeune pour être séparée d’elle.

Notre rencontre, c’était début novembre. Finalement, Madame Ex décide de lui laisser la petite pour Noël. Début janvier, ils ont rendez-vous devant le juge des affaires familiales, pour fixer la garde de l’enfant. Verdict : droits de visite et d’hébergement classiques. Le père verra sa fille un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires.

À partir de là, tout s’enchaîne : Madame Ex trouve un appartement à cinq minutes de chez Chérichou, il décide de me présenter sa fille (c’est un peu tôt pour moi, mais, folle amoureuse, j’accepte pour lui faire plaisir !). La petite est mignonne, mais elle a, je pense, tout de suite compris qui j’étais et ce que je faisais là. Elle me fait les gros yeux, pleure dès que j’ouvre la bouche… plein de petites choses qui peuvent blesser.

Madame Ex veut que Chérichou garde plus la petite. Ça aurait pu être une attention sympathique, si ça n’avait pas été pour économiser en frais de baby-sitter… Car oui, en semaine, Madame Ex laisse la petite chez l’assistante maternelle à 7h30 le matin, puis une baby-sitter prend le relais de 17h30 à 19h30 !

Donc Madame veut que Chérichou prenne la petite trois soirs (+ nuits) par semaine. Chose qu’il refuse, car ce mode de garde reviendrait à une garde alternée, et sans décision du juge, il préfère ne pas se lancer là-dedans : ça pourrait lui retomber dessus. Ils se mettent donc d’accord sur le fait que Chérichou prendra la petite deux soirs par semaine (lundi et mercredi), de 17h30 à 20h.

Au début, j’essaie de ne pas être présente à chaque fois, pour leur laisser des moments d’intimité père/fille. Je vois sa fille un weekend de temps en temps. Seulement, au bout d’un an, nous décidons de vivre ensemble. Je pense être prête, pouvoir assumer ce rôle, vivre avec un homme déjà papa, qui voit sa fille régulièrement (certes, pas autant que s’il y avait une garde alternée).

Famille recomposée problème

Crédits photo (creative commons) : Andrés Nieto Porras

Aujourd’hui, ça fait un peu plus de deux ans que je suis avec Chérichou, et je me rends compte que c’est bien plus dur que ce à quoi je m’attendais !

Faire notre planning en fonction de sa fille, refuser une invitation parce que la petite est là… Quand elle est là, je ne suis pas vraiment moi-même, je ne suis pas aussi souriante et joyeuse que lorsque je suis seule avec Chérichou. D’ailleurs, il commence à me le reprocher. Pourtant, il sait que c’est dur pour moi, de m’occuper de sa fille, héritage de son passé, preuve qu’il a aimé une autre femme avant moi, qu’il l’a aimée au point de faire un enfant.

Et puis, même quand elle n’est pas là, elle est présente. Il parle tout le temps d’elle, regarde ses photos très (trop) souvent, réfléchit à ce qu’il pourrait faire avec elle ou lui dire. Je sais que c’est normal, et même très bien, qu’un père soit aussi présent pour sa fille, mais je ne sais plus vraiment où en est notre couple dans tout ça. Je commence à douter, à me dire que si on a un enfant un jour, il ne pourra jamais autant l’aimer que sa première fille…

Je ne vais pas prétendre que c’est tout le temps l’enfer, loin de là. J’ai des moments super avec la petite ! Les weekends où elle est avec nous, nous faisons des sorties piscine, patinoire, balade, etc. Parfois, je l’emmène même chez ma mère, sans Chérichou, pour qu’elle s’amuse avec les chiens !

Mais oui, des fois, je me dis que ce serait moins compliqué si elle n’était pas là. Des fois, j’aimerais pouvoir rentrer le lundi ou le mercredi sans avoir à « subir » cette présence. Et puis, je m’en veux, parce qu’elle est quand même l’enfant de l’homme que j’aime, et que pour lui, ces deux petites soirées en semaine sont très importantes. Tellement que maintenant, il les prolonge jusqu’à 21h, et que bien souvent, il reste chez Madame Ex plus d’une heure pour discuter de « choses de parents que je ne peux pas comprendre ».

Je ne suis pas certaine que les bons moments surpassent les mauvais, en ce moment. La petite entre dans sa période d’Œdipe et ne laisse aucun moment de répit à son père : elle le suit partout, même quand il va aux toilettes, et pique des crises pour dormir avec lui. Mais surtout, si elle voit qu’on a un moment à deux, un petit câlin ou un petit bisou, elle accourt tout de suite pour se mettre entre nous !

Je ne veux dégoûter personne, mais je pense qu’avant de se mettre dans cette situation, on devrait avoir toutes les cartes en main. C’est une décision qui est quand même très importante. Je ne suis pas sûre que si c’était à refaire, je recommencerais. Mais maintenant, c’est trop tard : j’aime trop Chérichou pour le quitter !

Et toi ? Tu es dans cette situation ? Comment vis-tu la présence des enfants de ton conjoint dans votre foyer ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune femme pas encore maman, qui est tombée folle amoureuse d'un homme déjà papa d'une petite fille de 3 ans. Une entrée dans le monde des enfants plus rapide que prévue !