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Deux enfants très différents : le rythme et l’attachement


Publié le 9 juillet 2015 par Mariounche

La dernière fois, je t’avais raconté comment j’avais vécu mon accouchement et mon allaitement pour chacun de mes enfants. Je reviens te livrer la suite de ce petit comparatif.

Maman et deux enfants

Crédits photo (creative commons) : UNICEF Ukraine

Le rythme

Pour mon aîné

Je vivais au rythme de bébé.

J’ai eu la chance qu’il fasse ses nuits très tôt. Il a toujours été un bon dormeur : même en journée, il faisait de très longues siestes.

J’étais assez stressée dès qu’il fallait bouger, car je ne voulais surtout pas perturber son rythme. Je prévoyais les sorties ou les rendez-vous médicaux pendant ses heures d’éveil, quand c’était possible. À la maison, je respectais totalement son rythme.

Comme c’était un bébé calme, ces premiers mois avec lui ont été très faciles. J’étais bien, j’ai vraiment profité. Une vraie bulle de bonheur.

Pour ma deuxième

Une fois encore, un bébé facile, qui a vite fait ses nuits (à 2 mois).

Aujourd’hui, elle a 4 mois. Elle dort un peu moins en journée, mais est calme et souriante. Par contre, le rythme est différent puisque bien sûr, il y a le grand frère ! Je ne peux donc plus vivre au rythme de bébé.

Le matin, si elle se réveille vers 6h30, elle réveille son frère. Et inversement, si le frérot se réveille à 6h30, il la réveille… Donc même quand papa gère le grand frère le matin avant d’aller travailler, je suis réveillée.

Et la journée, ben j’ai mon grand de 2 ans, et c’est bien lui qui me fatigue le plus ! Il est dans l’âge du non, et ce n’est pas facile tous les jours. Même si c’est aussi chouette de profiter de lui qui grandit.

Ils ne font pas forcément la sieste au même moment, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi. J’avoue que je suis contente, le soir, quand les deux dorment ! Je regrette parfois d’avoir moins de temps à accorder à ma fille que pour mon premier, qui était le centre de mon univers les premiers mois.

Je fais aussi attention au rythme de ma fille, mais nous bougeons plus facilement. Je suis moins stressée de bouger : en fait, la plupart du temps, elle s’adapte très bien.

Je suis quand même plus fatiguée. Je pense que l’allaitement joue, et aussi le fait que mon grand me demande beaucoup d’énergie. Je suis contente d’avoir ces quelques mois avec eux, mais je sais que je serai aussi contente de reprendre le travail, pour faire autre chose et avoir une vraie pause le midi… avec du temps rien que pour moi !

L’attachement

Pour mon aîné

Pour mon premier, dès qu’il est né, j’ai senti un immense amour m’envahir.

On dit que ça peut être dur pour la maman au début, qu’elle peut voir son bébé comme un bébé étranger, mais ça n’a pas été du tout le cas pour mon fils. Je découvrais un amour extraordinaire : ce bébé venait de sortir de moi, c’était incroyable ! Un lien unique et tellement fort nous reliait.

Je me souviendrai toute ma vie de notre première soirée, à peine quelques heures après sa naissance. Il était paisible et éveillé, il me regardait d’un air si calme et confiant, et je le regardais. C’était un moment magique, hors du temps. J’étais parfaitement bien, heureuse.

Et les premiers mois, je me sentais totalement reliée à lui. Bref, pour mon aîné, l’amour m’a submergée comme une vague immense, et ne m’a plus jamais quittée.

Pour ma deuxième

Nous arrivons au paragraphe le plus douloureux à écrire pour moi. En effet, ayant connu cet élan d’amour immédiat envers mon premier bébé, je n’étais pas du tout préparée à ce que ce soit différent pour le suivant. Or, ça a été différent.

Au tout début, nous avons fait du peau à peau et elle a tété. Je me sentais pleine d’amour envers ma petite fille, c’était un beau moment. Mais le soir, j’étais épuisée après cet accouchement. Je la regardais, et je n’étais pas émerveillée comme je l’avais été pour le premier. Je me disais « c’est ma fille », mais je ne ressentais pas grand-chose.

Trois jours plus tard, nous sommes rentrées à la maison. J’étais heureuse, car je me disais que chez nous, ça irait mieux.

Mais les deux premiers jours ont été horribles. Je pleurais sans cesse, je me disais : « Pourquoi on a fait un deuxième ? On ne va jamais y arriver… » Je me sentais seule et coupable. Pourtant mon mari était là pour m’aider et mon aîné était calme. Je savais que je faisais un baby blues, que sans doute les hormones y étaient pour quelque chose, mais comme je n’avais pas vécu ça pour mon fils, c’était très dur.

Après deux-trois jours, je me suis sentie mieux. Je m’occupais de ma fille avec amour. Je savais que je l’aimais, mais je me sentais tout de même coupable, car j’avais l’impression de moins l’aimer que mon fils. Ça me faisait beaucoup de peine.

J’ai un peu cherché des témoignages sur internet, pour me rassurer et me sentir moins seule. J’avais aussi une cousine qui avait eu deux enfants proches en âge et qui avait vécu un peu le même sentiment. Ça m’a fait du bien de parler avec elle, sans jugement puisqu’elle était passée par là. Elle m’a rassurée en me disant que bientôt, j’allais les aimer autant l’un que l’autre.

Et au bout d’un mois, j’ai enfin ressenti cet amour immense et inconditionnel pour ma fille, mais cet amour est venu petit à petit, le temps que nous faisions connaissance l’une avec l’autre.

Aujourd’hui, j’aime extraordinairement mes deux enfants. Mais cet amour a été immédiatement une évidence pour l’un, et pour l’autre, il a eu besoin de grandir doucement au fond de moi.

Ça me rend un peu triste d’avoir vécu les choses de cette manière avec ma fille, même si je sais que ce n’est pas grave. J’aurais voulu que ce soit comme pour son grand frère : je me sens parfois coupable de ne pas avoir ressenti cette évidence envers elle. Pourtant, maintenant, je l’aime tellement ! Mais il reste cette pointe amère de culpabilité en moi. J’espère qu’avec le temps, elle s’effacera.

Pour conclure

Les choses se vivent donc très différemment à chaque naissance. Chaque enfant est différent, ça parait une évidence, mais je pense que ça ne l’était pas pour moi.

Les débuts avec ma fille ont été difficiles, car je m’attendais à revivre la même chose qu’avec mon grand. Or, son arrivée a été comme une petite tornade dans nos vies, bien plus perturbante que l’arrivée de son frère. Et maintenant, j’ai envie de dire tant mieux. Dès le début, elle a pris sa place à elle : elle n’est pas son frère et je découvre ce que c’est qu’être mère de deux enfants.

Je les aime tous deux mais les relations avec l’un et avec l’autre sont différentes, car ils sont des individus différents. Je pense que c’est ce qu’il m’a fallu accepter avec l’arrivée de ma fille, que non tout n’est pas pareil avec chacun et que je ne serai pas exactement la même maman pour chacun.

Et toi ? Tu as eu du mal à te faire à la vie de maman avec deux enfants ? Ou au contraire, ça t’a paru plus facile avec le deuxième ? Tu as connu la distance dont je te parle avec l’un de tes enfants ? Comment l’as-tu vécue ? Raconte !

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Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

issabill (voir son site)

Je n’ai qu’un enfant, 4 mois 1/2, mais j’ai connu cette distance dont tu parles. Ayant adoré ma grossesse, j’en ai voulu à mon bébé de me l’avoir en quelque sorte « volée » en naissant… et je me mettais à pleurer en pensant qu’il serait là, tous les jours maintenant… Aujourd’hui, tout cela est loin derrière moi et j’aime mon bébé plus que tout au monde. Heureusement, j’ai un très long congé, de rester en tête à tête avec mon bébé renforce nos liens chaque jour!

le 09/07/2015 à 11h23 | Répondre

Mariounche

Oui l’attachement ne viens pas forcément immédiatement, pas facile ! En effet, avoir du temps juste avec bébé permet d’apprendre à le connaître, et à renforcer le lien 🙂 !

le 09/07/2015 à 22h28 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour ton témoignage ! C’est intéressant de voir comme les choses peuvent se passer différemment. Et bien sur tu ne dois pas culpabiliser… Est ce que le plus grand va a la creche ou la garderie parfois ? Ça te permettrait peut être d’avoir des moments en tête à tête avec ta fille.

le 09/07/2015 à 13h10 | Répondre

Mariounche

Merci. Il a continué la nounou pendant mon congé mat, au début j’avais l’impression d’être égoïste en faisant celà mais en fait c’était bien car je pouvais ainsi être juste avec ma fille et aussi me reposer, en plus sa nounou est super. En congé parental maintenant, il ne va plus chez nounou donc c’est assez fatiguant mais moins dur que les débuts à 4 quand même.

le 09/07/2015 à 22h33 | Répondre

Christelle

Ah c’est ma plus grande peur d’aimer mon deuxième enfant moins que le premier… C’est pour cette raison que j’aimerais avoir des jumeaux ! Comme ça mon amour sera déjà présent pour les deux et ils auront la même place en même temps (je ne sais pas si c’est très clair ce que j’écris…)
J’ai vraiment peur de trop accorder de place au premier enfant, et que le deuxième soit relégué au second plan et que je l’aime moins.
Je n’ai pas encore d’enfant mais je me pose déjà cette question, qui parait bizarre quand j’en parle autour de moi mais du coup les jumeaux me paraissent la meilleurs solution ha ha !
Je sais qu’on aime ses enfants différemment, je le vois déjà avec mes nièces même si ce ne sont pas mes enfants, je ne fais pas de différence mais j’ai peur d’en faire avec mes enfants… J’ai encore un peu de temps devant moi alors on verra quand j’y serai =)

le 09/07/2015 à 14h25 | Répondre

Mariounche

Oui je comprends cette peur, et on ne peut pas savoir à l’avance comment on vivra les choses.
C’est drôle ton idée des jumeaux, ça ne se décide pas hélas 😉 (perso, un à la fois c’est bien aussi)

le 09/07/2015 à 22h36 | Répondre

Carole

Mon dieu, j’ai l’impression que c’est moi, déjà avec ton 1er article mais là, c’est tout à fait ça. Cette petite culpabilité de ne pas s’être fait submerger par l’évidence…mais finalement c’est différent et pareil à la fois, maintenant je comprends que mon aînée a fait de moi une maman, mais que ma cadette fait de nous une famille et de moi une super maman. Moins de temps alors il faut que ce soit de vrais moments.

le 09/07/2015 à 17h00 | Répondre

Mariounche

C’est rassurant de voir que je ne suis pas la seule à vivre les choses ainsi. C’est tout à fait ça, ne pas avoir ressenti immédiatement cette évidence… Dur dur à accepter ! Pourtant je l’aime tellement ma fille, c’est une évidence maintenant, j’aurai aimé que ça le soit immédiatement mais voilà, il nous a fallu un peu de temps…

le 09/07/2015 à 22h40 | Répondre

Mme Kahlessi (voir son site)

J’attends mon 2ème enfant, ma première aura presque 9 ans quand il naitra. J’ai du mal à concevoir aimer autant un autre petit être comme j’aime ma fille, pourtant je vis ma grossesse pleinement, j’adore être enceinte, le sentir bouger, vivre tout ça en plus avec ma fille qui est hyper mega giga fantastiquement heureuse d’avoir un petit frère ou petite soeur, mais voilà, ça fait drôle d’imaginer que je vais ressentir un tel amour, qui me paraît unique, pour un autre bébé. Et pourtant… et pourtant… la 2ème nuit qui a suivi sa naissance a été terrible ! Une sorte de concentré de baby blues, une sorte de folie digne de la 5ème dimension : je ne reconnaissais pas ma fille. Pour moi, je n’avais pas de bébé, je n’étais pas maman, c’était pas possible, il devait y avoir une erreur ! lol ! Quand on y repense on se marre encore, quoique M.Kahl n’a pas beaucoup ri cette nuit-là le pauvre, il était pas dans le même (bad) trip que moi. Les jours qui ont suivis, évidemment (et heureusement !) tout ce délire s’est dissipé, et je l’ai aimé et l’aime à la folie ma puce. Que me réservera le 2ème ?! Peut-être l’amour inconditionnel et immédiat que tu as ressenti pour ton 1er ?! Ce qui est sûr, et qui est génial, c’est que l’amour est au bout de chaque chemin !

le 09/07/2015 à 19h46 | Répondre

Mariounche

Oui tu vivras peut-être les choses très différemment pour ton 2ème…comme tu le dis, heureusement que l’amour est au bout, mais le chemin est plus ou moins chaotique au début ;-). Plein de bonheur pour l’arrivée du deuxième alors !

le 09/07/2015 à 22h44 | Répondre

Stella

Maman de jumeaux de quelques mois, je peux t assurer, Christelle, que les jumeaux ne sont pas une solution. Tu auras moins de temps à consacrer à chacun, tu culpabiliseras quand tu seras avec l’un et pas avec l’autre. Tu seras doublement fatiguée pour t occuper deux…

le 12/07/2015 à 09h08 | Répondre

DURAND

Comme je te comprends!! Il a été également très difficile pour moi de m’attacher à mon 2e bébé : il pleurait tout le temps alors que pour ma 1ere, tout était super, à commencer par ses nuits! Pour le 2e, je crois que je suis vraiment entrée en dépression. C’est un sujet tabou, les femmes n’osent pas en parler mais je pense que l’attachement à l’enfant se fait sur la durée, on apprend à connaître nos enfants. C’est vrai que quand c’est le premier, la nouveauté nous fait prendre conscience d’un tas de choses et on peut l’aimer instantanément mais pour le 2e, moi j’ai vraiment eu du mal. Et puis, au bout de quelques mois, j’ai appris à connaître mon bout de chou et je trouve qu’on a construit une belle relation. Je veux penser à l’avenir et vivre le présent avec lui. Je ne lui mentirai pas sur notre passé commun et ma difficulté de devenir sa mère mais je veux croire qu’aujourd’hui et demain une belle page s’écrit où notre relation est et sera solide. Je ne suis plus en dépression, mon fils dort très bien, il a l’air d’être heureux et moi je le suis, de partager sa vie. Tout ça pour dire aux jeunes mamans épuisées, débordées, le bout du tunnel existe, il faut y croire et se faire aider, nous ne pouvons pas tout, une relation et l’attachement se construisent dans le temps. Bon courage à toutes!

le 12/07/2015 à 17h37 | Répondre

Marina

Tu sais Mariounche… peut-être que ta fille ne souhaitait pas être « approchée » de la même manière que son grand frère ? Peut-être avait-elle besoin d’être aimée doucement, peu à peu, comme le renard dans l’histoire du Petit Prince, qui dit qu’il faut d’abord qu’il soit apprivoisé avant de pouvoir être caressé….. Chaque jour faire un pas…… Les relations se construisent à deux. Même avec un tout petit, celui-ci a son mot à dire, j’en suis certaine. Réfléchis à l’éventualité que c’est ta fille qui a souhaité cette approche, peut-être vivra-tu mieux cette relation et son histoire ?

le 04/01/2017 à 23h19 | Répondre

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