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Le conseil de famille chez nous : comment ça se passe


Publié le 8 avril 2015 par Plume Vive

J’ai décidé d’avoir des enfants assez tôt. Je devais avoir six ans et mon petit frère venait de pointer le bout de son nez, ceci expliquant cela. Les deux petits gnomes qui l’ont rejoint ont fait de moi une grande sœur de trois garçons turbulents, dynamiques à s’en arracher les cheveux à souhait. Ma mère adorant être enceinte, mais beaucoup moins gérer un jeune enfant – voire plusieurs – en demande, j’ai élevé mes frères. Et comme je le dis souvent, ils ont tous les trois été mes « brouillons ». J’entends par là que les pire bourdes que des parents peuvent faire avec leurs enfants, je les ai faites avec eux (rire diabolique).

Aujourd’hui, on se rend compte, eux comme moi, qu’il n’y a pas de côté négatif à cet état de fait. Car finalement, ils ont bénéficié de la bienveillance d’une personne plus grande qu’eux, et moi, j’ai pu apprendre ce qu’il ne fallait pas faire avec des morpions énergiques et surprenants, tout comme appréhender ce qui fonctionnait plutôt pas mal. De là est née ma profonde envie de dialogue et d’organisation pour mon futur foyer.

À présent à la tête d’une tribu (re)composée d’un titi (le fils de mon mari qui nous rejoint tous les quinze jours et la moitié des vacances scolaires) + trois crapauds (mes enfants, qui jouent à domicile), plus l’homme qui partage ma vie, cela fait cinq individus de sexe masculin sous notre toit, de 7 à 37 ans. Et j’adore mon petit monde de mecs !

Voilà pour le tableau général, venons-en au vif du sujet.

Je n’ai jamais adhéré au concept éducatif du « Pourquoi ? Parce que je l’ai dit ! », comme peut par exemple le faire mon amie de longue date avec ses enfants, sans pour autant qu’il y ait un jugement de ma part sur la manière de faire. Je préfère, autant que possible, privilégier la communication et le compromis, lesquels, affirmation d’expérience, n’altèrent en rien l’autorité que l’on peut avoir sur ses rejetons.

fratrie - conseil de famille

Crédits photo (creative commons) : J.K. Califf

Nous avons donc assez rapidement instauré des conseils de famille. Des moments pendant lesquels on parle absolument de tous les thèmes qui pourraient prêter à discussion le reste du temps, et donc potentiellement devenir sujet de discorde ou de palabres à rallonges. Du temps de jeu vidéo, en passant par le choix entre deux destinations pour les vacances estivales, comme le respect de l’intimité des uns et des autres… (Quand je dis « tous les thèmes », ce sont vraiment chaque point sur lesquels les membres de la famille ont envie d’échanger.)

Le fonctionnement de notre conseil de famille

Tous les deux, voire trois mois, profitant d’un weekend où Titi est avec nous, nous nous réunissons après notre traditionnel brunch dominical. Pourquoi des sessions aussi espacées ? Parce qu’elles sont souvent assez longues, et le temps de concentration des enfants loin d’être élastique !

L’annonce du conseil est faite une semaine avant le jour J, afin que chacun ait le temps de faire part de ses doléances à l’organisatrice de l’évènement (j’ai nommé moi-même). Je me base sur les derniers accords passés, puis sur la liste des sujets proposés et je crée un ordre du jour qui rythmera notre conseil, en veillant bien à respecter un temps assez court pour chaque item (sous peine de décrochage partiel ou total de l’auditoire, j’ai testé pour vous).

Une fois devant ton public, que tu sens totalement derrière toi, du sourcil blasé de l’aîné, adolescent de son état, aux gesticulations du petit dernier qui s’excite pour un rien… il faut te lancer ! Le challenge ? Réussir à animer une conférence qui ne doit pas durer plus d’une heure trente, gérer un débat pendant lequel chaque partie doit se respecter et raconter une histoire captivante… Tout ça, sans tomber dans la rencontre de catch verbal, avec ambulanciers comme point final au match. Tout un programme, n’est-ce pas ?

Contre toute attente, après un ou deux conseils de rodage, ça tourne vraiment pas mal du tout, cette histoire de conseil de famille qui nous aide à faire appliquer les règles de la maison. Car celles que nous avons affichées dans les toilettes sont bien jolies, poétiques et bienveillantes, mais pour le côté pratico-familial, on repassera !

jolies règles de la maison

Crédits photo : Photo personnelle

C’est par exemple en conseil de famille que nous avons voté les corvées pour tous. Elles sont programmées chaque début de mois, grâce à un planning géré sous Excel, puis affichées sur le frigo afin que chacun sache ce qu’il a à faire. C’est également lors de l’une de ces séances que nous avons fixé les jours, le temps et les conditions d’utilisation des jeux vidéo (après les devoirs, la musique et les corvées).

Concrètement, voilà comment nous fonctionnons lorsque le conseil a commencé :

  • je présente le point à étudier,
  • mon mari exprime son point de vue,
  • ensuite les enfants interviennent à tour de rôle, en levant la main.

J’ai été très surprise, dès le troisième conseil, d’observer leur capacité à trouver des compromis. Grâce à cet espace d’écoute et de dialogue, ils ne sont pas dans le « tout, tout de suite, rien qu’à moi », mais plutôt dans la réflexion et la proposition de solutions qui conviendraient à tous : raisonnables pour les parents que nous sommes, et satisfaisantes pour les enfants qu’ils sont.

Un compte-rendu est ensuite rédigé dans la semaine, puis déposé sur les lits de chacun. Libre à eux de le conserver, l’afficher ou pas : la seule obligation est de le lire au moins une fois.

Évidemment, tout n’est pas rose et certains débordements sont à contrôler. Souvent, il s’agit de point autre qu’organisationnel, comme le langage inapproprié ou le respect de l’espace privé de l’un ou de l’autre. C’est là qu’il faut déployer des trésors de patience et de pédagogie pour expliquer les choses, mais surtout les faire intégrer, ce qui n’est pas toujours simple lorsque l’on doit s’adresser à des enfants qui n’ont ni le même âge, ni les mêmes préoccupations !

Cela étant, le dernier conseil de famille nous a tout de même permis :

  • de programmer et organiser les vacances en Italie de l’été prochain,
  • d’avoir des idées de petit-déjeuner,
  • de déterminer les heures de coucher,
  • de confirmer les montants d’argent de poche,
  • de planifier des jours jeux de société
  • de planifier deux des tours de lessive,
  • de rappeler les règles de la pièce à vivre – on ne saute pas sur le canapé et on respecte la tranquillité de chacun – et des toilettes – on lève l’abattant (237ème édition).

Et ce n’est pas fini ! Trois ans que nous fonctionnons sur ce mode, et la prochaine édition a lieu le 29 mars !

Et toi ? Tu organise un conseil de famille ? À quelle fréquence ? Comment se déroule-t-il ? Viens en discuter !

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Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Anne Delacour

Ici on a commencé à s’y remettre sérieusement, au conseil de famille, mais plutôt une fois par semaine, en mode « agile ». http://www.ted.com/talks/bruce_feiler_agile_programming_for_your_family?language=fr

Ici aussi ça va de 16 à 2 ans, recomposé une fois, et je trouvais ça trop sport de faire tenir tout le monde trop longtemps (et bien que je sois convaincue de l’utilité de la chose, on finissait par ne jamais faire de conseil de famille). Là ça dure 20 minutes, j’ai l’impression que ça sera plus gérable. A suivre 🙂

Mais en tous cas, je confirme, c’est étonnant à quel point les enfants sont motivés pour créés eux-mêmes des règles (et les suivre ensuite !) pour peu qu’on les y invite..

le 08/04/2015 à 07h16 | Répondre

Plume Vive

L’idée est sympa, en effet, mais non applicable si on reste dans le concept d’intégrer tous les enfants : chaque quinzaine, ça deviendrait une corvée aux yeux du Titi je pense (comme des miens)
Le rythme se trouve en fonction des ressentis, plannings et envies de chaque famille !

le 08/04/2015 à 14h14 | Répondre

valicka

c’est super interessant comme principe… est-ce que ça marche pour tout ou ya pafois des ratés ?
Chez moi, les règles étaient bien établies, et on y participait, mais sans « conseil de famille » … rétrospectivement je trouve ça dommage, mais peut-être qu’on débattait déjà tellement de tout et de rien que nos parents n’avaient pas envie d’en rajouter…
Je suis vraiment d’accord avec ce principe de discussion globale. Mais est-ce qu’il ne reste pas des choses à gérer en plus petit comité ou en couple ? ma mère disait souvent que la famille n’est pas une démocratie. Et je suis assez d’accord… à la fin, les parents ont quand même un certain pouvoir décisionnel, non ? même si on peut discuter de cette décision évidemment.
Et sinon, cela est surement dû à la façon dont tu expliques le déroulement, mais on a l’impression que ton mari ne participe pas à l’organisation de ces conseils, est-ce que vous en parlez avant ?
Quoi qu’il en soit, même si je pense que le concept de « tout discuter, tout expliquer » a ses limites, je trouve que cette idée de conseil de famille est très sympa et je pense que pur une famille nombreuse, c’est vraiment une très bonne façon de bien faire fonctionner les choses…

le 08/04/2015 à 08h39 | Répondre

yotoutcourt (le mari)

Pas le temps d’en parler avant, où trouverais je le temps de jouer aux jeux vidéo sinon ? 😀
Blague à part, évidemment nous co-préparons l’ordre du jour et participons tous deux activement même si je laisse volontiers à Plume l’animation des débats, chose qu’elle fait bien mieux. Et ce sont les parents qui conservent le dernier mot en tout état de cause.
Et non ce n’est bien sûr pas parfait, ça ne marche pas pour tout, il faut sans cesse rappeler, réexpliquer, ressasser, ça reste des enfants, de caractère qui plus est…

le 08/04/2015 à 09h27 | Répondre

Plume Vive

Merci pour ton commentaire 🙂

Il y a parfois des ratés, des sujets que l’on pense fait pour être abordés en conseil et finalement on se rend compte que des conversations les yeux dans les yeux sont plus adaptées. Tout comme certaines décisions prises et qui à l’usage, ne fonctionnent pas du tout ! L’adaptabilité, que ce soit en conseil de famille ou en famille tout court, c’est la clé je pense.

Evidemment, tout ne se discute pas en conseil, mais ça dégrossit quand même pas mal la masse de sujets à controverse je trouve ! Notamment en ce qui concerne non pas les punitions, mais les privilèges : je parle souvent de privilèges qui sautent plutôt que de choses dont ils seraient privés, l’angle est plus positif autant qu’il peut l’être dans ce cas !

Je confirme, en tant que famille nombreuse et recomposée, avec l’intervention active/passive des deux autres parents dans l’éducation de nos enfants, ça soulage pas mal.

le 08/04/2015 à 14h19 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je n’ai pas d’enfants pour le moment, mais je note l’idée dans un coin de ma tête.
On n’avait pas ça avec mes parents mais beaucoup de discussions à table lors des repas. Ils sont aussi adeptes de l’explication et de la discussion.

le 08/04/2015 à 09h09 | Répondre

Plume Vive

C’est tellement précieux de préserver l’espace de dialogue dans la famille !

le 08/04/2015 à 14h20 | Répondre

Madame Rose

Depuis que j’ai vu ce système dans la série ma famille d’abord, j’ai su que c’était une super solution pour conserver le dialogue avec les ados : droit de s’ouvrir sur une bêtise et garantie de ne pas être puni ! Je n’avais pas pensé à ce système pour les règles de vie mais c’est génial ! Je n’ai pas encore d’enfant mais je note aussi dans un coin de ma tête 🙂

le 08/04/2015 à 09h14 | Répondre

Plume Vive

Nous avons notre brunch dominical pour ça, en parfait complément d’ailleurs, car c’est le moment idéal pour décompresser et non pas prendre de décision, mais toucher à des sujets plus intimes ou litigieux dirons-nous 🙂

le 08/04/2015 à 14h21 | Répondre

Claire Gezillig

Un peu dans la même idée mais avec des ados, une de mes amis à introniser le repas du vendredi soir comme le moment de faire le point de la semaine et de bien commencer le weekend :
chacun exprime s’exprime sur les tensions, mais aussi les jolis moments vécus dans la semaine ensemble et ça permet de revenir sur ce qui s’est passé la tête froide et d’en discuter. Son ressenti : beaucoup moins de conflits dans la maison depuis que le repas du vendredi soir fait soupape 😉

le 08/04/2015 à 10h09 | Répondre

Plume Vive

ah ben j’ai répondu juste au-dessus !

le 08/04/2015 à 14h22 | Répondre

Claire Gezillig

ah oui et sinon, je suis faaaaan des règles sur la porte, tu as fait ça comment ? (tu as acheté pleiiiin de lettres et coller une par une sur la porte ???)

le 08/04/2015 à 12h55 | Répondre

Plume Vive

C’est notre cadeau d’anniversaire de mariage que tu peux admirer sur notre superbe porte des toilettes 😀 et oui, ce sont des lettres à coller une à une mais mon amie – la même qui applique le « pourquoi ? parce que je l’ai dit ! » – a eu la gentillesse de nous offrir le kit qui permettait de réaliser ces phrases-là (elle a pensé à nous en le voyant)

(tu en trouves chez My stickers ou Little boudoir 😉 )

le 08/04/2015 à 14h25 | Répondre

Miss Chaussette (voir son site)

Bonjour,

Merci pour cette article.
Ce n’est pas la première fois que j’entends parler de conseil de famille. Et tout comme l’éducation bienveillante ça me parle et j’aimerai le mettre en place.

Mais je me demande à partir de quel âge ?

le 08/04/2015 à 16h30 | Répondre

Plume Vive

Bonjour ! Je dirais à partir de 4/5 ans, histoire qu’il comprenne bien ce qu’on attend de lui, puisse exprimer ce qu’il désire de son côté et bien réfléchir à ce qui peut être mis en place en cas de non-respect du règlement établi par le conseil de famille.

le 10/04/2015 à 09h15 | Répondre

Miss Chaussette (voir son site)

Merci pour ta réponse. 🙂 Je vais pouvoir commencer doucement avec ma fille et mon grand (5 et 3 ans)

le 14/04/2015 à 09h37 | Répondre

avocat (voir son site)

Très intéressant comme article. On entend parler de plus en plus des conseils de famille et je trouve personnellement que c’est une très bonne méthode pour renforcer les liens de famille et responsabiliser un peu tout le monde. Cette méthode peut être aussi efficace dans les périodes de crises, tout le monde est réuni pour résoudre la situation en famille.

le 06/11/2015 à 12h42 | Répondre

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