Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

La rencontre avec mon fils : apprendre à l’aimer et devenir maman…


Publié le 4 mars 2015 par Two Love

Aujourd’hui, je vais te parler d’une rencontre, la rencontre avec mon fils, et ce que j’ai ressenti. Tu as sûrement lu dans les livres que c’était un immense bonheur, une bouffée d’amour immédiate à la vue de ce petit être, un lien crée instantanément… Et tes copines t’ont sans doute raconté la même chose.

Eh bien moi, je ne l’ai absolument pas vécu comme ça. C’est pour cette raison que je souhaitais témoigner, pour te dire qu’il y a plusieurs façon de vivre la maternité. Et surtout, que ça ne fait pas de toi une horrible mère (ce que j’ai longtemps pensé !).

apprivoiser son bébé après la naissance

Crédits photo (creative commons) : Kristin Wall

Mon fils est né par césarienne. Une césarienne programmée depuis longtemps, donc je n’avais aucunement imaginé mon accouchement d’une autre façon. Je n’étais pas déçue d’avoir à accoucher comme ça : je pensais que j’éviterai l’épisio et que les suites de couches seraient plus cool, naïve que je suis ! Mais revenons à nos moutons…

Quand on me l’a montré, je l’ai trouvé si petit, si fragile, si beau. J’ai pleuré de joie de l’avoir enfin parmi nous. Jusque là, réaction classique, si je peux dire !

Je vais ensuite en salle de réveil, je ne réalise pas trop ce qui vient de se passer, je ne suis pas heureuse comme je pensais l’être, je suis déstabilisée. Je me dis que c’est parce que je n’ai pas beaucoup vu mon fils : pas de peau à peau, je ne l’ai pas tenu dans mes bras, je n’ai pas eu ce premier contact si important, d’après les livres que j’ai lu.

Puis on me ramène dans ma chambre (je devrais dire notre chambre, puisque je la partage avec 5 autres mamans…), où m’attendait mon fils avec son papa. Je le regarde dans son berceau, et ce que je ressens est « bizarre » : j’ai l’impression qu’on ne se connait pas, que nous sommes des étrangers, alors que nous avons passé presque 9 mois ensemble.

En plus, je souffre beaucoup, alors je n’ai pas envie de le prendre dans mes bras, je me contente de le regarder. Je ne me sens pas maman du tout en fait, je ne ressens pas non plus cette connexion avec mon fils dont on m’avait parlé, ni même de véritable amour pour lui. Je me sens juste perdue face à lui et vide de sentiments. J’ai d’ailleurs peine à croire que c’est le mien, que quelques heures avant, il était dans mon ventre et que maintenant, il dort près de nous.

Aujourd’hui, je m’interroge : est-ce que ma césarienne est responsable de ce sentiment ? Comme je l’ai dit plus haut, je n’avais aucun problème avec ça. Pourtant, je me demande si le fait d’être uniquement spectatrice de son accouchement, mais aussi de n’avoir pas subi les longues heures de travail, peut être responsable de cette sensation de n’être pas devenue maman.

Pour être honnête, je n’ai pas pris mon fils dans mes bras la 1ère journée, je ne le sentais pas. J’étais très mal à l’aise, je ne savais pas comment faire, et j’étais perturbée par ce qui se passait en moi – ou plutôt, ce qui ne se passait pas. Avec le recul, je crois que j’avais peur, peur de ne pas savoir m’occuper de lui, peur d’être une mauvaise mère, de ne pas comprendre mon bébé. D’ailleurs, j’avais toujours entendu les mamans dire qu’elles reconnaissaient les pleurs de leurs bébés parmi ceux présents dans la pouponnière. Mon fils a passé sa 1ère nuit en pouponnière, des bébés pleuraient, j’étais incapable de savoir si c’était mon fils ou non. Ça en rajoutait une couche à mon angoisse ! Si j’avais été une bonne mère, j’aurais dû le reconnaître !

La culpabilité est venue s’ajouter au flot de sentiments que j’éprouvais. J’avais tellement espéré être enceinte, j’avais pleuré pendant ces 2 années sans grossesse. J’avais réussi, il était enfin là. J’avais tant rêvé pendant ma grossesse de le câliner, le serrer fort, l’embrasser… Et maintenant qu’il était là, je n’y arrivais pas. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, pourquoi je ressentais ça. « Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Je ne suis peut-être pas faite pour avoir des enfants ? Et si je ne l’aimais jamais et que j’étais une mère horrible ? » Bref, un tas de questions me passaient par la tête, toutes plus idiotes les unes que les autres, et sans réponses.

Et puis, le lendemain, je me retrouve seule. Mon mari et mes parents ne sont pas là. Je regarde mon fils dormir, il est si paisible. J’ose à peine le caresser, comme si j’attendais la permission pour pouvoir le toucher. Il commence à gigoter. Il a faim et je dois m’en occuper. Je le prend doucement dans son berceau, je lui donne son biberon et je le change, toute seule, comme une grande (c’est exactement ce que j’ai ressenti).

Je crois que je n’oublierai jamais ce moment car c’est le 1er vrai contact, seule à seul, que j’ai eu avec mon fils. Je m’en souviens encore. Et là, j’ai commencé à me sentir maman, sa maman. Je prenais soin de lui, de mon tout petit. Je réalisais doucement que j’avais un nouveau rôle, que j’étais responsable de ce petit être qui avait besoin de moi. C’était le mien, c’était à moi de décider, je n’avais personne à qui le refiler en disant « je crois qu’il veut sa maman », puisque sa maman, c’était moi.

J’ai commencé à me sentir mère ce jour-là, mais je dirais qu’il m’a fallu plus de temps pour pleinement ressentir ce rôle et tout cet amour que j’éprouve aujourd’hui.

Au fil du temps, nous avons fait connaissance, comme dans toute histoire d’amour. J’ai appris à reconnaître ses pleurs, ses grimaces, ses moments de calme… Je crois que chaque jour où je le découvrais un peu plus, je l’aimais davantage. Ce que j’ai adoré, c’est le moment de calme après le biberon de la nuit, quand il était endormi dans mes bras et qu’il souriait aux anges. Là, je sentais une bouffée d’amour monter en moi.

Il m’a fallu du temps, mais maintenant, je l’aime plus que tout mon petit homme, et je savoure chaque jour le bonheur que c’est de l’avoir dans ma vie.

En en discutant plus tard avec d’autres mamans, je me rends compte que je ne suis pas la seule à avoir ressenti cela, et j’aurais vraiment aimé le savoir plus tôt. Mais je crois qu’il doit exister une sorte de tabou, alors on préfère taire ce genre de sentiment. Je n’hésite pas de mon côté à en parler avec mes amies futures mamans, je trouve que c’est important, car je me suis sentie bien seule avec mes angoisses à la maternité. J’aurais peut-être dû en parler avec les sage-femmes, mais dans une autre langue, je ne sais pas si j’aurais bien fait comprendre ce qui se passait en moi.

Avec du recul, je pense qu’on n’est pas forcément maman en accouchant, on le devient un petit peu plus chaque jour.

Et toi ? Tu as ressenti cette fameuse bouffée d’amour à la seconde où tu as vu ton bébé pour la première fois ? Il t’a fallu plus de temps pour réussir à l’apprivoiser ? Tu te souviens de ces petits moments où tu commençais à ressentir de l’amour pour lui ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !


Porte le bracelet Ava chaque nuit et obtiens sans effort des informations sur ton cycle, ta fertilité, ta grossesse et ta santé. Alors, pour mettre toutes les chances de ton côté pour avoir un petit bébé, je te propose 10% de réduction sur le bracelet Ava avec le code : DansMaTribuXAva ! Commande-le dès maintenant par ici !

 

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

Merci de ce témoignage. Effectivement, on entend plus parler des relations ou des connexions instantanées, presque miraculeuses. C’est vrai que c’est dommage de ne pas évoquer ces débuts un peu compliqués affectivement. Si tu en avais été informée, peut-être n’aurais-tu pas culpabilisée toute seule dans ton coin et l’aurais-tu pris plus tôt avec toi ?

le 04/03/2015 à 08h50 | Répondre

Two Love

Si j’avais su que ma réaction était « normale », je n’aurais pas culpabilisé et je n’aurais pas eu honte de ressentir cela. Il est certain que les débuts de mon histoire avec mon fils aurait été différente, parfois, je regrette de ne pas en avoir plus profiter.
Mais bon, on ne peut pas revenir en arrière!

le 04/03/2015 à 19h19 | Répondre

Madame D

Merci pour cet article !
J’aurais aimé avoir quelqu’un qui me raconte tout ça avant la naissance de ma fille. J’aurais peut etre pu mieux anticipé. Je n’ai pas joué le coté tabou après mon accouchement et j’en ai beaucoup parlé a mes amies futur maman. Non pas pour les déprimé mais les préparer. Et je sais que j’en aidé au moin une.

le 04/03/2015 à 08h59 | Répondre

Two Love

Si tu as aidé une amie, alors c’est une bonne chose. je trouve que c’est bien de parler des choses qui ne sont pas forcément merveilleuses dans la maternité, sans pour autant effrayer les futures mamans, mais dans le but de les aider à surmonter certaines étapes de la parentalité.

le 04/03/2015 à 19h21 | Répondre

Salomé (voir son site)

Oh que j’aurai aimé que l’on me dise ça aussi avant ! Tellement de culpabilité, de mal être après la naissance de mon bébé. Comme toi, de l’émotion la première fois que je l’ai vu en salle de réveil et ensuite, beaucoup de remise en question. Dur … Il a aujourd’hui 4 mois. On commence à bien se connaître, on s’est apprivoisé durant cet hiver. Ça va bien mieux. Mais il en aura fallu du temps pour m’épanouir dans mon nouveau rôle !

le 04/03/2015 à 09h46 | Répondre

Two Love

C’est exactement ce que j’ai ressenti, on devait s’apprivoiser l’un, l’autre. Cela peut prendre du temps et cela n’enlève en rien l’amour que l’on porte à nos enfants.
Je crois qu’on n’est jamais vraiment préparé au chamboulement que l’on ressent en devenant maman!

le 04/03/2015 à 19h23 | Répondre

Madame Trilingue

Merci pour ces mots, ce témoignage fait sens par rapport à mon propre vécu,
J attends ma grossesse depuis 3 ans, et maintenant que j en suis à 7 mois, je suis assaillie par ces questions…vais je en être capable?
Je me fais accompagnée et écoutée par une psy de la maternité pour gérer ces angoisses, cela m aide beaucoup d en parler avec une inconnue.
Il ne faut pas rester seule avec ces émotions, qui pour moi sont taboues mais qui peuvent arriver à chacune, car on n est tout simplement pas préparée à ce qui nous arrive,
Bonne continuation, hâte de lire la suite.

le 04/03/2015 à 09h50 | Répondre

Two Love

Ne t’en fais pas, on en est toutes capables!! On a juste parfois besoin de temps pour s’en rendre compte. Je te souhaite tout le bonheur du monde et si jamais tu ressens la même chose que moi, tu sauras que c’est tout à fait normal . 😉
Bon courage pour la fin!

le 04/03/2015 à 19h26 | Répondre

Madame Vélo

Merci pour ce témoignage, ils sont rares et pourtant tellement importants ! Et comme je te comprends ! Si jamais je devais accoucher par césarienne j’imagine très bien que je pourrais ressentir les même choses que toi. J’ai l’impression que sans le travail, les poussées, le peau à peau dans les premières minutes de vie, j’aurais du mal à me sentir « maman » et à le reconnaitre comme « mon » bébé et pas un simple bébé parmi d’autres. Après je n’en sais rien, je n’ai encore jamais accouché !

le 04/03/2015 à 13h51 | Répondre

Two Love

Et bien, si tu souhaites devenir maman, j’espère que tu viendras nous raconter comment cela s’est passé pour toi!

le 04/03/2015 à 20h14 | Répondre

Rocton

Je n’ai pas eu des débuts si angoissants et culpabilisants avec ma fille qui a un mois, mais j’ai réalisé pleinement seulement avant-hier à quel point je l’aimais. Et je pense que cet amour peut grandir encore. J’ai le souvenir de m’être sentie un peu dépossédée de ma fille à la maternité. Pourtant, j’ai eu un long peau à peau avec elle à sa naissance, et tout s’est passé normalement. Mais le personnel, même doux et gentil, manipule ton bébé, s’en occupe, « fait son job ». Ils vont vite, ils font bien, ils nous prennent en charge. Si bien que la première nuit, quand ma fille a dormi en nurserie, j’ai demandé « l’autorisation » de l’embrasser avant qu’elle parte. On m’a dit oui, bien sûr. Et j’ai réalisé que c’était MA fille, et que OUI, évidemment, je pouvais l’embrasser. Je n’osais pas tellement la toucher moi non plus, être tendre avec elle. Maintenant, je la couvre de bisous et de calins, mais ce n’est pas si instinctif que ça. Et oui, c’est quand on se rend compte que notre tout petit a besoin de nous qu’on progresse vers l’idée de maternité, à mon avis. Bravo pour ton témoignage.

le 04/03/2015 à 14h21 | Répondre

Two Love

Je comprends tellement ce que tu décris! Et tu vas voir, on les aime de plus en plus, à chaque nouveau sourire, mot, câlin, découverte… c’est tant de bonheur!
Chaque soir, je vais le regarder dormir et j’ai une grosse bouffée d’amour, je mesure la chance que j’ai d’avoir mon petit homme dans ma vie.

le 04/03/2015 à 20h17 | Répondre

Maman poule

Tout à fait d’accord avec toi ! Je pense qu’on aime nos enfants dès le début mais le lien se crée au fil du temps et se renforce. Cela m’a encore plus marqué pour ma deuxième. A la maternité, j’étais heureuse de l’avoir je l’aimais mais en même temps elle m’était étrangère et ma première me manquait. C’était très ambivalent.
Il serait bon que l’on arrête de faire croire aux futures mamans que tu as forcément un amour inconditionnel dès les premiers instants, que tu sais reconnaître les différents pleurs et j’en passe. Alors oui ça arrive mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et ça ne fait pas de nous une mauvaise mère.

le 04/03/2015 à 23h20 | Répondre

Madame Biologie

Je pense que ça n’a rien à voir avec la césarienne ni le premier contact. J’ai accouché par voie basse et on me l’a de suite mis au sein et pourtant, je n’ai pas pleuré, je me sentais juste « bizarre » comme tu dis. Et encore plus le lendemain. D’ailleurs je pense que ça n’est pas pour rien que j’ai laissé mon homme faire les changes et les bains durant les 15 premiers jours…

le 05/03/2015 à 08h54 | Répondre

Carine

Je suis tombée complètement par hasard sur ton site puis…sur ton témoignage.Si seulement j’avais pu lire tes lignes le jour où j’ai donné la vie à mon fils!Cela m’aurait évité bien des questionnements inutiles et m’aurait surtout permis de ne pas vivre cette rencontre avec tant de culpabilité,de mal-être et de solitude.Je souffrais de culpabilité.Ca été difficile et long à se mettre en place et je suis totalement d’accord avec toi sur le fait qu’on ne vit pas toutes la même chose et que cet élan de bonheur et d’amour maternel n’est pas forcément systématique.Mon fils m’a appris à devenir Maman et aujourd’hui,je peux certifier qu’il s’agit bien du trésor de ma vie.Merci pour ton partage qui,je l’espère de tout cœur ,pourra aider d’autres mamans en devenir 🙂

le 08/07/2015 à 15h37 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?