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L’allaitement : du doute au cauchemar !

Aujourd’hui, je viens te parler d’un sujet qui pose question à de nombreuses futures mamans et mamans, j’ai nommé l’allaitement !

Le 19 août 2015, j’ai accouché de mon premier enfant, une magnifique petite fille prénommée Alice.

Pendant toute ma grossesse, j’ai bien évidemment réfléchi au sujet : allaitement ou biberon ? À vrai dire, l’allaitement me faisait peur, donc je me suis dit que j’opterais immédiatement pour le biberon à la naissance. J’appréhendais en effet la douleur que pourrait causer l’allaitement, je ne voulais pas m’y risquer.

Mais ma mère, très branchée « nature et bio » (et m’ayant elle-même allaitée un temps), a su me convaincre des bienfaits de l’allaitement. En effet, nul ne peut nier que le lait maternel est le meilleur aliment pour les nourrissons de 0 à 6 mois, qu’il est riche en anticorps et plus digeste que le lait maternisé. Et qui ne veut pas le meilleur pour son tout-petit ?

Je me suis donc résolue à tenter l’allaitement dès sa naissance. J’ai bien dit « tenter », car pour moi, il était acquis que si c’était trop compliqué et/ou douloureux, j’arrêterais illico.

À la naissance, bébé a donc eu droit à sa tétée d’accueil, qui s’est bien passée, car elle a immédiatement su trouver le sein et téter correctement. De mon côté, c’était douloureux, mais je me suis dit que ce n’était que la première tétée et qu’il ne fallait pas en tirer de conclusions hâtives !

Nouveau-né et allaitement

Crédits photo : Ari Landworth

En tout, je suis restée à la maternité quatre jours, pendant lesquels les puéricultrices se sont succédé dans ma chambre, pour m’aider à bien donner le sein à Alice. Si le bébé mordille le téton au lieu de prendre toute l’aréole du sein, pas étonnant que des douleurs apparaissent ! Mais en l’occurrence, ce n’était pas le cas, puisque comme je l’ai dit, elle a tout de suite su prendre correctement le sein. Et de mon côté, je veillais scrupuleusement à ce qu’elle ne me mordille pas les tétons.

Malgré toute ma bonne volonté, la douleur était à chaque fois aussi vive. Le lendemain de mon accouchement, mes seins ont commencé à s’engorger. En me regardant dans la glace, je ne voyais plus que ces obus ! Seule solution pour me soulager : donner le sein. Autant dire qu’il s’agissait de choisir entre la peste et le choléra. Soit je devais supporter les seins douloureux, soit je devais allaiter pour me vider les seins, ce qui me faisait mal aussi ! Aussi m’a-t-on rapidement proposé de placer sur mes tétons des « bouts de sein » en plastique, conçus pour réduire la douleur.

Eh bien, il n’en a rien été ! Certes, les bouts de sein ont l’avantage de prévenir les crevasses, car il n’y a pas de contact direct entre la bouche de bébé et le téton, mais en ce qui me concerne, la douleur ne s’est pas atténuée. Le fait de me masser les seins sous la douche et de leur passer une crème spéciale après chaque tétée ne me soulageait pas réellement non plus.

De retour à la maison, j’ai décidé de prendre sur moi et de continuer à allaiter malgré tout, car j’estimais qu’il était trop tôt pour abandonner : ça ne faisait même pas une semaine que ma fille était née ! Il fallait que je persévère. Mais malheureusement, rien n’y a fait : donner le sein était toujours aussi douloureux… Pourtant, j’aimais à me regarder dans le miroir donnant le sein à mon bébé. Ça peut paraître bizarre de le dire, mais j’en retirais une certaine fierté, je me sentais surpuissante ! Une Wonder Woman, en somme.

Devant toutes ces difficultés, j’ai fini par rappeler la sage-femme remplaçante (la mienne étant en congé à cette époque), qui m’avait vue deux fois avant l’accouchement. Que faire pour me soulager de mon engorgement mammaire ? Comment faire en sorte que l’allaitement se passe mieux ? Telles étaient mes questions.

Elle est passée à mon domicile et m’a proposé une technique que nous avons appliquée ensemble. Il s’agit tout simplement de remplir un verre (de préférence concave) d’eau tiède, voire chaude, et de plaquer fortement ce verre d’eau contre le sein engorgé. Aussitôt, du lait gicle des tétons et on en retire très vite un grand soulagement.

Mais cette solution n’était pas viable à long terme. D’une part, dans certaines situations (par exemple, si on se trouve à l’extérieur), il est compliqué de dégainer un verre et de le remplir d’eau chaude pour se soulager. D’autre part, beaucoup de lait est ainsi gâché, car une fois noyé dans l’eau, on ne peut que le jeter dans l’évier !

La sage-femme a donc établi une ordonnance pour la location d’un tire-lait. Aussitôt, je me suis rendue en pharmacie pour louer un tire-lait électrique et acheter la téterelle correspondante. De retour à la maison, je me suis mise à tirer mon lait à l’aide de cette machine. Au début, j’étais peu convaincue : il me fallait au moins deux heures pour tirer des quantités négligeables. Sans compter que, si ce n’est pas excessivement douloureux, tirer son lait n’est pas une partie de plaisir non plus. Mais j’ai persévéré, et rapidement, les seins ainsi stimulés ont produit beaucoup plus de lait. Je tirais l’équivalent d’un biberon en vingt minutes !

Alors, une idée a émergé dans mon esprit : pourquoi ne pas utiliser exclusivement le tire-lait pour nourrir mon bébé ? Ainsi, il profiterait des bienfaits du lait maternel, et de mon côté, je n’aurais plus mal à ce point.

Seulement, cette idée que je croyais brillante s’est rapidement révélée une utopie dans mon cas. En effet, ne donner que des biberons impliquait que je tire beaucoup de lait. Or, plus tu tires ton lait, plus tes seins sont stimulés, plus il faut tirer pour te soulager… Un vrai cercle vicieux, en réalité ! Sans compter que ça n’empêchait pas mes seins de couler entre deux « tirages ». J’étais donc obligée de porter en permanence un soutien-gorge rempli de coussinets d’allaitement, car je ne te dis pas combien de t-shirts j’ai mouillés par inadvertance !

J’étais donc fatiguée physiquement, mais surtout mentalement. J’avais la sensation d’un terrible échec : je me sentais coupable de ne pas y arriver, de ne pas pouvoir donner le meilleur à mon bébé. J’ai même pensé à solliciter des organismes comme la Leche League, mais au bout du compte, j’ai préféré raccrocher purement et simplement.

Je voulais passer enfin de bons moments avec mon bébé, sans douleur constante. D’autant qu’il fallait que je me remette de mon accouchement : retrouver une tonicité au niveau du périnée, cicatriser au niveau des parties intimes, perdre du poids… Si en plus, il fallait que je me gâche la vie à cause de l’allaitement, ce n’était pas la peine !

Heureusement, le papa a su m’encourager dans cette voie, car il voyait bien que l’allaitement générait trop de difficultés. Même ma mère, à qui j’avais expliqué tous mes problèmes, m’a encouragée. Avoir ces soutiens était important pour moi.

Ma sage-femme habituelle étant revenue de congé, je l’ai appelée à la rescousse. Je lui ai expliqué mon passif et demandé de m’aider à débuter un sevrage. Elle m’a recommandé un arrêt en douceur. En résumé, il s’agissait d’alterner biberon et tétée dans les premiers temps.

Mais butée comme je suis, je n’en ai fait qu’à ma tête et je n’ai pas suivi son conseil : le premier jour, j’ai arrêté complètement de donner le sein, pensant que le sevrage irait plus vite. Horreur et damnation ! Mes seins étaient ultra engorgés et ressemblaient à une paire d’obus. Quant à la douleur, elle était insupportable, au point que je me suis passé une compresse glacée sur les seins toute la journée et toute la nuit pour me soulager.

Le lendemain, j’ai donc rappelé ma sage-femme, paniquée, et elle m’a dit qu’il ne fallait surtout pas procéder à un sevrage brut et direct, mais y aller en douceur. Cette fois, je l’ai écoutée et j’ai remplacé une tétée sur trois par un biberon, puis une tétée sur deux, pour finir par supprimer complètement les tétées au sein. Parallèlement, elle m’a prescrit un peu d’homéopathie pour booster le sevrage. Mes seins ont commencé à se désengorger, car ils produisaient de moins en moins de lait, donc je n’avais plus besoin de tirer autant qu’avant. Et en fin de compte, le sevrage n’a pas été si long : une semaine environ.

Les débuts au biberon ont été un peu difficiles. En effet, Alice le prenait bien, mais elle régurgitait beaucoup, ce qui n’avait jamais été le cas au sein. J’ai mis ça sur le compte de la transition du lait maternel au lait artificiel, réputé beaucoup plus difficile à digérer. Mais ma patience a été mise à rude épreuve, et une nuit, à bout de nerfs, j’ai éclaté en sanglots et tout jeté par terre. C’était un relent de baby blues, sans doute, mais j’avais le sentiment que je n’y arriverais jamais.

Heureusement, passé quelques jours, une semaine environ, les choses sont rentrées dans l’ordre. Aujourd’hui, ma fille ne régurgite plus du tout (pas même une goutte, alors qu’auparavant, il arrivait que la moitié, voire la totalité du biberon y passe !) et elle prend même le biberon avec appétit.

Avantages du biberon :

  • les tétées sont moins anarchiques qu’avec le sein, et on arrive grosso modo à respecter un rythme d’un biberon toutes les trois heures (hormis la nuit, bien évidemment),
  • le papa et l’entourage (grands-parents, amis…) peuvent aussi participer à ce moment privilégié avec le bébé,
  • je ne m’impose plus ni compléments à base de vitamines, ni restrictions alimentaires,
  • et enfin, plus besoin de tirer en permanence mon lait (j’avais l’impression d’être devenue une vache laitière !).

Alors, bien évidemment, cet article n’est pas un plaidoyer pour le biberon, loin de là. Simplement, avec le recul, je pense que l’allaitement n’était pas fait pour moi, et je déplore qu’il ait « gâché » les premières semaines passées avec mon bébé.

Pour autant, je ne regrette pas d’avoir tenté l’expérience : je n’aurais pas pu en tirer ces conclusions si je n’avais pas essayé. Et si on me pose la question de savoir s’il faut privilégier l’allaitement au biberon, je répondrai que oui, car le lait maternel reste le meilleur aliment du nourrisson. Simplement, je crois qu’il faut savoir accepter que cette pratique ne convient pas à toutes, et ne pas hésiter à passer au biberon.

Car au fond, je pense qu’il vaut mieux une maman heureuse qui nourrit son bébé au biberon qu’une maman souffrante parce que nourrissant son bébé au sein. Ce qui est bon pour la maman est bon pour le bébé !

Et toi ? Tu as essayé d’allaiter ton bébé ? Comment ça s’est passé ? Quelles leçons en tires-tu aujourd’hui ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Une jeune femme de 30 ans pro-active, mariée depuis un an et jeune maman depuis août 2015! Je suis passionnée de voyages, de lecture, de cuisine, et j\'aime faire du sport pour m\'entretenir. Mais promis, je ne suis pas une desperate housewife!