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L’angoisse d’une mère


Publié le 23 octobre 2019 par Bibi

Après mon accouchement haut en émotions, une première grossesse tragique et un premier trimestre éprouvant, je pensais qu’avoir Pépette auprès de moi, bien vivante et en bonne santé, serait la fin des doutes et des angoisses… Comme j’avais tort!

Et la santé?

Avant de tomber enceinte, je me considérais comme quelqu’un de décontracté. Le stress, c’était plutôt pour les autres. Mais depuis que Pépette est née, je me retrouve à souvent angoisser pour des choses qui, si elles m’arrivaient à moi, ne me feraient même pas hausser le sourcil.

Je pense que toutes les mères passent par là, toute leur vie. L’inquiétude, le doute, la peur de perdre son enfant. Qu’il soit malade (bonjour, gros stress totalement ingérable avant un rendez-vous chez le médecin). Qu’il se fasse mal (bonjour, crises cardiaques à répétition dès que Pépette s’est mise à marcher!). Je lui ai donné suffisamment de Doliprane? Trop? Quels sont les risques d’un nez bouché trop longtemps? Elle se tient beaucoup la tête, peut-être qu’elle a une tumeur…? (À ce moment-là, rester éloignée d’Internet est d’une importance vitale pour éviter les auto-diagnostics alarmants).

Crédit photo (creative commons): octavio lopez galindo

Le spectre de la mort subite du nourrisson a plané sur mon esprit pendant ses 6 premiers mois. Cette terreur de se dire que l’on peut tout bien faire, mais que bébé peut très bien arrêter de respirer. Les nuits interrompues, à se demander si elle respire correctement… (rassure-moi, toi aussi parfois tu passes la tête dans sa chambre pour écouter le bruit rassurant des expirations et inspirations d’un sommeil paisible?).

À vrai dire, sa respiration est la chose qui m’inquiète le plus souvent. Peut-être est-ce dû à la façon dont elle est née. A 9 jours, peu habituée aux étranges bruits que fait un nourrisson la nuit, et perturbée par une Pépette qui pour la première fois ne s’est pas endormie paisiblement, j’ai passé 3 heures d’angoisse, avec elle qui dormait de manière agitée sur moi, à être persuadée qu’elle faisait de l’asthme. Ça a été notre premier voyage inutile aux urgences.

Heureusement, je vis dans un pays où l’accès aux soins est simple et gratuit. Mes angoisses sont souvent rassurées par un personnel médical quelque peu abasourdi. Entendre un professionnel me dire que ce n’est pas grave est parfois la seule chose qui me permette de complètement me relaxer. C’est de moins en moins le cas, parce que je commence à mieux connaître Pépette – mais aussi parce que sais mieux quels sont les signes inquiétants.

La hantise de la mauvaise mère

À cette constante peur qu’il arrive quelque chose à mon bébé s’ajoute la crainte de ne pas être à la hauteur. C’était particulièrement vrai dans les premiers jours où j’étais seule avec elle à la maison. Et si je n’arrivais pas à calmer ses peurs? Si je la laissais trop pleurer? Ou trop dormir sur moi? Vais-je la rendre trop dépendante, trop stressée, la traumatiser? Est-ce que je la stimule suffisamment? Ou trop… ?

Ces angoisses ne disparaissent pas au fur et à mesure qu’elle grandit. Elles changent. Est-ce qu’elle mange suffisamment, et de façon saine? Est- ce que je l’ai mise à la crèche trop tôt? Développe-t-elle suffisamment sa curiosité, son langage, sa motricité, que puis-je faire pour l’aider au maximum?

Crédit photo (creative commons): ErikaWittlieb 

J’ai peur de ne pas lui donner le plus de chances possibles de devenir un adulte épanoui, sain, et heureux. J’essaye au maximum de ne pas me faire enfermer par l’image de la mère parfaite (tu sais, celle qui fait des repas maison, a une maison rutilante, adopte les meilleures techniques d’éducation et est toujours maquillée). Quand je la croise aux fils des publications, ou même dans la rue, j’essaye de ne pas culpabiliser et de me dire que je ne peux faire que ce qui me correspond à moi.

Mais contrairement à mes angoisses sur sa santé, celles-ci ne s’effacent pas totalement. Heureusement, elles me bouffent moins. Car je me dis qu’à partir du moment où je me pose ces questions, c’est que ma Pépette a une maman qui l’aime et qui va essayer de tout faire pour qu’elle soit heureuse. Je n’ai pas peur d’être une mauvaise mère, parce que j’ai peur d’être une mauvaise mère (tu me suis?). Au final, ces doutes me permettent d’être la meilleure mère possible. Et au fur et à mesure, ils deviennent plus ténus, car je vois que ma Pépette se développe correctement, est heureuse… ça rassure tout cœur de maman de voir son enfant s’épanouir.

Les angoisses irrationnelles

À toutes ces angoisses s’ajoutent celles totalement idiotes qui me traversent l’esprit maintenant, alors qu’avant elles n’existaient pas. Je parle de ces questions idiotes, ces phobies particulières, qui n’ont aucun fondement mais qui apparaissent tout de même dans mon esprit (qui d’un coup me fait l’impression d’être totalement dérangé).

J’ai peur que quelqu’un kidnappe Pépette alors que nous dormons tranquillement dans son lit. J’ai plusieurs fois rêvé de retrouver son lit vide au petit matin. Du coup, je vérifie 5 fois avant de me coucher si la porte est bien fermée à clé (timbrée, je te dis). J’angoisse qu’une araignée la pique et qu’elle devienne mutante. Et forcément, les pigeons qu’elle adore regarder peuvent très bien lui percer les yeux à grands coups de bec (là je blâme Hitchock). Il y a la possibilité qu’elle avale l’eau du bain et que ça la rende ivre (pourquoi? aucune idée…).

Bref, autant te dire que ces idées sont faciles à écarter de mon pauvre cerveau dément. Mais elles me traversent tout de même l’esprit.

Un symptôme de l’amour

Depuis que je suis devenue maman, ces nouvelles angoisses ne me lâchent pas. Certaines sont faciles à gérer, d’autres me suivront toute ma vie. Je me dis que c’est normal de douter et de se remettre en question face à une responsabilité aussi écrasante. Selon moi, les angoisses sont partie intégrante de la vie d’une maman. Sans elles, impossible de se remettre en question et d’avancer. Le problème est de bien savoir trouver l’équilibre entre une angoisse saine et normale (celle de ne pas être à la hauteur) et celles qui ne sont pas utiles et finissent par t’empêcher de fonctionner normalement (celle que ton enfant se fasse kidnapper au milieu de la nuit). Parfois je me raisonne toute seule, parfois Mister Man m’aide (souvent à grand coup de « mais ça va pas la tête ») et de temps en temps il faut que ce soit notre pédiatre qui ait un petit mot doux.

(Je vais faire un petit aparté important: mes angoisses ne m’ont jamais empêché de respirer, dormir, ou fonctionner normalement. Si jamais c’est le cas pour toi, ce n’est pas normal, et mieux vaut en parler autour de toi pour trouver l’aide nécessaire.)

Mais ces peurs sont équivalentes à l’amour que je porte à ma fille, et quand elles deviennent trop pesantes, je me calme en me disant que ce n’est qu’une preuve d’amour de plus. Qu’il est normal d’avoir peur pour quelqu’un que j’aime autant et qui est si fragile. Qu’au final, l’angoisse d’une mère est le pendant négatif de l’ampleur de son amour.

Crédit photo (creative commons) : SimsalabimSabrina

Toi aussi, tu angoisses pour un rien? Comment gères-tu ces angoisses?


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Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Lumi (voir son site)

J’ai été submergée par les angoisses après la naissance de mon fils. Je pleurais tout le temps et je consultais compulsivement Internet…
J’avais peur qu’il lui arrive quelque chose. Peur aussi de faire des mauvais choix, qui l’impacteraient à vie (rien que ça !).
J’ai vu plusieurs fois la psy de la PMI pour calmer le plus gros de ces angoisses. Le reste s’est apaisé peu à peu, avec le constat qu’il grandissait bien.
Mais je pense comme toi que ça ne disparaît jamais totalement… Et, tant que ça reste d’une ampleur raisonnable, c’est sans doute mieux ainsi.

le 23/10/2019 à 07h18 | Répondre

Bibi

C’est vrai que voir qu’ils grandissent et se développent correctement est la meilleure facon d’apaiser les craintes ! Je suis contente que tu aies pu recevoir l’aide nécessaire quand tes angoisses étaient trop prenantes … Mais oui, je pense qu’à partir du petit plus, on n’est plus jamais sereines…

le 25/10/2019 à 10h39 | Répondre

Vee

Comme je te comprends ! Je suis une grande inquiète de nature. Alors oui je m’inquiète comme toi pour ma fille, bizarrement je m’attendais a être encore plus angoissée après sa naissance, mais en fait je ne le suis pas plus qu’avant. Probablement parce que je l’étais déjà pas mal à la base !

Moi aussi j’ai eu peur de la mort subite (pendant 1 an même !), qu’on la kidnappe (ça j’ai encore peur et ça va pas en s’arrangeant, là je peux encore garder toujours sa poussette dans mon champ de vision mais quand elle marchera, brrr), qu’elle s’etouffe en mangeant, qu’elle se fasse mal en tombant… Bref, y a de quoi faire !
Cela dit, je trouve que ça diminue un peu avec l’expérience, elle perd assez souvent l’équilibre quand même et si au début au moindre boum je paniquais un peu, maintenant j’ai vu qu’en général elle ne se fait pas mal alors je réagis moins fort. Pareil pour le bain, au début à la moindre goutte d’eau sur son visage j’avais peur qu’elle se noie, mais maintenant qu’elle se verse elle-même l’arrosoir sur la tête je relativise… J’imagine que ça va et vient, a chaque nouvelle expérience qui devient une habitude !

le 23/10/2019 à 07h40 | Répondre

Bibi

C’est exactement ca, les premières fois sont pleines de doutes, et au fur et à mesure on apprend à faire confiance à notre capacité de maman et aux capacités du bébé de s’en sortir !
Cela dit, la mort subite est extrêmement anxiogène selon moi, parce qu’on ne connaît pas exactement ses causes… Du coup, impossible de se rassurer même si on met en place les bonnes pratiques.

le 25/10/2019 à 10h42 | Répondre

Virg

LOL je suis seule la semaine, je te laisse imaginer combien de fois je me lève pour vérifier les portes, le bruit chelou le soir qui te fait dormir sur le canapé pour être sûre d’entendre (le taré peut potentiellement passer la chienne et tous les jouets qui traînent par terre sans faire de bruit, on ne sait jamais 😉 ). Mais le pire pour moi c’est la foule. Et ce n’est pas près de passer !

le 23/10/2019 à 08h35 | Répondre

Bibi

Aaaaargh la foule, j’ai oublié de le mettre dans ma liste ! C’est effectivement un bon moyen de stresser…
Je suis exactement comme toi pour le kidnapping, aucune rationnalité, sauf que moi le taré passe par la fenêtre de la chambre de Pépette (fermée, au 2è étage, mais les méchants ont de la ressource !). Toute seule en plus, ca doit être difficile de résister à la triple vérification du verrou …

le 25/10/2019 à 10h45 | Répondre

Doupiou

Je pense que tu trouveras plusieurs grandes angoissées ici ! Moi y compris !
J’avais des peurs irrationnelles comme toi quand j’ai eu PetitePerle, avec la venue au monde de Barbouille, je suis un peu plus relax.
Je dirais que les angoisses changent au fur et à mesure que l’enfant grandi : on passe des angoisses de santé chez un tout-petit à des angoisses liées à la scolarisation pour les plus grands …
Bref, je pense qu’il faut apprendre à relativiser et à ne pas se rendre responsable de la moindre otite ou gastro, mais bien plus facile à dire qu’à faire !

le 23/10/2019 à 08h52 | Répondre

Bibi

Avec un deuxième ca doit être bien différent… Tu dois être plus sûre de toi, et mieux pouvoir reconnaître ce qui est potentiellement grave de ce qui est un petit bobo.
J’arrive pas mal à relativiser maintenant (avec l’aide de Mister Man, qui selon moi devrait quand même s’angoisser un peu plus souvent), mais c’est vrai que c’est plus facile à dire qu’à faire malheureusement…

le 25/10/2019 à 10h47 | Répondre

Aurelie

La 1er impression que j’ai eu à la naissance de Martin, c’est de me dire « c’est fini l’insouciance ». Désormais j’ai 2 cerveaux, un normal et un qui pense / s’inquiète continuellement pour son enfant ! Mais je pense que c’est un peu ça être maman, non ?

le 23/10/2019 à 09h32 | Répondre

Bibi

Ahaha oui, les deux cerveaux de la maman, c’est exactement ca ! Beaucoup d’amies m’avaient dit « tu verras, tu stresseras au moindre truc », et je ne les avais pas vraiment crues…. Jusqu’à la naissance de Pépette. Car, oui, être maman, c’est s’inquiéter, ca fait partie du job malheureusement.

le 25/10/2019 à 10h49 | Répondre

Pauline

Je réponds présente pour faire partie de la team angoissée !!! Je me reconnais parfaitement dans la peur de la mort subite du nourrisson, et ma plus grande angoisse est qu’il tombe d’un peu haut (canapé, table à langer …). A sa naissance, j’avais également très peur de l’étouffer, donc impossible de faire du cododo pour moi … Et comme tu dis, les angoisses ne disparaissent pas, elles changent …

le 23/10/2019 à 09h45 | Répondre

Bibi

J’avais aussi peur de l’étouffer, donc pas de cododo non plus ! Et ma peur qu’elle tombe a été remplacée par la peur qu’elle se mette à courir dans la rue et se fasse écraser…. Je pense que dans 20 ans j’aurais peur qu’elle ait un accident de voiture. C’est normal, bien sûr, mais ca fait du bien d’en parler aussi, même des peurs les plus irrationnelles!

le 25/10/2019 à 10h51 | Répondre

Raphaelle

Team je me reveille la nuit pour l’ecouter respirer 🙂 ! Mais je dois dire que les angoisse du style est ce qu »on le stimule assez, va t on la rendre stressée etc.. c’est plutôt son papa qui les a! Au moins on se partage les angoisses aha

le 23/10/2019 à 10h01 | Répondre

Bibi

Ahaha tant mieux pour vous ! J’avoue que parfois Mister Man est beaucoup trop décontracté à mon goût, du coup je lui partage mes angoisses, c’est comme ca qu’on divise les tâches chez nous 😉
J’ai arrêté de me réveiller pour l’écouter respirer… Sauf quand elle est malade. Ou qu’elle dort plus que d’habitude. Ou que je suis réveillée par une envie pressante. Bref, je suis devenue (presque) raisonnable !

le 25/10/2019 à 10h53 | Répondre

Jen

Avec une grossesse pas paisible, j’avais hâte que bébé sorte pour ne plus avoir ces angoisses. Qu’est ce que j’étais naïve ! Bébé a 3 mois, et régulièrement, je suis hyper angoissée pour tout et rien. Le plus absurde ? Je trouve/cherche des choses pour être angoissée. « Oh mon dieu, il a la tête plate » le docteur : Pas du tout, il va très bien. « Oh mon dieu, il n’est pas assez éveillé. Il ne sourit pas » Le docteur : Tout va bien. Regardez, il vient de me faire une risette.
Pour la mort subite du nourrisson, mes peurs se sont calmées au fur et à mesure. Nous avons un baby phone avec caméra. Du coup, je vois de mon lit qu’il bouge ou je peux entendre sa respiration. 🙂

le 24/10/2019 à 10h38 | Répondre

Bibi

J’avoue que l’attitude apaisante de notre pédiatre m’a beaucoup aidé à faire taire mes angoisses. C’est bien que ton docteur ne ridiculise pas tes peurs, mais les adresse et les apaise. Je pense aussi qu’ils ont l’habitude, avec les nouveaux parents !
J’ai aussi un babyphone avec caméra, et j’adore! Bien souvent, pas besoin de se lever pour vérifier comment elle va.

le 25/10/2019 à 10h55 | Répondre

Elodie

Je ne suis pas angoissée de nature mais j’ai aussi eu peur longtemps de la mort subite ou du syndrome du bb secoué chez la nounou (pourtant j’ai absolument confiance en elle mais qd même…) Autre angoisse depuis que je suis maman: ma propre mort! Qui pourrait donner à mon bb tout l’amour dont il a besoin? une maman c’est irremplaçable..

Si ça peut rassurer les lectrices je constate chaque jour que les femmes sont toutes angoissées dès le test de grossesse positif! Peur de la fausse couche puis de l’accouchement prématuré puis de l’accouchement puis peur pour don bébé…bref on prend perpet quand on devient parent

le 24/10/2019 à 12h44 | Répondre

Bibi

On prend définitivement perpet’ !
Je n’avais pas pensé à ma propre mort, mais maintenant grâce à toi, c’est dans ma tête 😉 Du coup je fais beaucoup plus attention en traversant la rue…

le 25/10/2019 à 10h56 | Répondre

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