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Césarienne programmée et préparation à l’accouchement avec la sophrologie

Je me présente : je suis la maman poule de trois loulous que j'aime de tout mon cœur, mais qui peuvent me rendre chèvre. Aujourd'hui, je vais te raconter l'arrivée de numéro trois, alias le loup.

Mais avant ça, petit retour sur la naissance de mes deux enfants précédents…

  • Pour ma première grossesse, ma fille avait un retard de croissance. Les médecins ont donc estimé qu'elle serait mieux dehors pour prendre correctement du poids. C'est pourquoi un déclenchement a été prévu. Ma fille n'a pas supporté les contractions et était en détresse. La en urgence s'est donc imposée.
  • Ma deuxième grossesse s'est très bien passée, pas de retard de croissance cette fois-ci. Une nuit, j'ai perdu les eaux, on est partis pour la . Le travail n'a jamais commencé, et comme j'avais eu une césarienne, on ne pouvait pas me déclencher… Ce sera donc ma deuxième césarienne, et ma deuxième fille.

On arrive à ma troisième grossesse. Dès le début, je savais que j'aurais une césarienne à cause de mon « utérus bicicatriciel ».

La préparation à l' pour une césarienne : quelle utilité ?

Tu dois te demander : pourquoi une préparation à l'accouchement pour une césarienne ? Surtout pour une troisième. Eh bien c'est parce que dans la césarienne, il y a un petit truc qui m'angoisse énormément : toute la période où on est anesthésiée, et où on ne sent donc rien à partir de la poitrine… et surtout, on ne peut pas bouger. Ça tourne en boucle dans ma tête : « et si je n'arrivais jamais à rebouger ? ». Bon, il y a aussi un peu le fait que, de l'autre côté du drap, on est en train de farfouiller dans mon utérus. Mais c'est vraiment secondaire pour moi.

Pour ma première césarienne, tout s'est fait très rapidement, du coup je n'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir. À ce moment, c'est plutôt le fait de ne pas être avec ma fille immédiatement qui a pris le dessus. Par contre, lors de ma deuxième césarienne je savais à quoi m'attendre. Quand je suis arrivée au bloc, ça a été grosse panique. J'ai commencé à trembler et à pleurer. Heureusement, l'équipe à été top et à réussi à me calmer un peu.

C'est pourquoi j'ai voulu aborder cette troisième césarienne plus sereinement. Je me suis donc tournée vers une préparation utilisant la sophrologie. C'est avec la sage-femme qui m'a suivi pour mes trois grossesses que j'ai suivi cette préparation. J'étais en confiance. De plus, je connaissais déjà la méthode pour l'avoir expérimenté pendant mes études. Comme je savais précisément ce qui m'angoissait et donc sur quoi il fallait travailler, nous avons convenu de faire trois séances individuelles.

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Crédits photo (creative commons) : Beth

Les séances de sophrologie pour se préparer à la césarienne

Chaque séance se déroule de la même façon. Je m'installe confortablement et j'écoute la voix de la sage-femme. Dans un premier temps, je me mets à l'écoute de mon corps et de mes sensations. Je fais quelques exercices de respiration. Tout ça permet d'être dans un état entre veille et sommeil.

Dans cet état, on me demande de visualiser certaines choses. Pour moi, c'est essentiellement centré sur la partie se déroulant au bloc opératoire. À la première séance, quand on évoque le bloc, la sage-femme voit tout de suite un changement dans mon attitude corporelle, une accélération de ma respiration… Tu la vois revenir au galop, mon angoisse ?

À la fin de la séance, on fait une reprise progressive pour revenir à la réalité. Ensuite, il y a un petit temps d'échange sur ce que j'ai ressenti.

Chaque séance est enregistrée, comme ça, je peux les réécouter à la maison. Parce que ce n'est pas en trois séances que le problème peut-être réglé, c'est dans la répétition que le message va bien s'ancrer. Donc quand je suis seule à la maison ou que les enfants sont couchés, je refais une des séances. Bien sûr, tu auras compris que pour faire de la sophrologie, il faut être au calme et ne pas être dérangée. Ma préparation se poursuit ainsi jusqu'à la fin de ma grossesse.

L'avantage avec une césarienne programmée (il faut bien en trouver un), c'est qu'on sait quel jour on va accoucher, et qu'on peut se préparer en conséquences.

Le jour de la naissance

Nous voilà la veille du jour J… Je rentre à l'hôpital pour ma dernière nuit avant de rencontrer mon bébé. Celle-ci se passe plutôt bien. J'arrive à ne pas être trop dans l'anticipation anxieuse. Merci à la sage-femme de garde cette nuit-là, qui est d'une réelle écoute et d'un réconfort très appréciables ! Avant de me coucher, je refais une séance de sophrologie grâce à mes enregistrements.

Le lendemain, en attendant que mon mari dépose les enfants à l'école et chez la nourrice pour venir me rejoindre, je fais une ultime écoute afin d'être le mieux préparée possible. Et l'attente commence. Parce qu'on ne connait pas à l'avance l'heure de passage au bloc. Ce jour-là quatre césariennes sont programmées, et bien sur les césariennes en urgence sont prioritaires. Coup de chance pour moi, je suis la première à passer. Je n'ai pas trop à attendre, de donc pas trop le temps de ruminer.

Me voilà arrivée au bloc opératoire pour la naissance de mon troisième enfant.

On m'installe, on me fait une rachianesthésie, et on finit de me préparer. Pendant ce temps-là, mon mari se prépare et attend que tout soit en place afin de pouvoir venir à mes côtés. J'ai de la chance, car il a pu être présent à chaque césarienne, qu'elle soit en urgence ou programmée. Nous avons toujours pu accueillir notre enfant tous les deux, même quand les circonstances n'étaient pas les meilleures.

La rachi fait son effet, mes sensations diminuent progressivement et ma mobilité aussi. Et voilà mes angoisses qui commencent à pointer le bout de leur nez. Mais grâce à ma préparation je ne me laisse pas submerger. Je ferme les yeux, je fais mes exercices de respiration et de visualisation. Je suis alors beaucoup plus sereine.

Tout est prêt, mon mari entre, ce qui me permet d'être encore un peu plus détendue. Et c'est parti. Je sens que ça bouge de l'autre côté du drap. Bah oui, il faut bien le faire sortir ce bébé ! Je sens qu'on me manipule, mais sans ressentir de douleur. C'est vraiment bizarre et indescriptible comme sensation.

Et d'un coup, je sens l'expulsion de mon bébé, ce moment où il passe de mon corps à l'extérieur. Je suis très surprise, mais ravie de ressentir ce moment si particulier. Pour mes deux précédentes césariennes, je n'avais rien senti du tout. Peut-être parce que bébé numéro trois est le plus gros. En tout cas; je suis sur un petit nuage d'avoir pu sentir l'expulsion, même si ce n'est pas par les voies naturelles.

Comme pour mes filles, je fais d'abord la connaissance de mon fils par la voix. Je ne le vois pas, mais je l'entends. L'émotion me submerge. Après neuf mois d'attente, il est là. La sage-femme l'amène pour qu'on puisse le découvrir. Bien sûr, il est magnifique. Le temps d'un bisou, d'une petite parole, et le voilà parti avec son papa pour les premiers soins.

Maintenant, le plus long commence, il faut recoudre. Je prends mon mal en patience. Et puis après toutes ces émotions couplées à l'anesthésie, j'ai un gros coup de pompe. Je somnole à moitié pendant que l'équipe parle de tout et de rien en me refermant.

À un moment, on vient me donner des nouvelles de mon fils. Il va bien, il a commencé le peau à peau avec son papa. Il pèse 4,3kg. On m'avait prédit un gros bébé, mais je suis quand même surprise, surtout qu'on est à deux semaines du terme ! Mais je comprends mieux pourquoi je le sentais autant bouger, et pourquoi il pesait si lourd dans mon ventre.

Une fois sortie du bloc, on m'installe dans une petite pièce pour faire un peau à peau d'environ un quart d'heure, avant de descendre en salle de réveil. Je savoure ces instants.

Une fois en salle de réveil, j'en profite pour me reposer au maximum, car je suis encore fatiguée. Mais je ne suis jamais très longtemps tranquille..

  • Toutes les dix minutes, le brassard se gonfle pour prendre ma tension.
  • Régulièrement une infirmière passe pour voir si mon utérus se rétracte et si je n'ai pas de perte de sang anormale.
  • On me fait une petite toilette en enlevant la sonde urinaire (glamour hein)…
  • Et bien sûr, on me demande si je peux bouger tes jambes à nouveau.

Il faut savoir que la mobilité des jambes revient très progressivement. Au début, on a l'impression que les jambes pèsent une tonne, et on arrive à les bouger d'un demi-millimètre. Petit à petit, la mobilité augmente, et on arrive même à soulever le bassin. On a alors l'impression d'avoir accompli un exploit sportif !

Au bout de deux heures, me voilà dans ma chambre avec mon mari et mon bébé.

Dans l'hôpital où j'accouche, après une césarienne, on a une pompe à morphine. C'est le même principe que pour la péridurale, on injecte le produit dès qu'on a mal. Personnellement, je ne l'ai jamais utilisé pour aucune de mes césariennes. La douleur est très subjective, mais dans mon cas, l'après césarienne est supportable avec de simples antalgiques.

Bien sûr, les premières fois que je me lève après la césarienne, j'ai l'impression d'avoir 90 ans, je marche courbée, à petits pas, je m'épuise rapidement et ça tire au niveau du ventre. Pour mon expérience personnelle, le premier lever s'est fait quelques heures après la césarienne (environ six heures). En gros, tu vas seulement de ton lit à la salle de bains, au début.

La première journée, je reste essentiellement couchée pour récupérer. Mes deux filles ainées viennent à la maternité le soir, vers 17h30. Elles ont hâte de voir leur petit frère. Comme je l'ai déjà dit, l'avantage de la césarienne programmée, c'est que l'on peut anticiper. Auparavant, on avait bien expliqué aux filles que pendant un moment, je ne pourrai plus les porter, que quand elles viendraient à la maternité, j'aurai une perfusion, je serai encore avec la blouse de l'hôpital (la douche n'étant autorisée que le lendemain, après avoir enlevé la perfusion)… Elles sont bien préparées, et tout se passe bien. La famille est au complet.

La fin du séjour à la maternité se déroule tranquillement. Je n'ai qu'une hâte : rentrer chez moi. Je m'ennuie énormément. Oui oui, tu as bien lu. Il faut dire que j'ai hérité du modèle bébé super cool, en gros il dort et il mange à peu près toutes les trois ou quatre heures. Moi,  je suis zen, au troisième on se pose beaucoup moins de questions, et je n'ai pas de baby blues. Je me repose en vue de mon retour à la maison, avec trois loustics à gérer.

Et toi ? Tu angoisses particulièrement à l'idée d'avoir une césarienne ? Tu as trouvé un moyen pour t'apaiser ? Tu as accouché par césarienne programmée ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C'est par ici !