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A la une / Vie de maman

Fais des bébés

Récemment, dans les commentaires de ce site, une lectrice regrettait que nous les mamans, nous nous plaignions tout le temps et que nous ne rassurions pas, de ce fait, les pauvres nullipares effrayées à l’idée de se lancer dans la grande aventure de la reproduction.

Chère lectrice, tu as raison. C’est vrai, il m’est plus facile de te parler de ma grossesse alitée, de mon allaitement raté et de mes problèmes éducatifs que de mon grand bonheur. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça. Peut-être parce que la joie est difficile à décrire. Peut-être aussi parce que, quand on écrit un blog, c’est avant tout pour chercher du soutien, et donc parler de ce qui ne va pas très bien.

Mais j’ai décidé de corriger le tir aujourd’hui. Et si le gouvernement veut relancer la natalité en France, je l’interpelle solennellement : mon article va déclencher le prochain baby boom à lui tout seul, c’est certain !

Le bonheur d'avoir un enfant

Crédits photo (creative commons) : Maria Grazia Montagnari

La maternité n’était pas une évidence pour moi. Vraiment pas. J’ai repoussé l’échéance, c’est-à-dire le début des essais, autant que je le pouvais. Pourquoi ? Parce que j’avais peur, pardi ! Peur de voir mon salon transformé en « Grande Récré », peur de ne plus avoir une vraie minute pour moi.

Et puis, je vais être honnête : je trouvais ça un peu trivial, de mettre toute mon énergie dans une histoire de reproduction d’espèce. Je préférais l’engagement politique, associatif ou artistique pour laisser ma trace. Je n’avais aucune envie de dédier corps et âme à la prise en charge d’une miniature incapable. Quand je prenais dans mes bras le bébé d’une amie, je n’éprouvais pas d’envie. Je trouvais le plus souvent qu’il sentait le vomi.

D’ailleurs, quand nous avons finalement lancé nos essais, j’ai dit à mon mari que je ne me voyais pas me battre pour avoir un enfant à tout prix. PMA et adoption ne me disaient rien. Si la nature m’empêchait d’en faire, j’étais persuadée de pouvoir vivre sans enfant. Les trucs du genre « envie viscérale de bébé », je ne connaissais pas.

Tu te demandes peut-être alors pourquoi j’ai quand même essayé. Au fond de moi, je me doutais bien qu’il s’agissait d’une aventure formidable. Toutes les conditions matérielles étaient réunies. J’avais 30 ans passés, et je savais que si j’attendais encore trop, je risquais de le regretter. Et puis, mon mari en avait tellement envie !

À ce stade du récit, tu te dis peut-être que je ne méritais pas d’être maman. Mais pour ça… la vie n’a que faire du mérite, tu sais. Au bout de quatre mois, j’étais enceinte. Et c’est à partir de là qu’il s’est produit quelque chose. Et c’est justement de ce quelque chose dont je voulais te parler aujourd’hui.

J’ai vécu une grossesse pas terrible, c’est vrai : éreintante, alitée, compliquée. Et pourtant, déjà, je n’ai jamais songé à l’interrompre, je n’ai jamais regretté. Parce que la crevette dans mon ventre, je ne sais pas pourquoi, mais je l’aimais déjà. Un truc inexplicable. Des papillons dans le cœur à chaque échographie, un sourire à chaque coup de pied. Un lien à toute épreuve.

Cet amour, il s’est décuplé le jour de l’accouchement. Une espèce de déferlement irrésistible. Un flot, un océan, un truc que je ne pouvais pas imaginer avant et qui remplit tellement. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi vivante et heureuse depuis.

Comment t’expliquer ça… ?

Il y a son grand sourire à quatre dents, quand je le trouve dans son lit tous les matins. Le doudou tout chaud encore qu’il me tend. L’odeur de caramel de son cou qu’il offre à mes bisous. Les câlins de ses mains, quand il se love contre moi pour prendre son biberon. Son émerveillement quotidien, son incroyable envie d’apprendre, le regard qu’il me porte, ses bras qu’il me tend. Ses rires intenses quand il se cache. Sa peau incroyablement douce. Ses tout petits pieds. Ce que je lui transmets. Tous nos petits rituels. Cet amour…

Et puis, je me suis révélée à moi-même dans mon rôle de maman. Il me porte, me permet de me dépasser comme je n’aurais jamais pensé. C’est un aboutissement, c’est vrai. Une sortie de moi qui m’apaise, finalement : mon fils est désormais, et de loin, le plus important.

Alors oui, des fois, je me demande ce que serait devenue ma vie sans enfant : j’aurais peut-être eu le temps d’écrire un livre, l’argent pour voyager loin, l’envie de m’engager. Mais je savoure ma chance de connaître l’intensité de cette joie-là. Parce que c’est encore mieux que tout ce que tu pourrais imaginer, en fait.

Concernant toutes mes peurs, certaines se sont en effet vérifiées. Mais pas toutes. Mon salon, par exemple, est resté un salon, et très peu de jouets y traînent. Il y a dix mille façons d’être maman. Et tu n’es pas obligée d’être la même que la voisine !

Aujourd’hui, finalement, mon seul regret, c’est de ne pas avoir commencé plus tôt les essais bébé. Je me rêverais bien mère de famille nombreuse, tu vois ! Mais mon âge m’en empêchera certainement.

Alors toi, n’attends plus, et lance-toi ! Fais des bébés ! Je te le garantis : tu vas adorer !

Et toi ? Tu as peur de te lancer dans les essais bébé ? Si tu es déjà maman, qu’est-ce que ton enfant t’a apporté ? Est-ce aussi fort que ce que tu imaginais ? Plus fort ? Viens nous dire !

A propos de l’auteur

Je me suis installée au nord de l'Allemagne il y a cinq ans pour y rejoindre mon mari allemand. Depuis novembre 2014 je suis l'heureuse maman d'un petit garçon (franco-allemand évidemment). J'aime lire et écrire, cuisiner et bien manger, faire du crochet et surtout, partager et échanger les expériences et bonnes idées !