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A la une / Vie de maman

Rituel des couchers… sauce aigre-douce

Je viens te parler aujourd’hui d’un moment clé dans la journée des parents de jeunes enfants (et dans la journée de l’enfant aussi d’ailleurs ne soyons pas adultocentristes) : le coucher. Clé parce que la façon dont il se passe peut avoir des conséquences directes sur la qualité de la nuit de l’enfant (et donc des parents…) Clé parce que c’est le moment après lequel nous, parents, allons pouvoir nous retrouver. Clé parce que c’est aussi l’heure des câlins et des mots d’amour pour lesquels on prend peut-être moins de temps dans le reste d’une journée classique.

Allez, au dodo !

Dans ma tribu, nous dînons en famille, tous les quatre en même temps et nous ne couchons Titou et Bibou qu’après avoir tout débarrassé. Moment charnière : il faut d’abord ranger les jouets. La façon dont cette étape se passe peut augurer de la suite…

Une fois le gros du rangement fait (le gros, oui, parce que parfois je ne chipote pas et je fignole moi-même par facilité, par lâcheté, par fatigue… Aucune mention inutile), une fois le gros du rangement fait donc, Titou va se brosser les dents (Il adore! Pourvu que ça dure!), puis il va faire un gros câlin à son papa sur le canapé. Ils s’allongent tous les deux l’un contre l’autre et c’est leur moment à eux. Pendant ce temps, j’envoie Bibou aux toilettes… ce qui peut durer un certain temps s’il a besoin de faire la grosse commission… (nous le soupçonnons sérieusement d’essayer de grapiller des minutes comme ça…)

Ensuite, il va se brosser les dents à son tour. Quand il a fini, Mamour et moi on échange nos petits monstres : je récupère Titou et c’est à Bibou de faire son gros câlin à son papa sur le canap’.

Pendant ce temps, Titou choisit un livre dans la bibliothèque (ils en ont pas mal à eux deux mais il est souvent très décidé). Armé de son bouquin, il file dans sa chambre où je change sa couche (sans oublier de faire des bisous sur son bidou et ses petits pieds…) Je le mets dans son lit et c’est l’heure de l’histoire. Une fois le livre terminé, je lui chante une chanson. Toujours la même qu’il connaît donc par cœur et qu’il chante parfois avec moi (j’aime bien !) C’est une simple chanson d’amour mais aussi douce qu’une berceuse. J’avais pris l’habitude de la chanter à Bibou quand il était tout petit bébé et elle m’est restée.

Ce n’est pas cette chanson que je chante mais c’est dans le thème et ça fait partie de celles que je chantais à Bibou quand il était tout bébé.

Ce rituel terminé, je lui fais un 78e gros bisou, j’allume sa veilleuse et son petit projecteur d’étoile, j’éteins la lumière, je lui souhaite bonne nuit et je sors. Ouf ! En voilà un de neutralisé !

Retour au salon. Je récupère Bibou et je réitère le rituel : choix du livre (gros coup de mou de mon côté s’il décide de lire le même que son frère…), lecture dans le lit et chanson. La différence c’est que Bibou étant dans un « lit de grand » (alors que Titou est encore dans un lit de bébé), je me couche contre lui pour chanter. Il appelle ça le « câlin-dodo ». Quand j’ai fini, je lui fais un 78e gros bisou. C’est parfois le moment qu’il choisit pour me faire des petites confidences ou me poser les questions qui le tarabustent (j’aime bien !) Enfin, je mets sa veilleuse, je lui souhaite bonne nuit, j’éteins la lumière et je sors de la chambre. Ouf ! Je peux souffler !

À Mamour de jouer. Il va les voir chacun leur tour pour leur porter leur petite gourde d’eau pour la nuit… et leur faire un 79e gros bisou. Voilà. La soirée nous appartient (enfin… si tout va bien…)

Et dans ma tête…

Si tu es observatrice, tu auras compris que ce rituel des couchers provoque chez moi des sentiments ambivalents. D’un côté, j’aime, j’adore, je kiiiiiiffe ces moments privilégiés avec chacun de mes petits bouts. De l’autre, je n’ai qu’une hâte : que ça soit terminé et que je puisse enfin me poser (car je ne me suis en général pas posée depuis mon retour du travail… oui, enfin… comme tous les parents de jeunes enfants qui travaillent à temps plein quoi !)

Souvent, pendant que je leur lis l’histoire, je compte mentalement les pages qu’il me reste à lire (surtout si ça fait 15 jours qu’ils restent bloqués sur le même bouquin que je connais donc par cœur et dont la lecture finit par m’ennuyer prodigieusement). Ce sont toujours les garçons qui tournent les pages de leur livre. S’ils font durer le plaisir, je m’agace.

Parfois, quand je chante, je calcule que j’en suis à la moitié, aux deux-tiers… Pourtant j’adore chanter, surtout cette belle chanson qui dit tout mon amour pour eux. Et puis, ça me fait du bien de chanter. L’exercice respiratoire que ça demande, c’est un peu comme une micro-séance de relaxation. Mais j’ai parfois du mal à ne pas m’impatienter de la répétition quotidienne des choses.

Et puis, ce que j’ai décris là, c’est un soir où le rituel n’est émaillé par aucune crise… Mais il y a les soirs où Titou refuse de ranger ses jouets, exige une seconde histoire, ne veut tout simplement pas dormir… les soirs où Bibou négocie ferme l’heure du coucher, sort en courant de la salle de bain avant d’avoir fini de se brosser les dents, me jette ses chaussons à la figure… et puis les soirs où, bien avant le moment du coucher, ils ont été ingérables, l’un, l’autre ou les deux… et où le rituel commence alors que je suis déjà dans un état proche de l’Ohio.

Pourtant, je ne changerai pour rien au monde ce moment. Je serais malheureuse si je devais déléguer « ma » partie à Mamour. Quand ils dépassent trop largement les bornes, il nous arrive de faire l’impasse sur une partie du rituel, l’histoire en général. Ils ont alors le droit de « lire » tout seul, mais moi je ne lis pas… Ceci dit, je ne crois pas qu’il me soit déjà arrivé de faire volontairement l’impasse sur la chanson. Moment irremplaçable. Et surtout, jamais d’impasse sur les câlins. Les câlins, c’est gratos.

Crédit photo (creative commons) : PublicDomainPictures

Ces couchers hyper-ritualisés pourraient laisser craindre qu’ils n’arrivent pas à s’endormir si tout n’est pas respecté à la lettre, et surtout si je ne suis pas là. Mais ce n’est pas le cas. Ils savent s’adapter.

Et toi, comment se passent les couchers chez toi ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman trentenaire de deux fistons nés en 2015 et 2017 qui font déborder mon cœur d’amour et ma tête de questions.